Regroupement des Unités de Formation Universitaire
en Travail Social du Québec


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À la mémoire de Guy Bilodeau
Professeur retraité de l’École de service social de l’Université Laval, Guy Bilodeau est décédé à Québec, le 29 juillet 2008 à l’âge de 73 ans. Selon la volonté du défunt, il n’y a pas eu d’exposition. Il était professeur titulaire à l’Université Laval, où il a enseigné de 1977 à 2002. Ayant d’abord été intervenant dans les services sociaux à l’enfance et à la famille, Guy Bilodeau a commencé sa carrière professorale au Cegep de Jonquière en Techniques d’assistance sociale. Il a dispensé des formations dans l’Europe francophone (1971–1976) particulièrement à l’Institut de Service social de Montrouge et à l’École psychologique et sociale de Clermont-Ferrand. Il fut également professeur au Département de service social de l’Université de Sherbrooke (1976 –1977). Ses enseignements, au premier et au second cycle, ont surtout porté sur l’intervention auprès des individus et des familles, sur la médiation sociale, sur les méthodes de supervision pédagogique et sur l’introduction au travail social. Dans ce dernier cours de la première année du baccalauréat, appelé Situations d’intervention, il avait introduit une activité de bénévolat dite de contact-action, qui amenait les étudiants à expérimenter dès ce moment des réalités du travail social. Quel étudiante ou étudiant auquel il a enseigné ne se souvient pas également de son «paradigme du service social», qu’il avait développé comme un outil d’intégration et de conceptualisation de ce champ de connaissances et de pratiques? Parmi les particularités de sa carrière, notons qu’il fut responsable pendant environ 20 ans de la coordination de la formation pratique à l’École de service social de l’Université Laval, et qu’il a dispensé un grand nombre de formations sur la supervision clinique ou professionnelle. Il a aussi donné de nombreux cours en formation continue, tant dans les services sociaux publics que dans les organismes communautaires. S’intéressant entre autres aux questions liées à l’interculturalité, il a continué, après son séjour en France, à dispenser des formations dans un grand nombre de pays de la francophonie, notamment en Belgique, à l’Île de la Réunion, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Liban. Aussi a-t-il favorisé pour les étudiants le développement de stages à l’étranger, pour lesquels il a été un ardent promoteur; également, sa qualité d’accueil pour les étudiants d’autres continents était hautement reconnue.
Les témoignages que nous continuons de recevoir à l’École de service social témoignent de sa contribution à la pratique et à la formation en travail social, tout comme de ses grandes qualités humaines : on reconnaît avoir perdu un professeur, mais aussi un ami. Sans l’ombre d’un doute, il a influencé la carrière d’un grand nombre de travailleuses et travailleurs sociaux. Heureusement, Guy Bilodeau nous a légué dans son livre Traité de travail social, qu’il a publié en 2005, la richesse de ses réflexions et de ses enseignements. Aussi la professeure Cristina de Robertis a-t-elle eu raison d’écrire dans la préface : « Ce livre est le fruit, mûrement élaboré, de ce parcours de formateur. Il est aussi le résultat de l’engagement et de l’enthousiasme, jamais démentis, de Guy Bilodeau pour cette profession qui cherche autant à améliorer la situation des personnes qu’à transformer les sociétés. »
Cher Guy, tu nous avais depuis longtemps habitués à tes nombreux voyages. Mais pas à celui-là! À la famille et aux proches, votre peine est partagée par de nombreuses personnes, et ce, sur plusieurs continents.
Jocelyn Lindsay, professeur
École de service social, Université Laval