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Galilée et la première révolution scientifique |
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Pour écouter l'émission (voir le guide de l'étudiant-e) | ||
La mécanisation du monde |
Depuis le xve siècle, le personnage du mathématicien calculateur s'impose dans la cité pour les besoins du commerce tandis que les artistes complètent la géométrisation de l'espace de la représentation picturale. À ces éléments ajoutons la présence de plus en plus vigoureuse des ingénieurs et autres inventeurs de machines, pour les besoins militaires, bien sûr, économiques aussi, mais également pour les besoins de distraction des princes. On songe ici à l'imagination de Vinci, qui conçoit des machines de siège, des fontaines avec leurs pompes, des parcs et jusqu'à des machinations théâtrales. |
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Kepler : la révolution inaperçue |
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Harvey et la circulation du sang |
Un autre exemple de cette alliance entre le calcul, non pas comme idéalité, mais comme manière d'appréhender la réalité nous est donné par Harvey. Ce médecin anglais, formé en partie à Padoue, après de longues observations (circa 1616) au tournant du siècle, avait assimilé le cur à un muscle qui se contracte et qui expulse, ce faisant, comme une pompe le sang qu'il contenait. Il eût l'idée de peser le sang contenu dans un ventricule pour s'apercevoir que le cur devait alors ainsi pomper environ 250 kg de sang par heure, ce que les veines ne pouvaient fournir. Il ne publia sa découverte de la circulation sanguine dans le De modu cordis qu'en 1628. Un peu plus tard, au milieu du siècle, Malpighi, grâce au microscope, établit les liens entre les artères et les veines. L'observation et la quantification devenaient ainsi une voie heuristique dans l'exploration du vivant. |
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Les instruments et la mesure |
Ce point de vue mécanique sur le monde n'est pas qu'une métaphore, il se réalise dans l'instrument qui médiatise la connaissance. Il est l'idéologie agissante d'un nouveau corps de métier qui s'avéra essentiel pour la poursuite de l'activité scientifique : celui des artisans professionnels qui conçurent et perfectionnèrent les générations d'instruments : le microscope et la lunette astronomique transformèrent le regard qu'on pouvait porter sur le monde. Et c'est justement la lunette astronomique qui allait établir la renommée de Galilée. |
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Les controverses: Galilée |
L'attitude polémique de Galilée.Galilée, bien que l'aîné de huit ans de Kepler, professeur de mathématiques à Pise, où il avait mené des expériences sur la chute des corps (demeurées un peu trop célèbres du haut de la Tour) et rédigé un court traité le De Motu, puis à Padoue à partir de 1592, ne commença à se signaler qu'en 1610 avec la publication de son Siderius nuncius. Ce " messager céleste " comporte le récit de la découverte des étoiles de la voie lactée, du relief lunaire et des satellites de Jupiter au moyen d'une lunette astronomique de sa réalisation. L'attribution de cette invention demeure disputée entre Anglais et Néerlandais... Galilée en fait le premier usage astronomique public; il l'utilise et découvre un nouveau monde : il s'agit grâce à la constitution de nouveaux faits empiriques de bousculer la cosmologie traditionnelle. Voici lévénement raconté par Galilée lui-même : Il y a environ dix mois le bruit parvint à nos oreilles qu'un habitant des Provinces des Pays-Bas avait fabriqué une Lunette grâce à laquelle des objets visibles, même situés loin de l'il de l'observateur, pouvaient être nettement discernés, comme s'ils étaient proches; de cet effet assurément merveilleux on rapportait quelques témoignages, auxquels les uns ajoutaient foi, mais que les autres niaient. Cette nouvelle me fut confirmée peu de jours après, par une lettre envoyée depuis Paris par le gentilhomme français Jacques Badovere; cela eut finalement pour conséquence que je m'appliquai entièrement à la recherche des principes ainsi qu'à la conception des moyens par lesquels je pourrais parvenir à l'invention d'un Instrument semblable; cette invention, peu après, en m'appuyant sur la théorie de la réfraction, je l'ai réalisée. Je me suis d'abord fabriqué un tube de plomb aux extrémités duquel j'ai adapté deux lentilles de verre, toutes deux planes d'un côté, mais l'une sphériquement convexe et l'autre concave du côté opposé ; ensuite, en approchant mon il de la lentille concave, j'ai vu les objets assez grands et rapprochés; de fait, ils apparaissaient trois fois plus proches et neuf fois plus grands que s'ils étaient seulement regardés à l'il nu Par la suite, je me suis construit un autre instrument, plus précis qui représentait les objets plus de soixante fois plus grands. Enfin, ne regardant ni au labeur ni aux frais, j'en suis arrivé à me construire un instrument d'une qualité si grande que les choses vues à travers lui apparaissent presque mille fois plus grandes, et plus de trente fois plus proches, que si elles étaient regardées par les seuls moyens naturels. Il dédie les satellites de Jupiter qu'il découvre à un riche protecteur, le duc de Florence Cosme II de Medicis, comme s'il en prenait possession en son nom. Texte 2, la dédicace. Puisqu'il en est ainsi, puisque c'est sous ton auspice, COME Sérénissime, que j 'ai exploré ces Étoiles inconnues de tous les Astronomes précédents, c'est de plein droit que j'ai décidé de leur imprimer le sceau du très Auguste nom de ta Race. Car, si je fus le premier à les découvrir, qui aurait le droit de me blâmer si je leur impose aussi un nom et les appelle ÉTOILES MÉDICÉENNES, dans l'espoir qu'autant de gloire, de cette appellation, advienne à ces Astres que les autres en apportèrent aux autres Héros. De fait, si l'on passe sous silence tes Ancêtres Sérénissimes, dont la gloire éternelle est attestée par les monuments que constituent tous les livres d'histoire seule ta vertu, Très Noble Héros, peut impartir à ces Astres t'immortalité du nom. Ces observations sont pour lui des confirmations de la théorie Copernicienne sur le mouvement de la terre. Texte 3 Voilà les observations des quatre Planètes* Médicéennes, récemment et pour la première fois découvertes par moi. A partir de ces observations, bien qu'il n'ait pas encore été possible de calculer les périodes des Planètes*, on peut à tout le moins énoncer quelques affirmations dignes d'attention. Et d'abord, puisque selon des intervalles semblables tantôt elles suivent, tantôt elles précèdent Jupiter, puisqu'elles ne s'éloignent de lui, aussi bien vers le levant que vers le couchant, que selon des écarts très étroits, et puisqu'elles l'accompagnent pareillement dans son mouvement rétrograde* et dans son mouvement direct*, personne ne peut douter qu'elles ne décrivent autour de lui leurs propres révolutions, tout en accomplissant, pendant ce temps, toutes ensemble un mouvement giratoire en douze ans autour du centre du monde. De plus, elles tournent en cercles inégaux : cela ressort clairement du fait qu'il n'est jamais possible de voir deux Planètes* réunies lors des éloignements les plus grands par rapport à Jupiter, alors que, lorsqu'elles sont proches de Jupiter, deux, trois et parfois toutes les Planètes* sont regroupées en même temps. On peut saisir, en outre, que les révolutions des Planètes* qui décrivent des cercles plus petits autour de Jupiter sont plus rapides" : en effet, les Étoiles* les plus rapprochées de Jupiter s'offrent plus souvent au regard à l'Orient quand le jour précédent elles étaient apparues à l'Occident, et vice versa. Mais la Planète* qui parcourt l'orbe le plus grand semble, à qui évalue soigneusement les retours notés cidessus, avoir des cycles bimensuels. En outre, nous tenons un argument excellent et lumineux pour ôter tout scrupule à ceux qui, tout en acceptant tranquillement la révolution des Planètes autour du Soleil dans le Système copernicien, sont tellement perturbés par le tour que fait la seule Lune autour de la Terre tandis que ces Planètes accomplissent toutes deux une révolution annuelle autour du Soleil , qu'ils jugent que cette organisation du monde doit être rejetée comme une impossibilité. En même temps Galilée révèle ainsi qu'il y a plus de corps céleste que n'en connaissaient les Anciens, que leurs savoirs étaient donc limités, ce qui allait scandaliser les tenants d'un aristotélisme dogmatique. Ces vérités que l'on découvrait non plus seulement dans les livres des Anciens n'allaient pas sans se heurter les vérités enseignées, le dogme. L'Église déjà aux prises avec les mouvements de Réforme était aux aguets. À cet égard Galilée fut celui qui allait porter le plus loin, en ce début du XVIIe siècle, cet idéal de découvertes, de mécanisation et de défi à l'autorité " omnisciente " ; porté par son succès on le retrouve à partir de 1610 à Florence comme philosophe du jeune Cosme II de Médicis dans une atmosphère beaucoup plus conservatrice qu'à Padoue. Et c'est à partir de ce moment que l'histoire bascule dans le récit des controverses...
Le développement des controversesÀ partir de ce moment, il semble que Galilée se trouva soumis aux remontrances, voir aux persécutions, de lÉglise. L'histoire peut-elle être simplifiée à ce point ? Tant d'intérêts s'entrechoquent qu'ils brouillent à jamais notre vision. Retenons comme interrogations principales :
Ces questions " simples " se greffent à des interrogations sur le statut philosophique de son uvre, en continuité ou en rupture avec la physique de l'impetus du Moyen-ge et sur ses relations avec l'Église et ses combattants intellectuels, les Jésuites et les Dominicains. Bref aucune réponse simple ne peut plus tenter d'expliquer tout Galilée, ni sa science (qui évolua dans le temps) ni ses escarmouches avec l'Église. L'affaire Galilée prend forme : c'est la controverse scientifique où sont inextricablement mélangées des questions théologiques, religieuses, philosophiques, politiques, sociales, épistémologiques et scientifiques (voir l'histoire documentaire dressée par M.A. Finocchiaro). La surcharge d'interprétations savantes ou vulgaires transforme même le cas Galilée en un exemple de folklore scientifique (T. Lessl, The Galileo Legend As Scientific Folklore (1999) 85: 2 Quarterly Journal Of Speech 146-168.). En 1610 Galilée se retrouve à Florence après la publication du Siderius Nuncius, le Messager des étoiles. Puis il fait un voyage à Rome, où il est élu à l'Académia dei Lincei. Il entretient une correspondance importante notamment avec le bénédictin Castelli. Celui-ci, en 1613, fait circuler une lettre que lui adressa Galilée ce qui entraîne l'intervention du Saint Office, l'autorité religieuse. C'est ce qui amène, après une sorte de procès, le décret de 1616 contre l'uvre de Copernic par la Congrégation de l'Index, la condamnation de l'héliocentrisme et la mise en garde personnelle du Cardinal Bellarmin à Galilée : on ne peut affirmer publiquement la vérité ce système. En 1619, d'ailleurs, l'Index publiera des " corrections " au traité de Copernic. Texte 4 Dialogue. La philosophie est écrite dans ce vaste livre constamment ouvert devant nos yeux (je veux dire l'univers) et on ne peut le comprendre si d'abord on n'apprend à connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. Or il est écrit en langue mathématique, et ses caractères sont le triangle et le cercle et autres figures géométriques, sans lesquelles il est humainement impossible d'en comprendre un mot. " S'ouvre alors à Rome en 1633 le ( pas tout à fait second) procès de Galilée devant le tribunal de l'Inquisition, procès qui se termine par l'abjuration de Galilée et sa condamnation à une peine que l'on peut assimiler à l'assignation à résidence...
Texte 5 l'abjuration Moi, Galilée, fils de Vincent Galilée, de Florence, en mon âge de 70 ans, cité personnellement en jugement et agenouillé devant vous, très Eminents et très Révérends Cardinaux, dans toute la République chrétienne contre la dépravation hérétique Inquisiteurs généraux, ayant sous les yeux les très Saints Evangiles, que je touche de mes propres mains, je jure que j'ai toujours cru, que je crois à présent et qu'avec l'aide de Dieu je crorai pour l'avenir tout ce que tient, prêche et enseigne la très Sainte Eglise Catholique et Apostolique. Mais parce que par ce Saint Office, pour avoir, après qu'il m'eût été intimé par une prescription' émanant de lui d'abandonner totalement la fausse opinion selon laquelle le soleil serait le centre du monde, et immobile, et la terre n'en serait pas le centre et serait mobile, et de ne tenir, défendre ni enseigner de quelque façon que ce fût, de bouche ni par écrit la dite fausse doctrine, et après qu'il m'eût été notifié que la dite doctrine est contraire aux Saintes Ecritures, pour avoir donc écrit et donné à imprimer un livre dans lequel je traite de cette même doctrine préalablement condamnée et apporte en sa faveur des raisons pleines d'efficacité sans avancer aucune solution, par ce Saint Office j'ai été jugé véhémentement suspect d'hérésie, c'est-à-dire d'avoir tenu et cru que le soleil serait le centre du monde et immobile, et que la terre n'en serait pas le centre et serait mobile. Galilée va mourir en 1642 non sans avoir publié en 1638 à Leyde au Pays-Bas, l'ouvrage qui fonde la physique moderne : les Dicorsi e dimostrazioni matematiche intorno a due scienze . Le savant, que l'Église pensait avoir muselé, prenait ainsi sa revanche pour la postérité.
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Bibliographie |
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Paris: Éditions du Seuil; 1992. Galileo Galilei, Dialogues / introd. de Giorgio di Santillana ; traduction de Paul-Henri Michel +Lettres choisies, Paris, Hermann, 1966. Galileo Galilei, Discours et démonstrations mathématiques concernant deux sciences nouvelles / introd, trad., notes et index par Maurice Clavelin . - Nouv. ed. rev. et augm -Discorsi e dimostrazioni matematiche intorno a due nuove scienze, Paris, Presses universitaires de France, 1995. Galilei, Galileo. Sidereus Nuncius = Le messager céleste // texte, trad. et notes établis par Isabelle Pantin. Paris: Les Belles Lettres; 1992. *Galilei, Galileo. Le messager des étoiles // traduit du latin présenté et annoté par Fernand Hallyn. Paris: Éditions du Seuil; 1992. À lire. Galilei, Galileo. L'essayeur de Galilée // Il saggiatore. Paris: Les Belles Lettres; 1980. ***La bibliographie des études sur Galilée est considérable et toujours en croissance : une trentaine de notices colligées dans la bibliographie publiée par la revue Isis pour chacunes des années 1996, 1997 ou 1998. Koyré, Alexandre. Études galiléennes. Paris: Hermann; 1966. Puis celui de Maurice Clavelin. Puis, quelques années plus tard le bilan de *Thuillier, Pierre. Galilée et l'expérimentation. dans Biezunski, Michel. La Recherche en histoire des sciences. Paris: Seuil; 1983, p.113-148. Cet article, publié dans La Recherche en avril 1983, date. Il constitue cependant une bonne introduction aux polémiques qui se sont développées à propos de l'oeuvre de Galilée et de ses relations avec l'église. À lire. Un ouvrage fouillé qui relança le débat au sujet des motifs de sa condamnation par l'église : Redondi, Pietro. Galilée hérétique / traduit de l'italien par Monique Aymard -Galileo eretico. Paris: Gallimard; 1985. Et pour terminer ces indications une mise au point récente : Festa, Egidio. L'erreur de Galilée [pref. de Maurizio Torrini]. Paris: Austral; 1995. *** Biagioli, Mario. Galileo, courtier : the practice of science in the culture of absolutism. Chicago: University of Chicago Press; 1993. Blackwell, Richard J. Galileo, Bellarmine, and the Bible : including a translation of Foscarini's Letter on the motion of the earth. Notre Dame, Ind.: University of Notre Dame Press; 1991. Campanella, Tommaso. A defense of Galileo : the mathematician from Florence : which is an inquiry as to whether the philosophical view advocated by Galileo is in agreement with, or is opposed to the Sacred Scriptures / translated with an introd. and notes by Richard J. Blackwell -Apologia pro Galileo. Notre Dame, Ind.: University of Notre Dame Press; 1994. Clavelin, Maurice. La philosophie naturelle de Galilée : essai sur les origines et la formation de la mécanique classique. Paris: A. Michel; 1996. Dessauer, Friedrich. De Galilée à nous : le scandale religieux de la science / traduit de l'allemand par Jean Lyon -Der fall Galilei und wir. Paris: Privat; 1968. Drake, Stillman. Galileo at work : his scientific biography. Chicago: University of Chicago Press; 1981. Finocchiaro, Maurice A. The Galileo affair : a documentary history. Berkeley: University of California; 1989. Galluzzi, Paolo. Galilée : l'experience sensible. Paris: Vilo; 1990. Lo Chiatto, Franco et Sergio Marconi, Galilée Entre le pouvoir et le savoir. Alinea, Aix, 1988 Levere, Trevor Harvey , ed; Shea, William R. , ed; Drake, Stillman. Nature, experiment, and the sciences : essays on Galileo and the history of science in honour of Stillman Drake. Dordrecht, Pays-Bas: Kluwer Academic; 1990. Maynaud, Pierre-Noël, S.J. La condamnation des livres Coperniciens et sa révocation à la lumière de documents inédits des Congrégations de l'Index et de l'Inquisition. Rome; 1997. Namer, Emile. L'affaire Galilée. 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Galilée, Naissance de la physique, Les Cahiers de Science et Vie, #2, avril 1991. *** Quelques mots sur la première partie du livre, du pamphlet, de Philippe Decourt, (Les vérités indésirables - Faut-il réhabiliter Galilée? Paris La vieille Taupe, 1989) qui soutient entre autres, sur la foi de l'ouvrage de Koestler, Les somnambules, que Galilée était paranoïaque ( p. 65-66) et que l'Église ne condamna jamais l'héliocentrisme ni ne mit le livre de Copernic à l'index ( voir sa conclusion en quatre points aux pages 126-127)! Verdict : "Ni sur le plan scientifique ni sur le plan moral, on ne trouve d'arguments pour légitimer la réhabilitation de Galilée." *** Cohen, I. Bernard. Puritanism and the rise of modern science : the Merton thesis. New Brunswick, N.J.: Rutgers University Press; 1990. |
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