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Historique des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et des médias interactifs à l’École des médias

 

Une tradition d’innovation

Les recherches en nouvelles technologies de communication occupent plusieurs professeurs à l’École des médias de l’UQAM depuis maintenant une trentaine d’années. On ne saurait passer sous silence le travail de chercheurs et pionniers en la matière.

Dès le début des années 70 et ce, bien avant les technologies numériques actuelles, Jean-pierre Boyer explorait la nature électronique de la vidéo et produisait ce qu’on a appelé des « images vidéo-synthétisées ». Entre 1972 et 1975, il réalise une série de vidéos dans lesquels la musique électronique de Pierre Henry et de Jean-Claude Risset génère des images qui forment le contenu de la bande vidéo. Il venait d’inventer le « Boyétizeur ». Cet instrument unique a été acquis pour ses archives par la Fondation Daniel Langlois pour l’art, la science et la technologie, ce qui démontre bien l’importance du travail de Boyer dans l’histoire des médias au XXe siècle.

En 1980, Michel Cartier expérimentait le système Platon et inventait le terme médiatique. En 1981, il «chattait» et envoyait des courriels avant même l’avènement d’Internet. Deux ans plus tard, il supervisait le projet télématique Agora, permettant aux citoyens de consulter des contenus visuels Vidéotex sur le câble. Déjà à cette époque, l’interface usager et l’ergonomie cognitive étaient au centre des préoccupations de M. Cartier.

Parallèlement, de retour du Groupe de Recherche Musicales (GRM) à
Paris, le professeur Philippe Ménard explore la création d’œuvres
interactives et met au point en 1986 un instrument de musique
interactif, le Synchoros.

En 1987, dans cette foulée de la recherche en nouvelles technologies, Gilles Zénon Maheu met sur pied le laboratoire J. A. De Sève consacré à l’hypertexte et à l’hypermédia. Dès lors, le thème de l’interactivité est proposé aux étudiants et étudiantes de la maîtrise. Cette notion d’interactivité dans le domaine de la relation personne-machine devient un sujet de recherche important à l’École des médias.

Le Département recrute alors un nouvel animateur pédagogique spécialisé en interactivité. Dany Beaupré, finissant de la maîtrise en communication, œuvrait déjà à l’UQAM dans ce domaine depuis 1984. Faisant toujours partie de l’équipe actuelle, il constitue en quelque sorte la mémoire de notre champ d’activité.

Dès la fin des années 80, Simon-Pierre Gourd dote le département du premier secteur audio entièrement numérique dans toutes les facettes de la création sonore, devançant non seulement les autres universités, mais aussi l’ensemble de l’industrie. Il prendra en charge tout le secteur audio des programmes médias et crée des œuvres diffusées ici et à l’international. Ensemble, messieurs Ménard et Gourd développeront le domaine de l’interactivité sonore pour les nouveaux médias.

Au baccalauréat, la création en médias interactifs est enseignée dès 1992. Des étudiants de Jean Décarie, figure de proue de la vidéographie au Québec et au Canada, réalisent Vanité, une œuvre de fiction interactive. Au deuxième cycle, plusieurs mémoire-productions sont déposés sous la direction des professeurs Maheu et Ménard. Des étudiants d’alors, Alain Mongeau, Éric Mattson et Bill Vorn, pour ne nommer que ceux-là, sont aujourd’hui des acteurs importants de la scène des nouveaux médias.

1994 est une année importante pour le développement du multimédia interactif à l’École des médias. L’arrivée d’un nouveau professeur dans ce secteur, Louis-Claude Paquin, a pour effet de dynamiser le groupe de professeurs qui sont déjà conquis à la cause des médias interactifs. C’est alors qu’est créé le Laboratoire de technologies interactives, laboratoire départemental dont M. Paquin est le directeur.

L’année suivante, sous la direction départementale de Jean-Paul Lafrance et la direction de programme à la maîtrise de Jean-Pierre Boyer, le premier programme de deuxième cycle en multimédias interactifs au Canada voit le jour. Plus d’une centaine de diplômes ont depuis été décernés. Le succès de ce programme pousse l’équipe de professeurs en médias interactifs à implanter une concentration au baccalauréat en communication (médias) dès 1997, alors qu’en 2000, Pierre-Léonard Harvey met sur pied un Diplôme d’études supérieures spécialisées en communauté virtuelle (communautique).

Se joindront à l’équipe deux nouveaux professeurs : d’abord Jean-François Renaud, un designer doté d’une importante expérience en image, puis Simon-Pierre Gourd, déjà chargé de cours en audio depuis plusieurs années au Département. De 2001 à 2003, Jean-François Renaud assumera la direction des études de premier cycle en médias. Le Département s’engage alors dans une importante refonte de ses programmes, ce qui entraînera l’ouverture du nouveau baccalauréat en communication (médias interactifs) à la session d’automne 2005.

Comme on peut le voir, la dynamique créée par les programmes en multimédia et le désir de pousser plus loin la recherche/création dans le domaine des nouveaux médias a eu un effet fédérateur. Par ailleurs, c’est avec l’appui de la doyenne de l’époque, Marquita Riel, que Louis-Claude Paquin parvient à regrouper des chercheurs/créateurs provenant de diverses disciplines : arts médiatiques, design, théâtre, communication et informatique. Ces efforts contribueront à la fondation de l’Institut Hexagram.

Aujourd’hui, l’École des médias peut compter sur quatre laboratoires consacrés aux pratiques de communication utilisant les nouvelles technologies et devient donc un exemple de cette harmonisation des ressources audiovisuelles et informatiques de l’UQAM. En tant qu’institution, l’UQAM peut affirmer une fois de plus sa différence dans l’exploration de nouvelles façons d’appuyer aussi bien la pédagogie que l’innovation.


Pour obtenir de plus amples informations à propos des Nouvelles technologies de communication (TIC), de la nouvelle économie et de la société de connaissance, vous pouvez consulter le site www.michelcartier.com, créé par le professeur Michel Cartier.