Bonjour,
Élysa comprend que vous puissiez vous sentir impuissante
devant une telle situation. Vous dites vouloir protéger vos fils contre une
éventuelle homosexualité. Mais à l’âge qu’ont vos fils, votre rôle n’est
plus de les protéger. Ils auront eux, un jour, à se questionner sur leur
orientation sexuelle et à choisir le chemin qui leur convient. Vos propos
disent que vous semblez plutôt convaincue qu’il existe quelque chose entre
eux qui soit de l’ordre de l’érotisme et des sentiments. Vous émettez, à
tout le moins, cette hypothèse, laquelle est sans doute possible. Mais il
existe une question importante à vous poser ici : si c’est le cas, comment
peuvent se sentir vos deux fils ?
De quelle manière leur en avez vous parlé ? Élysa
ne le sait pas. Même s’ils se sont braqués, cela ne signifie pas que vous ne
pouvez pas leur en parler à nouveau. Si vous le faites, il serait sans doute
bon que vous adoptiez une attitude qui ne soit pas trop contrôlante et
intrusive. Parlez-leur plutôt des constats que vous faites et avant de leur
dire quoi faire, demandez-leur ce qu’ils vivent dans ce contexte, dans cette
dynamique qui semble exister entre eux. Que ressentent-ils et que
vivent-ils ? Cette première étape pourrait leur permettre d’en parler, chose
qu’ils auraient sans doute besoin de faire. Suite à cette échange –si vos
fils reconnaissent qu’il existe ce genre de dynamique entre eux- il serait
bon pour eux qu’ils puissent rencontrer un thérapeute pour les accompagner
dans cette réalité qui n’est sûrement pas facile à vivre pour eux. En effet,
si réellement ils vivent cette situation, ils ont à faire face à trois
tabous : homo érotisme, relation amoureuse et inceste. Donc, ce n’est sans
doute pas le temps de compliquer un tel drame, si c’est le cas, mais plutôt
le temps de les aider à comprendre le sens de ce qu’ils vivent et de les
soutenir sans les juger.
Si votre curiosité est un souci que vous avez par rapport
à ce que peuvent vivre vos deux fils de trouble et de difficile à travers
ça, c’est bien. Si c’est le besoin de savoir ce qu’ils font, c’est moins
bien. En fait, vous n’avez pas à avoir de détails par rapport à ce qu’ils
font. Ce qui les aiderait serait sans doute plutôt que vous partagiez avec
eux les impressions que vous avez, en ce qui concerne la dynamique possible
entre eux. Dites-leur votre inquiétude et votre confusion face à ce que vous
avez observé et dites-leur également que vous aimeriez, en tant que mère,
les accompagner dans ce qu’ils vivent, si toutefois ils vivent une situation
difficile. Si cette situation est effectivement difficile pour eux et que
vous adoptez cette attitude, ils oseront peut-être plus s’ouvrir et en
parler. S’ils se sentent jugés et attaqués, ils se fermeront davantage. Vous
pourriez également leur faire tout simplement part de vos observations et si
ces dernières s’avèrent être justes et vraies, il leur sera plus facile d’en
discuter avec quelqu’un qui, à leurs yeux, pourrait avoir un regard neutre,
face à cette situation. Ce qui leur donnerait l’opportunité de pouvoir faire
le point par rapport à cette dernière.
Vos deux fils ont 15 et 17 ans. Votre rôle de
protectrice était davantage requis dans les années antérieures. Aujourd’hui,
votre rôle est plus d’accueillir et de soutenir. Vos deux fils sont sur le
point de vivre leur vie de jeune adulte, ce qui signifie que vous ne pouvez
pas les contrôler mais que vous pouvez les accompagner dans ce qu’ils
vivent. Mais comment se fait-il qu’une telle dynamique puisse exister entre
vos deux fils ? Sont-ils très introvertis ? Ont-ils de la difficulté à aller
vers les autres ? Vivent-il en vase clos ? Se pourrait-il qu’il y en ait un
qui subisse les demandes de l’autre ? Se pourrait-il que l’un de vos deux
garçons soit plus dominant que l’autre ? Ce sont là des questions auxquelles
un thérapeute pourrait s’attarder. Et vous-même, se pourrait-il que vous
ayez déformé certaines scènes que vous avez pu voir ? Parfois, certaines
mères qui sont très préoccupées par la sexualité ont plus tendance à
déformer certaines situations dont elles peuvent être témoin. Certaines
personnes qui refoulent le sexuel peuvent avoir tendance à le voir partout.
Élysa ne dit pas que c’est votre cas. Elle vous amène tout
simplement à réfléchir également sur ce point.