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La Cour de
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Pour écouter l'émission (voir le guide de l'étudiant-e) | ||
Une société fondée sur l'inégalité |
La société du XVIIe siècle est fondée sur l'inégalité, nous disent les historiens. Si nous nous situons en France, la première puissance européenne de l'époque, nous povons voir qu'au-dessus des paysans et des compagnons-artisans, se trouvent les bourgois et les privilégiés. Ils ne forment pas de classes au sens contemporain du terme mais ce qu'on appelle des " états " fondés sur la fortune ou la naissance. Voici comment le juriste Loyseau dans son Traité des ordres et simples dignités, paru en 1613, justifie l'inégalité sociale.
La noblesse occupe le premier rang dans la société. Toutes les charges de la Cour, de l'armée et du clergé lui sont pratiquement réservées. Cependant la noblesse comprend elle-même une hiérarchie : d'une part la noblesse d'épée, de l'autre la noblesse de robe. Louis XIV exploitera les tensions qu'engendrent ces deux genres de noblesse mais celles-ci finiront par faire éclater les structures de l'Ancien Régime, au moment de la Révolution. Nous avons, pour l'heure, au sommet, les Grands entourés d'une clientèle de gentilhommes prêts à les soutenir en toutes circonstances. Ces grands aspirent, comme leurs semblables en Angleterre, à des responsabilités politiques mais ils seront écartés du pouvoir après la Fronde qui a été autre chose qu'une insurrection sans lendemain. Elle apparaît comme une épreuve décisive avant l'établissement de la monarchie absolue. À la base de la noblesse on a les hobereaux de province, plus ou moins ruinés par la hausse des prix et qui ne peuvent plus vivre " noblement " que par la guerre ou le brigandage; d'où leur participation active aux guerres de religion et à la Fronde. Le travail et le commerce leur sont interdits sous peine de déroger. Face à cette noblesse d'épée, riche ou pauvre, monte une classe nouvelle que la noblesse traditionnelle méprise. C'est la noblesse de robe qui se recrute parmi les bourgeois enrichis. Les bourgeois du XVIIe siècle, peu tentés par les affaires, ni même par le commerce, achètent des terres et des " offices ", c'est-à-dire des fonctions héréditaires. Ils occupent ainsi les principales charges dans les Parlements, c'est-à-dire, les tribunaux. Le roi choisit parmi eux ses ministres et ses grands serviteurs, les intendants. D'autres, enrichis dans la finance, obtiennent du roi des lettres de noblesse. Vous retrouvez chez les grand auteurs du siècle, chez Molière, dont les études de caractères que sont ses pièces demeurent aujourd'hui encore d'une stricte actualité, chez La Fontaine, je pense, en particulier à la fable du loup et de l'agneau qui emporte au fond des fôrets l'agneau pour le manger, malgré tous les raisonnements de l'agneau qui tente en discutant de s'opposer à la loi du plus fort, vous retrouvez dans ces oeuvres immortelles, peintes avec perspicacité les moeurs de l'époque. Adressons-nous ici à des textes moins connus, peut-être, mais qui décrivent bien les comportements caractéristiques des nobles et des bourgeois dans cette guerre sourde qu'ils se livrent pour la prééminence. Voici deux passages des Caractères parus en 1688, qui consignent les observations sur la noblesse, les bourgeois, le rôle moteur de l'argent, entre autres; ces textes sont de La Bruyère (1645-1696), avocat au Parlement et chargé d'enseigner l'histoire au petit-fils du Grand Condé. C'est dire de combien près il peut acérer sa critique.
Mais le monde des campagnes dans tout cela, comment vit-il ? Les paysans constituent la grande masse du peuple mais ils ne forment pas une classe homogène. La plupart des bonnes terres appartiennent aux privilégiés qui les donnent en location à des fermiers-laboureurs, c'est-à-dire à des paysans assez riches pour posséder une charrue et un attelage. Il n'y a pas de réserves et en cas de mauvaise récolte, ces pauvres gens, mal nourris et vieillis avant l'âge, meurent par centaines de milliers comme pendant la grande disette de 1693-1694. Les vignerons, groupés dans des bourgs plus importants sont en général plus à l'aise et plus libres d'allures. Les tableaux des frères Le Nain constituent les meilleurs témoignages sur la vie des campagnes françaises au milieu du 17e siècle. Chaque village vit sous la direction de son curé qui participe de très près à la vie des paysans. Il tient l'état civil, organise un enseignement élémentaire, distribue des secours en cas de disette, se dévoue au besoin en temps d'épidémie, et perçoit le plus souvent une dîme sur les récoltes. Les fastes de la cour ne doivent pas faire oublier qu'en ce même temps le peuple des villes et des campagnes, écrasé par les charges fiscales, souffre de disette. Révoltes antifiscales, révoltes de la misère, elles cessent après 1675 dès que Louis XIV a les moyens d'imposer une centralisation absolue.
D'abord, si vous voulez bien, un mot sur le gouvernement-type que Louis XIV met au point et qui porte en germe les résistances qu'on va lui opposer et qui culmineront avec la révolution de 89. Son règne voit triompher l'idée de monarchie absolue de droit divin. La théorie du pouvoir absolu n'est pas nouvelle ni particulière à Louis XIV, mais jamais elle n'a été mise en pratique avec autant d'éclat. Le sacre du roi à Reims lui confère un véritable caractère religieux, sa personne est sacrée, lui désobéir est pécher; le roi ne doit de compte qu'à Dieu, non aux hommes. Mais attention cela ne signifie pas qu'il peut gouverner tyranniquement : représentant de Dieu sur terre, il doit distribuer une justice parfaite, défendre la religion, et ne pas enfreindre les " lois fondamentales du royaume ", c'est-à-dire le sprivilèges dont certaines provinces, certaines villes, certaines assemblées jouissent depuis des temps immémoriaux. Puisqu'elle émane de Dieu l'autorité du roi ne se partage point. Il n'a plus de premier ministre. Le roi cependant se garde de changer le haut personnel du gouvernement, ministres et intendants, que lui avait laissé le défunt cardinal Mazarin. Au contraire il l'utilise en le subordonnant étroitement, et peu à peu, emploie les compétences de certains grands bourgeois dont il fit la fortune, fortune qui est toute entière entre ses mains. De cette façon, il tient délibérément la classe bourgeoise dans une plus grande sujétion, comme il l'explique dans ses Mémoires. Quant à la noblesse il l'écarte du pouvoir et l'oblige à n'avoir plus comme activité que d'être l'illustration vivante de la grandeur du royaume et son plus sûr rempart militaire. Louis XIV participe dès le début et jusqu'à la fin de son règne à tous les conseils, écoutant les avis de chacun et décidant souverainement de la " ligne politique " que chaque ministre doit suivre. Pendant cinquante-quatre ans de 1661 à 1715 il a gouverné personnellement la France avec une application et un courage qui ont étonné ses contemporains, s'imposant, écrit-il de " travailler régulièrement deux fois par jour, et deux ou trois heures chaque fois, avec diverses personnes ". Aidé par Colbert il procède petit à petit au redressement des finances, favorise la production en poussant aux défrichements, aux cultures industrielles et en aménageant le cheptel. Enfin il encourage vivement le commerce et l'industrie. Louis XIV n'a jamais peut-être prononcé le mot célèbre, l'État c'est moi, mais ce passage de ses Mémoires pour l'instruction du Dauphin que Louis XIV pris soin de dicter lui-même et où il expose sa conception de la monarchie absolue va peut-être encore plus loin :
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Le règne de Louis XIV |
Que peut-on dire de la Cour et du rôle que joue Versailles dans cette politique d'absolutisme royal ? Pour Louis XIV la Cour n'est pas seulement une réunion brillante mais le rassemblement de toute une noblesse domestiquée. À la Cour les nobles sont connus; c'est en y paraissant qu'ils peuvent prétendre toucher des pensions. Un noble est perdu si le roi peut dire de lui : " c'est quelqu'un que je ne vois jamais ". La Cour qui ne vit que par le roi s'installe définitivement à Versailles en 1682. Avec ses lignes horizontales, son décor symétrique, sa profusion de statues, le Palais donne une impression de colossal et de majestueux. Toute la disposition intérieure est conçue en fonction de la personne du Roi, le Roi-Soleil, et sa chambre constitue le centre géométrique d'un grandiose cérémonial. Versailles, oeuvre de Mansart, qui marque le triomphe de l'art classique et la glorification du grand roi, devient le cadre du culte rendu au monarque dont la vie et les rapports avec les courtisans sont réglés par l'étiquette. Elle est hiérarchisée, chacun essayant d'obtenir un service dans la Maison, civile ou militaire du roi. Voici vu par Louis XIV lui-même le rôle du roi à la Cour :
Imaginons de suivre une journée à Versailles sous Louis XIV... Comme chaque matin, peu après le réveil sonné par les trompettes de la garde, Louis XIV devant les dignitaires de sa " Maison " récite la prière, puis assiste à la messe chantée. Un cérémonial compliqué indique combien de personnages peuvent entrer dans la chambre, puis ils assistent à la messe à laquelle ils accompagnent le roi, en regardant non l'autel mais le roi. Le roi a réunit ensuite son Conseil d'en Haut, nous dirions aujourd'hui Conseil des ministres, où entouré de Colbert, de Louvois, du maréchal Vauban, il prouve sa grande passion du bien public. Dans l'après-midi, des fêtes somptueuses se déroulent dans le cadre des jardins tracés par Le Nôtre; on y joue des pièces de Molière, on y danse des ballets sur la musique de Lulli. La dépense est énorme et chacun rivalise pour se faire remarquer du prince. Mais Louis XIV en favorisant l'existence d'une pléiade d'artistes, en protégeant les lettres et les arts, accordant aides et pensions aux écrivains et aux artistes qui se conforment à l'idéal de bon goût, en suscitant une intense activité intellectuelle a su créer par là un des aspects les plus brillants de l'histoire de son temps, et son règne tire une partie de son importance des écrivains, peintres, sculpteurs, musiciens qu'il a encouragés et qui symbolisent l'élégance, la grâce, la solennité du grand siècle. Comment caractériser l'idéal classique et cette tendance vers l'ordre et la raison ? L'idéal classique triomphe dès le début du règne personnel de Louis XIV. Pendant une vingtaine d'années les chefs d'uvre se succèdent. Le classicisme trouve son théoricien en la personne de Boileau qui énonce dans son Art poétique les règles auxquelles la poésie et le théâtre doivent être soumis. De leur côté les Académies codifient les règles et forment les artistes dans le style officiel. En ce qui concerne la langue, c'est de Malherbe que date la théorie du bon usage qui va prendre forme dans les années qui suivent. On récuse le langage trop barbare des pédants, les termes trop techniques des avocats et des juges pour définir le beau langage, comme le fera en 1647 Vaugelas, " la façon de parler de la plus saine partie de la Cour ", en prenant le mot de Cour au sens large, c'est-à-dire en y comprenant " les femmes comme les hommes, et plusieurs personnes de la ville où le prince réside, qui par la communication qu'elles ont avec les gens de la Cour participent à sa politesse ". Un des buts assignés dès sa fondation à l'Académie française (1635) est de dresser un tableau exact et méthodique de cette langue épurée par les discussions autour du bon usage. L'article 26 des statuts de l'Académie stipule qu'« il sera composé un Dictionnaire, une Grammaire, une Rhétorique et une Poétique sur les observations de l'Académie ". L'académie se met au travail et les Sentiments de l'Académie sur le Cid (1637) comprennent déjà toute une partie consacrée à l'étude de la langue. Mais le dictionnaire démarre difficilement... L'académicien Vaugelas arrête dans ses Remarques qu'il " n'y a qu'un maître des langues, qui en est le roi et le tyran, c'est l'usage " . L'idéal classique met au premier plan la raison et s'interdit de peindre des cas particuliers. Ce qu'il veut atteindre, c'est le général, l'universel car c'est seulement ainsi qu'on peut dégager le beau. L'écrivain classique préfère ne pas choisir ses exemples dans la vie quotidienne mais s'inspirer de l'Antiquité, ne pas représenter les gens du commun mais des princes et des rois. La violence des passions doit être contenue et ne pas se manifester par un langage ou des gestes déplacés sur la scène. Modération, bienséance, vraisemblance, autant de règles que l'honnête homme se doit d'appliquer. Dans tous les domaines, l'homme doit rester maître de son corps et de ses sentiments. Après la Fronde le généreux fait place à un autre grand type humain : l'honnête homme. Ce dernier a moins d'illusions sur la puissance et la liberté humaines mais qui accepte de se soumettre à l'ordre social au goût et à une Raison qu'il estime universelle. Socialement l'honnête homme reste un mondain qui met au premier plan l'art de la conversation (songeons à La Rochefoucauld) et a généralement des liens avec la Cour, sans être nécessairement un noble. L'honnête homme est un bourgeois ou un noble et ses manières doivent toujours être celles d'un homme universel. Humainement il est soucieux de se conformer à l'usage et se méfiant de l'orgueil individuel (La Fontaine) il cherche le juste milieu (Molière) tout en se défiant des passions, en lesquelles il voit, comme l'analysent un Pascal ou un La Rochefoucauld, des formes déguisées de l'amour-propre ou amour de soi. Le grand problème pour l'honnête homme est donc de trouver des éléments modérateurs à ses passions qui lui semblent, comme dans le théâtre de Racine, à la fois inévitable set redoutables. De sa lucidité à leur égard il tire déjà un remède, aussi le vice par excellence est cette hypocrisie, dénoncée par Molière. La retraite peut apparaître comme l'ultime remède comme en témoignent Mme de Sévigné, Mme de La Fayette ou La Fontaine. Politiquement l'honnête homme n'a rien d'un révolutionnaire, s'il sait critiquer ce qu'il n'approuve pas dans l'état social du XVIIe siècle (La Fontaine, Molière), il est reconnaissant au monarque d'assurer l'ordre. Il pense avec Pascal que la politique n'est pas du domaine de la raison et juge que la monarchie étant d'origine divine, le roi n'est responsable que devant Dieu, comme l'écrira Bossuet. Il ne croit pas au progrès par le changement des institutions mais par la seule amélioration des consciences individuelles. La fin du règne de Louis XIV est précisément marquée par la querelle des Anciens et des Modernes. Ces derniers se sentent plus libres, moins liés au roi et à Versailles. Un monde nouveau se prépare en même temps qu'une nouvelle mentalité se dessine. Littérairement les modernes acceptent encore la doctrine classique mais leur esthétique moins rationaliste admet la primauté du sentiment sur les règles, un certain renouvellement des genres, la possibilité d'un progrès en art pendant que politiquement, tout en refusant de bouleverser l'ordre établi, ils estiment avoir le droit d'intervenir dans les problèmes de l'État, en raisonnant au nom " du genre humain ". |
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De l'art baroque à la construction de l'ordre classique |
L'évolution dans le domaine artistique correspond aux évenements religieux et politiques marquants. La période des guerres de religion n'avait pas été très favorable à la création artistique. Quand la prospérité revient l'esprit de la Renaissance a cessé de souffler; on hésite entre la tradition française et le goût baroque qui triomphe alors en Italie et en Flandre. L'art baroque (le mot vient de l'espagnol, barruco, qui désigne une perle de forme irrégulière, avec des verrues) est une forme d'art qui cherche à étonner, à impressionner et à émouvoir. C'est avant tout l'art de la Contre-Réforme qui rayonne sur toute l'Europe à partir de Rome, l'art des jésuites qui cherchent à introduire la magnificence dans les églises. En architecture, le style baroque tend à écraser les façades sous une lourde profusion d'ornements. L'exemple le plus éclatant nous est donné en Italie avec Le Bernin, auteur du baldaquin et de la chaire de Saint-Pierre de Rome. En sculpture on retrouve encore le nom du Bernin associée à la célèbre Extase de saite Thérèse d'Avila, oeuvre paradigmatique du goût baroque. Un texte assez évocateur offre les réserves qu'au XVIIIe siècle un voyageur et critique d'art, le président de Brosses exprime à l'égard de cette oeuvre; ses remarques sont bien éclairantes sur les effets volontairement dramatiques du baroque :
C'est surtout en peinture que triomphe le baroque porté à son plus haut par le flamand Rubens qui traite les sujets les plus divers avec une frénésie de vie, une puissance, une démesure qui frappent. Pour lui un Christ sur la Croix n'est pas un martyr mais un vainqueur de la mort. Dans la célèbre Kermesse, comme on l'a dit " on ne boit pas, on ingurgite, on prend pas sa danseuse, on l'enlève ". Un grand nom qui bien qu'appartenant à l'époque du baroque est audessus des classifications par son génie est le hollandais Rembrandt. Sa peinture est toute de réalisme, de sincérité, de puissance émotive. Il sait rendre rendre l'immatériel, joue à la perfection de la technique du clair-obscur, sait tout peindre. En littérature on retrouve la sensibilité artistique qui fait le baroque en Italie avec Le Tasse, en Espagne avec Lope de Vega qui influencent le roman français. C'est l'époque des romans fleuve comme l'Astrée d'Honoré d'Urfé ou le Grand Cyrus de Madeleine de Scudéry qui suscitent l'engouement du public. C'est vers le milieu du siècle que l'époque classique se prépare et que Louis XIV va imposer les règles du " Grand Goût ". Louis XIV impose le classicisme dans tous les domaines. Signalons en ce qui concerne la tradition classique en art comme ses plus illustres représentants le peintre Poussin qui incarne le plus cet idéal classique. Avant de peindre il se documente pour exprimer le vrai, il observe attentivement les couleurs, les formes, les dimensions de ses sujets. Claude Gelée, dit Le Lorrain, retrouve le goût de l'Antiquité comme au temps de la Renaissance. C'est avant tout un paysagiste pour lequel les personnages ont une importance secondaire. Il leur préfère les ruines, les palais à l'antique, le jeu de la lumière et du soleil sur les eaux et à travers les arbres. L'art du portrait est surtout illustré par Philippe de Champaigne dont le don d'observation est tel qu'on voit vivre les sujets, on découvre leur âme. C'est un peintre de la vie intérieure. Parmi ses plus célèbres portraits, la mère Angélique Arnauld dont Champaigne a su bien rendre le calme mystique ou encore la grandeur sereine et impérieuse d'un Richelieu. C'est en musique qui tient une place si importante à la Cour que le goût classique se marque peut-être le plus nettement : musique d'église pour la chapelle royale où l'on chante tous les jours devant le roi et ses intimes un motet nouveau écrit par Couperin et que Louis XIV fait exécuter en dehors de la liturgie, ce qui nous montre encore une fois cette volonté constante d'apparat et de solennité qui le caractérise; musique des divertissements royaux où le goût classique est symbolisé par Lulli ou parmi les plus grands musiciens français par Couperin, Lalande. Lulli dont les ballets par l'importance des moyens mis en jeu, le faste des costumes et la perfection de la mise au point préfigurent l'opéra. Son uvre considérable rayonne depuis la France en Allemagne et en Angleterre sur les Purcell, Telemann, Bach même. Lalande impose quant à lui un style à la fois grandiose et sans raideur, aux rythmes franc et ardents soutenus par une écriture polyphonique d'une expressive souplesse, bien à l'image de la cour de Louis XIV. Concluons avec Madame de Sévigné qui décrit une soirée, pendant le mois de juillet 1676, à cette Cour, riche en contrastes et en couleurs, à cette Cour-emblème de la vie et de la pensée du siècle de Louis XIV :
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Bibliographie |
OUVRAGES GÉNÉRAUX HISTOIRE Bercé, Y.-M., Croquants et Nupieds. Les soulèvements paysans en France du XVIe au XVIIe siècle, Paris, Gallimard, coll. "Archives", 1974. Elias, N., La Société de Cour (1930), Paris, Flammarion coll. "Champs", préface de Roger Chartier, 1985. Legouis, P., Aspects du XVIIe siècle, Paris, M. Didier, 1973. Mandrou, R., L 'Europe absolutiste: raison et raison d 'État, 16491775, traduit de l'allemand, Paris, Fayard, 1977. HISTOIRE DE L'ART D'Ors, E., Du baroque, Paris Gallimard, 1935. Lebègue, R., De la Renaissance au classicisme, Paris, 1941. HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE Adam, A., Histoire de la littérature française au XVIIe siècle, 3 vol, Paris, Domat-Nontchrestien, 1949-1952. Bray, R., La formation et la doctrine classique en France, Paris, Hachette, 1931 Mornet, D., Histoire de la littérature française classique, Paris, Colin, 1950. Trudeau, D., Les inventeurs du bon usage (15291647), Paris, Éditions de Minuit, 1992. HISTOIRE DES IDÉES Apostolidès, J.-M., Le roi-machine : spectacle et politique au temps de Louis XIV, Paris, Éditions de Minuit, (Arguments), 1981. Benichou, P. , Morales du grand siècle, Paris, Gallimard, 1948. Hazard, P., La crise de la conscience européenne, Paris, Boivin, plusieures rééditions. Mousnier, R., Les institutions en France sous la monarchie absolue 15981789, P.U.F., 1974 et 1980. Sagnac, Ph., La societé et la monarchie absolue : 1661-1715, Paris, PUF, 1945. LOUIS XIV ET SON TEMPS Claude Villers raconte Louis XIV & Versailles / conception, Alain Baillon, Christian Cleres ; histoire racontee par Claude Villers ; textes, Christian Cleres, Paris : Arborescence, c1996. 1 CD-ROM ; 12 cm Bluche, F., La vie quotidienne au temps de Louis XIV, Paris, Hachette, 1994.
Fortement conseillé Corvisier, A., La France de Louis XIV : 1643-1715 : ordre intérieur et place en Europe, Paris, Societé d'édition d'enseignement supérieur, 1990. Du Crest, S., Des fêtes à Versailles : les divertissements de Louis XIV, Paris, Aux amateurs de livres, 1990. Méthivier, H., La France de Louis XIV : un grand règne, Paris, PUF, 1975. Smedley-Weill, A., Les intendants de Louis XIV, Paris, A. Fayard, 1995. Thireau, J.-L., Les idées politiques de Louis XIV, Paris, Presses universitaires de France, 1973. LOUIS XIV J. Aldebert, J., Louis XIV : le Roi-Soleil : 1661-1715; pref. de Pierre Miquel, Paris, Larousse, 1987. Erlanger, Ph., Louis XIV, Paris, A. Fayard, c1966. Déon, M., Louis XIV par lui-même / morceaux choisis du roi ; avec introd. et commentaires par Michel Déon. À lire obligatoirement : Louis XIV, roi de France, Le métier de roi + Memoires, Chatenay Malabry, Kerdraon, 1987. |
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| QUESTIONS |
Questions de compréhension et de lecture 1. En prenant l'exemple de la France, décrivez comment se manifeste l'inégalité sociale ? 2. Quelles sont les expressions de la splendeur du règne de Louis XIV ? 3. Caractériser l'idéal classique. 4. Faites le portrait de l'honnête homme. 5. Définir l'art baroque et en donner quelques exemples. 6. Caractériser la tradition classique en art et citer quelques grands noms qui l'illustrent.
Questions visant à dégager les enjeux philosophiques et politiques ? 1. En vous appuyant sur les textes cités dans ce cours, dégager les objets de la critique de La Bruyère 2. En vous appuyant sur les textes cités dans ce cours, caractérisez le type de gouvernement que Louis XIV met au point. 3. Résumer une des oeuvres au choix parmi les auteurs classiques cités dans ce cours et en apprécier brièvement l'intérêt. |
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Versailles VISITE VIRTUELLE DU CHÂTEAU DE VERSAILLES! LA FRANCE DE L'ANCIEN RÉGIME La monarchie absolue et son déclin Louis XIV, le Roi-Soleil Louis XIV |
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