Phi 2080

Les grandes figures intellectuelles du monde moderne:

Cours 27
La naissance d'une nation

Benoit Mercier


 

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De la colonisation à la crise américaine

 

 

Les premiers explorateurs espagnols découvrent la Floride et le "Nouveau-Mexique" vers 1513, mais ils ne s'établissent finalement en Floride qu'en 1565. Plus au nord, les Français, avec Cartier (1534), commencent à explorer l'intérieur du continent par le fleuve Saint-Laurent. En 1609, les Hollandais fondent la Nouvelle-Amsterdam et des établissements suédois font leur apparition en 1638 sur un territoire qui deviendra plus tard le Delaware.

Les Anglais arrivent en Amérique à la fin du 16e siècle. Walter Raleigh découvre la Virginie en 1585 et fonde, en 1607, Jamestown. En 1620, des puritains qui ont été persécutés par des anglicans et des presbytériens embarquent à bord du Mayflower en direction de la Virginie. Mais des vents défavorables les poussent à 800 km au nord du territoire qui leur a été concédé. Au cours de ce voyage, les 41 chefs de famille ("Pilgrim fathers") signent le Mayflower Compact, une entente déterminant les principes et les fins de leur nouveau corps politique. Ils mettent pied à terre à Cape Cod et fondent une petite théocratie autonome. À la même époque, Roger Williams (1603-1684), un autre puritain, fonde le Rhode Island où il donne refuge aux Quakers, tout en organisant une société plus tolérante et plus démocratique.

Du début de la colonisation à la fin de la guerre de Sept Ans (1763), les Anglais ont réussi à éliminer peu à peu des territoires américains les Suédois, les Hollandais et finalement les Français. À cette époque, l'émigration en Amérique est essentiellement composée d'exclus et de rejetés (puritains, anglicans, catholiques, huguenots, etc.). Les colonies anglaises, au nombre de 13, s'étendent sur 3 000 km de côtes entre la Floride et la Nouvelle-France. Chacune d'elle est relativement autonome et entretient peu de liens avec les autres. Globalement, les libertés politiques y sont limitées : une assemblée élue par une minorité de citoyens (propriétaires fonciers) vote les lois et le pouvoir exécutif est exercé par un gouverneur nommé par le roi d'Angleterre. Quant aux relations économiques, elles sont très réglementées : les colonies ne peuvent commercer qu'avec la métropole. Les relations avec les Indiens sont difficiles et les Américains les expulsent de leur territoire: c'est la naissance de la Frontière.

Les colonies du Nord sont le Rhode Island (1663), le Massachusetts (1620), le New Hampshire (1663) et le Connecticut (1662). Elles sont essentiellement peuplées de puritains et de dissidents dont la morale religieuse est stricte et très souvent intolérante. Les gouvernements locaux sont généralement théocratiques. L'agriculture y est peu développée, contrairement au trafic portuaire (mélasse, rhum, esclaves), à l'artisanat (poterie, orfèvrerie) et à la vie urbaine (Boston).

Les colonies du Sud sont les Carolines (1663), le Maryland (1663), la Virginie (1620) et la Géorgie (1662). Une aristocratie de planteurs y domine la vie politique et économique. Ils exploitent des plantations (tabac, maïs, coton) grâce à l'importation d'esclaves à partir de 1618.

Les colonies du Centre sont le New York (1663), le New Jersey (1663), la Pennsylvanie (1681), le Delaware (1663). Toute cette région voit se développer assez rapidement l'agriculture, l'élevage, la pêche et le commerce. Leur grande diversité ethnique et religieuse fait de ces colonies les plus tolérantes d'Amérique. La vie politique et économique y est organisée principalement autour de deux villes, New York et Philadelphie.

À la fin de la guerre de Sept Ans, en 1763, la dette nationale de l'Angleterre a doublé. Ne pouvant plus faire supporter les frais de cette guerre par ses habitants, l'Angleterre décide d'imposer aux colonies d'Amérique de nouvelles taxes sur l'importation et l'exportation des marchandises (Sugar Act 1764, Townshend Act 1767, etc.) ainsi que des charges fiscales (Stamp Act, 1765) et cela, sans consultation des assemblées locales, qui déclarent alors ces impôts illégaux. Le conflit qui oppose les colonies d'Amérique au gouvernement britannique repose fondamentalement sur le principe: no taxation without representation. Les revendications des Américains sont les suivantes:

1. les colons doivent avoir les mêmes droits que les sujets de la métropole;

2. les colons ont le droit d'être représentés dans leurs assemblées locales et au Parlement de Londres;

3. les questions d'impôt sont du ressort des colonies et le commerce dans l'Empire est du ressort du Parlement de Londres.

Mais pour le gouvernement anglais, l'Empire britannique forme un seul État; le Parlement de Londres en est la seule législature et il représente tous les sujets de l'empire. Il est donc tout à fait légitime qu'il fixe les impôts et les taxes s'appliquant à tous les sujets de l'empire.

Cette période de l'histoire des États-Unis est marquée par l'une des personnalités les plus remarquables du siècle des Lumières, Benjamin Franklin.

Né à Boston en 1706, il est le 15e enfant d'une famille pauvre d'origine anglaise. Franklin, un autodidacte, possède dès l'âge de 24 une imprimerie et, à 42 ans, il se retire après avoir fait fortune dans ce type de commerce. Il s'établit dans la ville de Philadelphie où il est à l'origine, entre autres, des premiers corps de pompier et de police, de la première librairie publique et du premier hôpital public de Philadelphie. De plus, il organise les milices et construit des forts pour protéger sa ville contre les attaques des Indiens et des Français. En 1752, il démontre à l'aide d'un cerf-volant que la foudre est un phénomène électrique et l'année suivante il invente le paratonnerre. Comme homme de science, il étudie les aurores boréales, les aimants, les champs magnétiques, etc. Franklin est aussi un homme de lettres très populaire à son époque grâce à son almanach Poor Richard qui paraît pour la première fois en 1732.

Benjamin Franklin est l'un des acteurs les plus importants de la révolution américaine. Pendant longtemps, il cherche à unifier les colonies avant d'être un révolutionnaire. Il est tour à tour représentant de la Pennsylvanie, du Massachusetts, du New Jersey et de la Géorgie. Mais constatant l'entêtement du Parlement de Londres dans le maintien de sa politique coloniale, il décide de faire sienne la cause de l'indépendance. Au début de la guerre, il est choisi pour se rendre en France et y représenter les États-Unis. Il reçoit là-bas un accueil triomphal, tant pour ses réalisations scientifiques (il deviendra membre de l'Académie des sciences) que comme défenseur de la liberté ("C'est une observation triviale de dire que notre cause est celle de l'humanité, et que nous combattons pour la liberté de tous en défendant la nôtre"). Son adresse politique lui permet de signer une alliance avec Louis XVI, le 6 février 1778. Ce traité est un tournant décisif dans la guerre d'indépendance, car l'apport de troupes françaises permet de briser le blocus anglais, ce qui assure la victoire finale des insurgents.

Franklin participe aussi à la rédaction de la Déclaration d'indépendance et de la Constitution américaine. Il meurt en 1790 à Philadelphie: 20 000 personnes assistent alors à ses obsèques. Homme de science, inventeur, homme politique, philanthrope, autodidacte, Benjamin Franklin incarne parfaitement l'homme des Lumières. L'extrait suivant nous en fait le portrait alors qu'il paraît à la Cour de Versailles.

Extrait 27.1.A

Franklin avait paru à la Cour avec le costume d'un cultivateur américain; ses cheveux plats sans poudre, son chapeau rond, son habit de drap brun contrastaient avec les habits pailletés, brodés, les coiffures poudrées et embaumantes des courtisans de Versailles. Cette nouveauté charma toutes les têtes vives des femmes françaises. On donna des fêtes élégantes au docteur Franklin, qui réunissait la renommée d'un des plus habiles physiciens aux vertus patriotiques qui lui avaient fait embrasser le noble rôle d'apôtres de la liberté. J'ai assisté à l'une de ces fêtes, où la plus belle parmi trois cents femmes fut désignée pour aller poser sur la blanche chevelure du philosophe américain une couronne de laurier et deux baisers aux joues de ce vieillard. Jusque dans le palais de Versailles, à l'exposition des porcelaines de Sèvres, on vendait sous les yeux du Roi, le médaillon de Franklin ayant pour légende: [...] "Il a ravi au ciel la foudre [...] et le sceptre aux tyrans".

 Benjamin Franklin (1706-1790)

   

La Révolution américaine: la Déclaration d'indépendance

 

Depuis la fin de la guerre de Sept Ans, le climat dans les colonies s'est peu à peu détérioré, la fidélité au régime et à la couronne britannique n'est plus unanime et les idées d'indépendance que propagent les Fils de la liberté emportent de plus en plus la faveur populaire.

Pour s'opposer à l'augmentation des taxes et des charges fiscales, les colonies décident de boycotter certaines marchandises anglaises. Une baisse des importations allant jusqu'à 38 % provoque beaucoup de mécontentement chez les commercants anglais. Le Parlement de Londres décide alors de supprimer certaines taxes, mais ajoute un droit sur le thé. De plus, le maintien de l'armée anglaise (près de 10 000 hommes) en temps de paix sur les territoires coloniaux provoque de nombreuses récriminations et beaucoup d'agitation, surtout lorsqu'une loi anglaise réquisitionne des maisons pour loger ses soldats.

Le 16 décembre 1773, dans le port de Boston, des cargaisons de thé appartenant à la Compagnie des Indes sont jetées à la mer; c'est le Boston tea party. Le Parlement de Londres réagit vivement et décide que le port de Boston doit être fermé tant que la ville n'aura pas payé une forte indemnité à la compagnie. On adopte aussi une loi qui abolit la charte du Massachusetts et on décrète que tous les procès criminels d'incitations à l'émeute et de non-perceptions des revenus seront dorénavant tenus devant une cour de Londres. La rupture complète avec la métropole est alors inévitable.

Le 1er Congrès continental se réunit à Philadelphie en septembre 1774. Les 12 colonies qui y sont représentées décident: 1) que les lois anglaises sont anti-constitutionnelles; 2) que les colonies vont boycotter toute marchandise en provenance d'Angleterre; 3) que le Parlement de Londres n'a aucune compétence fiscale sur les colonies, mais seulement sur le commerce. Peu à peu, des dépôts d'armes se constituent et la milice se rassemble. Le 9 avril 1775, des troupes anglaises voulant récupérer des armes cachées à Concord, près de Boston, sont accueillies par la milice et la bataille de Lexington est engagée. Le 17 juin 1775, la bataille de Bunker Hill a lieu. Le roi George III d'Angleterre écrit alors à son premier ministre, William Pitt, ces mots: "Les gouvernements de la Nouvelle-Angleterre sont en état d'insurrection...".

En janvier 1776, Thomas Paine (1737-1809) publie Common Sense, un petit livre qui attaque de plein front toutes les institutions britanniques. Paine y revendique l'indépendance et la fondation d'une nouvelle république. Il affirme même que la royauté "est l'invention la plus prospère que le diable ait jamais inventée pour le progrès de l'idolâtrie!". Dans cet ouvrage, Paine met dos à dos la société et l'État. Cette opposition radicale annonce déjà de nombreux débats philosophiques du XIXe siècle sur le rôle de l'État.

La société est produite par nos besoins, le gouvernement par nos vices; la première procure notre bonheur d'une manière positive, en unissant nos affections; le second d'une manière négative en restreignant nos vices. L'un encourage l'union, l'autre crée des distinctions. L'un protège, l'autre punit.

Paine deviendra citoyen français et membre de la Convention pendant la Révolution française. L'extrait suivant nous permet d'entendre le cri révolutionnaire qu'il lance au tout début de la révolution américaine.

Extrait 27.2.A

O vous, amis de l'humanité! Vous qui osez vous opposer non seulement à la tyrannie mais au tyran, avancez-vous! L'oppression ravage chaque recoin du Vieux Monde. La liberté a été pourchassée sur toute la surface du globe. L'Asie et l'Afrique l'ont bannie depuis longtemps. L'Europe la regarde comme une étrangère, et l'Angleterre lui a signifié son congé. Oh! recueillez la fugitive et préparez à temps un asile pour le genre humain.

Thomas Paine, Le sens commun, 1776.

L'événement qui symbolise le mieux la rupture des colonies avec l'Empire britannique ainsi que la naissance des États-Unis d'Amérique est, sans contredit, la Déclaration d'indépendance. Oeuvre de Thomas Jefferson (1743-1826), ce texte marque solennellement et symboliquement cette rupture.

Pour Jefferson comme pour de nombreux Américains, ce ne sont pas seulement les droits des sujets britanniques d'Amérique qui ont été violés, mais les droits naturels inaliénables de l'homme (la vie, la liberté, la recherche du bonheur). La Déclaration d'indépendance énonce une théorie politique qui justifie l'insurrection et qui détermine les principes devant gouverner le nouvel État. En voici quelques extraits:

Extrait 27.2.B

Nous tenons ces vérités pour évidentes en elles-mêmes: que tous les hommes sont créés égaux; que leur Créateur les a dotés de certains droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté et la recherche du bonheur; que pour garantir ces droits, les hommes instituent entre eux des gouvernements, qui tirent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés; que chaque fois qu'un gouvernement, qu'elle qu'en soit la forme, menace ces fins dans leur existence même, c'est le droit du peuple que de le modifier ou de l'abolir, et d'en instituer un nouveau [...] La prudence recommande sans doute de ne pas renverser, pour des causes légères et passagères, des gouvernements établis depuis longtemps [...] Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, invariablement tendus vers le même but, marque le dessein de les soumettre à un despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de renverser le gouvernement qui s'en rend coupable. L'Histoire de celui qui règne aujourd'hui sur la Grande-Bretagne est une histoire d'injustices et d'usurpations répétées ayant toutes pour direct objet l'établissement d'une tyrannie absolue sur nos États. [...]

En conséquence, nous, représentants des États-Unis d'Amérique réunis en congrès plénier, prenant le Juge suprême du monde à témoin de la droiture de nos intentions, au nom et par délégation du bon peuple de ces colonies, affirmons et déclarons solennellement:

Que ces colonies unies sont et doivent être en droit des États libres et indépendants; qu'elles sont relevées de toute fidélité à l'égard de la Couronne britannique, et que tout lien entre elles et l'État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous.

Déclaration d'Indépendance, 4 juillet 1776.

Pour Jefferson, il existe une loi morale universelle que les hommes découvrent grâce à leur raisonnabilité. La Déclaration d'indépendance est donc faite non pas seulement pour le roi d'Angleterre et ses sujets, mais pour tous les hommes raisonnables qui peuvent ainsi constater les "injustices et usurpations répétées" qu'ont subies les colons américains.

Lorsque, dans le cours des événements humains, un peuple se voit dans la nécessité de rompre les liens politiques qui l'unissent à un autre et de prendre, parmi les puissances de la terre, le rang égal et distinct auquel les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, un juste respect de l'opinion des hommes exige qu'il déclare les causes qui l'ont poussé à cette séparation.

La Déclaration proclame alors la nécessité de l'indépendance des colonies à toute l'humanité qui pourra ainsi juger de la légalité de la révolution et de la droiture des intentions des représentants des États-Unis. Rappelons finalement quelques-uns des grands principes qui ont guidé la rédaction de la Déclaration d'indépendance:

1. le gouvernement est fondé sur un contrat social qui lie le peuple et ses représentants;

2. le gouvernement est obligé de protéger les droits naturels;

3. le peuple a le devoir de se révolter lorsque ces principes ne sont pas respectés.

En mai 1775, le Congrès continental nomme George Washington commandant en chef de l'armée américaine. Celle-ci est peu disciplinée, mal entraînée et n'est pas formée pour combattre une armée régulière. De plus, les difficultés d'approvisionnement que provoque le blocus anglais des ports américains mettent rapidement en péril la révolution. Toutefois, l'alliance militaire que signent la France et les États-Unis, le 6 février 1778, porte un très dur coup aux troupes anglaises. Le 19 octobre 1781, la capitulation du général anglais Cornwallis à Yorktown est décisive. L'armée britannique et sa flotte doivent battre en retraite. En 1783, la Grande-Bretagne signe le Traité de Versailles par lequel elle reconnaît l'indépendance des États-Unis d'Amérique.

 Thomas Jefferson (1743-1826)

   

La Révolution américaine: la Constitution des États-Unis

 

En 1776, le Congrès continental décide que chaque colonie établira son gouvernement sur des bases qui lui sont propres. Généralement, les États, en 1777:

1. reconnaissent le peuple comme seule source de l'autorité politique;

2. reconnaissent un suffrage limité aux propriétaires fonciers avec quelques fois des restrictions d'ordre religieux;

3. reconnaissent le principe de la séparation des trois pouvoirs (exécutif, législatif et exécutif) et le principe du contrôle et de l'équilibre entre ceux-ci;

4. donnent une prépondérance au pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif.

Quant à l'État fédéral, il est à peu près sans pouvoir exécutif, ses responsabilités et pouvoirs propres sont fort limités. À la fin de la Guerre d'indépendance, en 1783, commence une période extrêmement critique où les tensions et les différences entre les anciennes colonies refont surface. En fait, le pouvoir central est trop faible de sorte que l'État naissant ne peut être viable à long terme.

Entre le 25 mai et le 17 septembre 1787, 55 délégués des 13 colonies se réunissent à Philadelphie pour "rendre la Constitution du gouvernement fédéral adéquate aux exigences de l'Union". Les représentants cherchent à avoir un gouvernement central assez puissant pour défendre les principes énoncés dans la Déclaration d'indépendance et assez centralisé pour représenter les intérêts des États américains sur la scène internationale. Toutefois, les divergences entre les 13 colonies sont très importantes. La Constitution des États-Unis est le fruit d'un compromis entre les États qui désirent un pouvoir central fort et ceux qui veulent conserver le plus d'autonomie possible, entre les tenants de l'industrialisation et ceux du développement agricole, etc. Ce compromis est le résultat d'un affrontement entre deux conceptions politiques: les fédéralistes et les républicains.

Les fédéralistes, comme Hamilton (1757-1804) et Adams (1735-1826), désirent un gouvernement central fort. Pour ces derniers, le gouvernement fédéral doit encourager l'économie grâce à des pouvoirs étendus. Les fédéralistes sont des protectionnistes qui veulent consolider la dette publique et créer une Banque centrale. Beaucoup plus prompts à défendre les intérêts de l'aristocratie industrielle que ceux du peuple, ils défendent des positions partagées par les États du nord-est, par les habitants des villes et ceux de la côte Atlantique.

Jefferson est, sans aucun doute, celui qui incarne le mieux les idées des républicains. Pour lui, le gouvernement central doit être faible et ses pouvoirs, très limités. De plus, il désire établir une république agraire décentralisée. Il affirme que "Ce n'est pas le renforcement ou la concentration des pouvoirs qui font un bon gouvernement, mais leur répartition." Jefferson est aussi un partisan des droits de l'homme et, tout particulièrement, un défenseur du droit à l'instruction publique.

 
 George Washington (1732-1799)

Le compromis de 1787 entre en vigueur en janvier 1789. Le 4 mars, George Washington devient le premier président des États-Unis et au cours de la même année, Madison propose les 10 premiers amendements à la Constitution (Bill of Rights). Voici le célèbre préambule de la Constitution des États-Unis:

Extrait 27.3.A

Nous, le peuple des États-Unis, en vue de former une union plus parfaite, d'établir la justice, d'assurer la tranquillité intérieure, de pourvoir à la défense commune, de développer le bien-être général et d'assurer les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à nos descendants, ordonnons et établissons la présente Constitution pour les États-Unis d'Amérique.

Constitution des États-Unis, 1791.

La Constitution des États-Unis est fondée sur les principes du droit naturel. Cette loi qui gouverne et transcende toute l'activité politique est une théorie de l'État basée sur l'idée de contrat social, le peuple étant à la source et au fondement de l'autorité des gouvernants. La Constitution définit les principes d'une fédération qui reconnaît deux ordres de gouvernement basés sur la séparation et l'équilibre des pouvoirs ainsi que sur le partage des responsabilités entre l'État fédéral (politique extérieure, défense, commerce avec l'étranger et entre États, etc.) et les États fédérés (justice, santé, protection des droits individuels, instruction, etc.).

Pendant la Révolution française, Benjamin Franklin, inspiré par les bouleversements s'étant produits dans son pays et ceux qu'il voit naître, affirme:

Dieu veuille que non seulement un pur amour de la liberté, mais une connaissance parfaite des droits de l'homme se répande sur toutes les contrées du globe; de sorte qu'un philosophe, en posant le pied où que ce soit sur la terre, puisse s'écrier: c'est ici mon pays!

Benjamin Franklin

   

Bibliographie

 

Boorstin, D. J., Histoire des Américains, Paris, R. Laffont, 1991.

Fohlen, C., Les Pères de la révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989.

Gauchet, M., La révolution des droits de l'homme, Paris, Gallimard, 1989.

Lacorne, D., L'invention de la république. Le modèle américain, Paris, Hachette, 1991.
Pour en savoir plus sur les rapports entre la philosophie des Lumières et la Révolution américaine.

Marienstras, É., Les mythes fondateurs de la nation américaine, Paris, Maspero, 1976.

Marienstras, É., Nous, le peuple. Les origines du nationalisme américain, Paris, Gallimard,1988.
Livre extrêmement bien fait qui explique, entre autres, le contexte socio-symbolique qui a entouré la Révolution américaine.

Wills, G., Inventing America: Jefferson's Declaration of Independence, New York, Vintage Books, 1979.

Wills, G., Explaining America: The Federalist, Garden City, Doubleday, 1981.

   
QUESTIONS  

Questions de compréhension et de lecture

1. Qu'est-ce qui a été à l'origine du conflit opposant le gouvernement britannique et ses colonies d'Amérique?

2. Pourquoi la Déclaration d'indépendance fait-elle appel à toute l'humanité pour expliquer les raisons ayant mené à la naissance des États-Unis?

3. Sur quelles questions les fédéralistes et les républicains s'opposent-ils?

Questions visant à dégager les enjeux philosophiques

1. Comparez la Déclaration d'indépendance des États-Unis avec la Déclaration des droits de l'homme de 1789 et celle de 1793.

2. Comparez les 10 premiers amendements de la Constitution américaine avec la Déclaration des droits de l'homme de 1789 et celle de 1793.

 

 Hyperliens  

La Déclaration d'indépendance, (Declaration of Independance), 1776.

The Declaration of Independence

La Constitution des États-Unis, (United States Constitution), 1787.

The Constitution of the United States

The United States Bill of Rights

The Presidents of the United States: biographies et liens

Benjamin Franklin

Thomas Jefferson

Thomas Jefferson
Le ... THALER ... (jusqu'à nos jours). Les intérêts de Thomas Jefferson pour introduire le Dollar

The Home of Thomas Jefferson

AUTOBIOGRAPHY
by Thomas Jefferson 1743 - 1790 (With the Declaration of Independence)

Texts by or to Thomas Jefferson from the Modern English Collection

Action of Second Continental Congress, July 4, 1776 - The unanimous Declaration of the thirteen United States of America
Texte intégral originaire de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis d'Amérique

LES GRANDS TEXTES DE LA LIBERTE - THE BILL OF RIGHTS Amendments 1-10 of the Constitution
Original text from the Library of Congress - United States of America

DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN

Benjamin Franklin: Glimpses of the Man

The Life and Times of Benjamin Franklin

The Autobiography of Benjamin Franklin

La biographie de Benjamin Franklin

Les premiers accomplissements de Franklin

Faits intéressants - Franklin

Esprit et Humeur - Franklin

TEXTES sur la Révolution américaine (USA - 1776)

Les USA après l'indépendance (fin XVIIIe siècle), 4 pages

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