Le réchauffement du climat de la terre


Changement climatique

Définition :

La Convention Cadre de Nations Unies sur les Changements Climatiques définit les changements climatiques comme " les changements de climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine altérant la composition de l'atmosphère mondiale et qui viennent s'ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours de périodes comparables ".

Source : Evaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire (.pdf)  glossary, traduit par GreenFacts

 
L'effet de serre - processus           Un réchauffement continu de la terre           Températures, niveau de la mer, neige: des changements globaux    
Effets des changements climatiques           Observations des experts           Les actions réelles   

L'effet de serre

La plupart des radiations solaires traversent l'atmosphère et sont absorbées par la terre. Celle-ci est réchauffée par les rayons du soleil et réfléchit les radiations infrarouges qui réchauffent l'atmosphère. Les gaz à effet de serre, produits de l'activité humaine,  empêchent les rayons infrarouges de s'échapper vers l'espace; les molécules des gaz à effet de serre réfléchissent en effet la chaleur dans toutes les directions, en particulier vers le sol. Le résultat est le réchauffement de la surface de la terre et de la couche inférieure de l'atmosphère.

Ce processus rend possible la vie sur la terre (sans l'effet de serre, la température terrestre serait d'environ 15 degrés Celsius plus basse...)   mais son amplification récente, causée surtout par l'industrialisation et l'utilisation de combustible d'origine fossile, a conduit à une concentration sans précédent de gaz à effet de serre qui menace l'équilibre planétaire, la production alimentaire et l'approvisionnement en eau de populations importantes.

 

rechauffement.jpg (47138 octets)
 

1850 - 2008 : Un réchauffement continu


Anomalies de la
température moyenne à la
surface du globe, classées par ordre décroissant, pour
les cinquante années les plus chaudes de la période
récente (en médaillon, toujours classées par
ordre décroissant, les anomalies sont indiquées
à partir de 1850). La taille des barres correspond
à la marge d’incertitude des valeurs moyennes,
pour chacune des années considérées, avec un seuil
de confiance de 95 %. Le jeu de données de référence
est le HadCRUT3 (Brohan et al., 2006), qui combine
températures de l’air à la surface des terres et
températures de surface de la mer (SST). Il s’agit de
moyennes arithmétiques annuelles pondérées par
région.
(Source: Centre Hadley du Service météorologique
national et Section de recherche sur le climat de
l’Université d’East Anglia, Royaume-Uni).

Source :  Organisation météorologique mondiale, Déclaration de l'OMM sur l'état du climat mondial en 2007, Genève, 2008
Anomalies de température du globe


Onze des douze dernières années (1995-2006) se classent parmi les plus chaudes d'après les observations de température globale de surface (depuis 1850) (...) L'augmentation de température est généralisée à travers le globe et est plus grande aux latitudes nordiques. Les régions terrestres se sont réchauffées plus vite que les océans.
 Source :  Organisation météorologique mondiale, Climate Change 2007: Synthesis Report. Summary for Policymakers (Notre traduction)

Des changements globaux allant tous dans le même sens



"Le réchauffement climatique de la planète est désormais une certitude. Nombreuses sont les observations attestant de l’augmentation des températures de l’atmosphère et des océans, de la fonte généralisée de la neige et de la glace, et de l’élévation du niveau des mers". (Greenfacts, d'après le rapport du GIEC).

Source :  Organisation météorologique mondiale, Climate Change 2007: Synthesis Report. Summary for Policymakers
Changements globaux

Effets des changements climatiques dans le futur

 "Au cours du XXIe siècle, on prévoit de nombreux impacts sur les systèmes naturels. On s’attend, par exemple, à ce que des changements dans les précipitations ainsi que dans la fonte des glaces et des neiges augmentent les risques d’inondation dans certaines régions et provoquent des sécheresses dans d’autres. En cas de réchauffement important, la capacité des écosystèmes à s’adapter sera dépassée, ce qui entraînera des effets néfastes, comme l’accroissement du risque d’extinction d’espèces.

Les personnes les plus pauvres sont généralement les plus vulnérables, parce que leur capacité d’adaptation est moindre et que leurs moyens d’existence dépendent souvent de ressources qui sont liées au climat. 

L’Afrique est particulièrement vulnérable au changement climatique, à cause des pressions existantes sur ses écosystèmes et de sa faible capacité d’adaptation. Sur tous les continents, l’approvisionnement en eau et les menaces d’inondation qui pèsent sur les zones côtières poseront problème. Dans l’ensemble, l’impact futur devrait être négatif, bien qu’initialement certains effets bénéfiques soient également attendus, comme une augmentation de la productivité agricole dans les hautes latitudes accompagnant un réchauffement modéré, ou une diminution des besoins en chauffage dans les régions froides. 

Les impacts dépendront de l’ampleur de l’augmentation des températures. Par exemple, certaines cultures de moyennes et hautes latitudes verront leur productivité s’accroître si la température augmente localement de 1 à 3°C mais pâtiront d’une augmentation plus forte (...). Si des températures plus élevées persistent au-delà du XXIe siècle, cela pourrait avoir des conséquences très importantes. Par exemple, la forte montée du niveau des mers qui résulterait de la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique aurait des répercussions majeures sur les zones côtières. On s’attend à ce que le coût lié aux effets du changement climatique augmente avec le temps à mesure qu’augmentent les températures.

Au cours de ce siècle, la gravité et de la fréquence de sécheresses, vagues de chaleur et autres événements climatiques extrêmes devraient augmenter et causer des impacts majeurs ".

Extrait de Greenfacts Consensus Scientifique sur le Changement Climatique.  Mise à jour 2007

 

Déjà, en 1898...

 Pollueurs

Le défi écologique

Il y a déjà longtemps, en 1898, un scientifique suédois nommé Svante Ahrrenius avait prévenu que les émissions de dioxyde de carbone pouvaient conduire à un réchauffement planétaire. Mais ce n'est qu'à partir des années 70 qu'une meilleure compréhension des lois régissant l'atmosphère terrestre a donné plus de crédit à ce qui n'était jusque là qu'une obscure inquiétude scientifique.

Afin que les décideurs, et le grand public possèdent une meilleure vision des découvertes que les chercheurs étaient en train de réaliser, le Programme des Nations Unies pour l'environnement et l'Organisation météorologique mondiale ont créé le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), en 1988. Le GIEC a reçu mandat de procéder à l'évaluation de l'état des connaissances relatives tant au système climatique et à l'évolution du climat qu'aux stratégies de parade envisageables.

Le GIEC a publié son premier Rapport d'évaluation en 1990. Après une contre-expertise à laquelle des centaines de scientifiques, d'experts et de techniciens de premier plan ont apporté tous leurs soins, le Rapport a confirmé que le changement du climat était scientifiquement fondé. Cela est confirmé dans le rapport de 2007.

Évolution de la teneur atmosphérique en dioxyde de carbone, de l'an 800 à l'an 2000

evolco2.jpg (28829 octets)


Rapport d'experts sur l'évolution du climat - faits saillants

  • L'action humaine provoque un réchauffement du climat terrestre
  • Le réchauffement du climat aura des conséquences très dommageables sur l'environnement
  • La sécurité alimentaire, les ressources en eau de certaines régions sont mises en danger

 

evoltemp.jpg (59275 octets)

nNote en 2008 : Les prévisions de 1997 sont maintenant confirmées par les observations plus récentes.
Voici les conclusions auxquelles est parvenu le GIEC en 1997:


* Les émissions de gaz à effet de serre dues à l'homme devraient provoquer un rapide changement de climat. Le dioxyde de carbone (CO2) est généré par les combustibles fossiles et la déforestation. Le méthane (CH4) et l'oxyde nitreux (N2O) proviennent de l'agriculture, du changement d'affectation des sols, et d'autres sources. Les chlorofluorocarbones (CFC) et d'autres gaz y jouent également un rôle. En épaississant la "couverture" de gaz à effet de serre, les émissions anthropiques troublent le flux naturel d'énergie (venant du soleil et finalement renvoyé vers l'espace) qui commande le système climatique.

*Selon les modèles climatiques, les projections montrent, qu'en 2100, la la température planétaire aura augmenté de 1 à 3,5 degrés C, par rapport aux données actuelles. Ces projections sont basées sur les tendances actuelles des émissions et contiennent de nombreuses incertitudes, à l'échelon régional en particulier. Puisque le climat ne réagit pas immédiatement aux émissions de gaz à effet de serre, cette évolution va se poursuivre des centaines d'années après que les concentrations dans l'atmosphère se soient stabilisées. Pendant ce temps, il n'est pas possible d'exclure une transition climatique rapide et imprévue. Des signes révèlent déjà une amorce de changement.

* Une évolution climatique de cette magnitude aurait des conséquences dramatiques sur l'environnement planétaire. De manière générale, plus l'évolution est rapide, plus les risques de dommages sont élevés. Le niveau moyen des mers devrait s'élever de 15 à 95 cm en 2100, provoquant des catastrophes, notamment des inondations. Les zones climatiques (et, par conséquent, les écosystèmes et les zones agricoles) pourraient se déplacer vers les pôles de 150 à 550 km dans les régions de lattitude moyenne. Les forêts, les déserts, les prairies, et d'autres écosystèmes non exploités par l'homme sont susceptibles de devenir [selon leur situation] plus humides, plus secs, plus chauds, ou plus froids. En conséquence, de nombreux écosystèmes pourraient s'appauvrir ou se désagréger, et entraîner l'extinction d'espèces particulières.

* L'humanité devra affronter de nouveaux risques et de nouvelles pressions. La sécurité alimentaire ne devrait pas être mise en danger à l'échelon planétaire, mais certaines régions peuvent connaître des insuffisances alimentaires et la famine. L'évolution planétaire de la répartition des précipitations et de l'évaporation affectera les ressources en eau. Les infrastructures subiront des dommages, du fait particulièrement de l'élévation du niveau des mers, et de catastrophes qui devraient croître en nombre et en intensité dans certaines régions. Les activités économiques, les habitats, et la santé vont souffrir de nombreuses conséquences directes et indirectes. Face aux incidences négatives de l'évolution climatique, les pauvres sont les plus vulnérables.

* Les êtres humains et les écosystèmes devront s'adapter au futur régime climatique. Les émissions passées et présentes ont déjà engagé le monde dans une certaine évolution du climat au 21ème siècle. S'adapter à ce nouveau climat exigera une bonne compréhension des systèmes socio-économiques et naturels, de leur sensibilité aux changements climatiques, ainsi que de leur capacité à s'adapter. Il existe de nombreuses stratégies d'adaptation.

* Stabiliser les concentrations armosphériques de gaz à effet de serre exige un effort conséquent. Selon les tendances actuelles, l'impact climatique total de l'augmentation des niveaux de gaz à effet de serre équivaudrait à doubler les concentrations préindustrielles de CO2 en 2030, et à les tripler, ou plus encore, en 2100. Geler les émissions mondiales à leurs niveaux actuels reviendrait à repousser le doublement du CO2 à l'an 2100. Les émissions devraient finalement tomber à moins de 30% de leurs niveaux actuels pour que, dans l'avenir, les concentrations se stabilisent au double de leurs niveaux. Ces réductions devraient être effectuées en dépit de l'accroissement de la population et d'une économie mondiale en expansion.


Les actions réelles




Polluants
L'accord de Kyoto

On a beaucoup parlé de l'accord de Kyoto depuis le début des travaux - il y a au-dela d'une dizaine d'années - sur ce protocole visant à diminuer la production de  gaz à effet de serre. Les gouvernements comptaient parvenir à un accord sur "un protocole ou un autre instrument juridique" lorsqu'ils se sont réunis à Kyoto, du 1er au 10 décembre 1997. Si l'accord conclu était un protocole, on prévoyait qu'il ne deviendrait juridiquement contraignant qu'après avoir été ratifié par un certain nombre de pays, ce qui pourrait prendre deux ans, ou plus...

On disait alors que "À l'aube du 21ème siècle, la réussite de l'accord de Kyoto sera un signe convaincant en direction des marchés, des investisseurs et des consommateurs, et amorcera la transition vers des activités générant de plus basses émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, Kyoto constituera un pas d'importance majeure dans la poursuite d'une économie respectueuse du climat - un pas, sur ce qui promet d'être une très longue route"

La route s'est en effet révélée longue et ardue. 

Situation en 2008

Les lignes précédentes apparaissent maintenant bien optimistes. Parmi les faits les plus désolants, il y a le refus des États-Unis d'Amérique, très important pollueur - en fait jusqu'à tout récemment le plus gros producteur  de gaz à effet de serre - de ratifier le protocole, et la décision du Canada, sous le gouvernement  conservateur de S. Harper, de revenir sur des engagements pris (décision reliée à la production très polluante, dans l'ouest canadien, de pétrole à partir de sables bitumineux). À noter que la Chine est maintenant au premier rang des producteurs de gaz à effet de serre. Or le protocole de Kyoto n'oblige la Chine à rien d'autre qu'à mesurer et rapporter sa production de gaz à effet de serre.


 

En partie extrait de  Brève histoire de la Convention-cadre sur les changements climatique - Rappel à l'usage de la presse. Site Web Cop3_ Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (UNFCCC)