Lajeunesse, L. et A.-M. Parisot (soumis) «L'oralisation dans la variation de registre en langue des signes québécoise : Une étude de cas», 28e Colloque annuel sur l'analyse de la variation linguistique, Toronto, octobre 1999.
La variation
sociolinguistique est composée de façons différentes de dire la même chose quoique le
choix d'une formulation au profit d'une autre ait une signification sociale (Labov, 1966).
La variation de registre implique différentes utilisations d'une même langue en fonction
de la situation. Sur la base du fait que cette langue est utilisée dans les différentes
activités qui constituent la vie d'un individu, la recherche présentée tente d'explorer
les transformations qui pourraient s'opérer sur la structure de la langue selon qu'un
individu l'utilise dans des contextes dits formels ou dans des contextes dits informels.
Le but de cette présentation est de montrer comment l'oralisation, en tant qu'élément
d'une composante phologique de la langue des signes québécoise (LSQ), varie en
fréquence selon les situations +formelle et -formelle du discours d'un même signeur, en
fonction de son type (fonctionnelle/facultative), de sa forme (totale/partielle) et de ses
fonctions (clarification/dérivation).
À partir du détail des trois composantes d'Halliday (1968), nous montrerons que nos deux
séances d'enregistrement constituent une situation +formelle et une situation -formelle
de discours. Dans un premier temps, afin de décrire l'implication linguistique de
l'oralisation en LSQ et de montrer comment la théorie sociolinguistique permet
d'interpréter sa variation, nous présenterons un résumé des travaux qui constituent le
cadre théorique de cette recherche. Dans un deuxième temps, nous présenterons l'analyse
descriptive et quantitative de l'oralisation dans les deux situations de discours produite
par un sujet sourd profond signeur natif de la LSQ, scolarisé en français et détenteur
d'une diplôme de premier cycle universitaire. Pour teminer, nous ferons la comparaison de
nos résultats avec l'ébauche d'une description de l'oralisation en situation de discours
poétique. Nous montrerons que, pour des raisons articulatoires et expressives,
l'oralisation est pratiquement absente du discours poétique.
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