CADRE PRÉHISTORIQUE DE L'ARCTIQUE ORIENTAL

L'ESQUIMAU, pour les archéologues, comprend:

Le Paléoesquimau: >5000 - 650-500 B.P. (B.P. = avant 1950)

Le Néoesquimau: <2500 B.P. (à l'Ouest) et 1000 B.P. (à l'Est)

La préhistoire de l'Arctique oriental est divisée en deux grandes périodes culturelles: le Paléoesquimau et le Néoesquimau. En Alaska et dans la région du détroit de Béring, qui constituent l'aire d'apparition et de développement de l'Esquimau, l'enchevêtrement des formations archéologiques et des cultures est beaucoup plus compliqué. Les concepts de Paléoesquimau et de Néoesquimau y sont moins utilisés parce que la distinction entre les deux n'est pas aussi évidente que plus à l'est. Certaines formations archéologiques, comme l'Ipiutakien, présentent des caractères des deux périodes; d'autres, comme le Vieux Béringien, sont placées par quelques préhistoriens dans le Paléoesquimau et par d'autres dans le Néoesquimau (Voir: Fitzhugh 1988, Bronshtein et Plumet 1995 ) Les industries lithiques qui caractérisent ces formations sont constituées d'objets généralement très petits, taillés dans des cherts aussi fins que le silex européen. Ces industries présentent de nettes ressemblances avec quelques-unes du Mésolithique sibérien (région de l'Aldan). On considère qu'elles font partie de la Tradition microlithique de l'Arctique

Comme c'est avec un décalage d'au moins 3500 ans que les populations du Paléoesquimau puis celles du Néoesquimau sont arrivées, depuis l'Alaska et la région béringienne, dans l'Arctique central et oriental , leurs cultures matérielles étaient très différentes. Deux facteurs contribuèrent à maintenir ces différences à l'est de l'Alaska. Les contacts avec la région d'origine semblent avoir été très réduits tout au long du Paléoesquimau. Les systèmes culturels du Paléoesquimau semblent avoir développé une autonomie et une certaine imperméabilité aux éléments culturels étrangers, même lorsque des populations différentes coexistaient dans une même région: par exemple les Dorsétiens (du Paléoesquimau supérieur) et des Amérindiens dans le détroit de Belle-Isle, ou bien les Dorsétiens et lesThuléens (du Néoesquimau) dans l'Ungava.

 

LE PALÉOESQUIMAU est subdivisé en deux phases:

Le Paléoesquimau inférieur, depuis 5 ou 6000 B.P. jusque vers 2500 B.P. Les industries lithiques représentent la Tradition microlithique de l'Arctique

Le Paléoesquimau supérieur, de ± 2500 B.P à ±500 B.P. L'industrie lithique augmente de taille et reflète une évolution de la Tradition microlitique de l'Arctique

 

Le Paléoesquimau et le Néoesquimau regroupent diverses formations archéologiques dont l'interprétation anthropologique est parfois l'objet de discussion entre archéologues.

Par ailleurs, dans l'Arctique québécois, on distingue généralement:

LA PÉRIODE DES CONTACTS avec les Européens, qui commence dès le XVIe siècle .

Les premiers contacts, d'abord irréguliers, accidentels et très localisés géographiquement, se développent entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle.

L'intensification des contacts se produit surtout à partir de 1880 avec l'arrivée des missionnaires et se poursuit jusqu'en 1920, année qui marque la fin de la période de vie traditionnelle.

L'acculturation s'accélère très rapidement à partir de 1920.

Les contacts avec les Européens, qui entraînèrent des épidémies, des changements dans la culture matérielle et une dépendance croissante des biens manufacturés, marque le début de la période Inuit, terme sous lequel tous les "Esquimaux" demandent maintenant d'être désignés.

Voir: Vézinet 1982, Auger 1991, 1993, McGhee 1994.