IMPACTS MÉTÉORITIQUES

©Photo-cartothèque provinciale, Québec. Min. des Terres et Forêts: Q72857-115

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Photographie aérienne verticale du cratère du Nouveau-Québec. C'est une structure d'impact météoritique d'âge Pléistocène (1,3 MA) Diamètre: 3,3 à 3,5 km. Profondeur maximale du sommet du rebord au fond du lac: 430 m.

C'est la plus petite structure d'impact météoritique du Québec, mais la mieux préservée. Elle a été formée par un bolide de 150 à 170 m de diamètre percutant la terre à une vitesse de 15 à 30 km/sec il y a tout au plus 1,3 MA (millions d'années). La profondeur maximale, au nord du lac, est de 260 m sous la surface de l'eau. Ce cratère, dont le bord est aujourd'hui à 550 m environ au-dessus du niveau de la mer, a subi l'effet de plusieurs glaciations, comme en témoignent les stries linéaires affectant son pourtour. Le fond, par contre, n'aurait pas été érodé par la glace.

Lors de la dernière glaciation, il fut soumis à deux flots glaciaires différents, celui de l'Ungava, progressant de l'ouest vers l'est, puis celui de Payne, progressant du sud-ouest vers le nord-est. Au nord-est (en haut vers la droit de l'image), on voit clairement l'une des vallées glaciaires. Lors de la déglaciation, le cratère joua le rôle de réservoir temporaire des eaux de fusion. Le niveau de l'eau s'est alors trouvé beaucoup plus haut et des entailles du bourrelet périphérique, visibles à différents endroits sur l'image, surtout au nord et à l'ouest, ont servi d'exutoires au lac. Après le retrait des glaces, le lac a sans doute maintenu une circulation d'eau, par l'exutoire principal ouest, vers un lac situé au nord, qui se réduisit par la suite pour devenir le lac Laflamme. C'est pendant cette période que l'Ombles chevalier (Salvelinus alpinus) accéda au lac et s'y trouva par la suite prisonnier lorsque le niveau de l'eau baissa, faisant disparaître les émissaires. Depuis, l'alimentation en eau provient seulement du ruissellement le long de la pente intérieure du cratère, de la neige et de la pluie. Aucun tributaire ne se jette à l'intérieur. La population actuelle d'Ombles chevaliers est constituée d'individus normaux, mais présentant des signes de légère sous-alimentation.

L'épaisseur des sédiments accumulés au fond du lac de cratère, provenant surtout de l'érosion du rebord intérieur, est évaluée à 140-160 m. La partie postglaciaires de ces sédiments constituent les 14 cm supérieurs de la couche sédimentaire. Ils se seraient accumulés depuis 5000 ans environ. Leur contenu en pollens a permis à Pierre Richard de reconstituer l'histoire postglaciaire de la végétation de la région. Les dernières expéditions qui étudièrent le cratère du Nouveau-Québec sont celles dirigées par Michel A. Bouchard (Université de Montréal) en 1982-83 et surtout en 1987 et 1988 (Bouchard et al. 1989). Elles permirent de recueillir 21 fragments d'impactites (des fragments de roches déformés par la forte pression et la température résultant de l'impact du météorite), principalement le long du lac Laflamme, où ils furent entraînés par l'eau provenant du cratère lors de la déglaciation.