Denis Réale    

Recherches en cours

 

Accueil

Publications

Personnes

 

 

 

 

Ecologie évolutive du tempérament

 

Le tempérament peut être défini comme la présence, relativement consistante, de dispositions individuelles qui sous-tendent et modulent l'expression de comportements (de Buss et al. 1987. What is temperament. Child Development 58:505-529).

 

Selon leur tempérament, les animaux réagissent différemment à une situation nouvelle ou stressante. Ainsi certains individus auront tendance à explorer les frontières de leur habitat, alors que d'autres vont se cantonner à des espaces bien connus. Certains vont aller au devant des risques (prédateurs potentiels; objets ou situations nouveaux) alors que d'autres les éviteront. De manière étonnante, le tempérament commence à peine à attirer l'attention des écologistes et des biologistes évolutionnistes.

Nous cherchons à mettre mieux comprendre le rôle écologique et évolutif du tempérament. Nous tentons de mettre en évidence la variation interindividuelle de comportements, indiquant différents tempéraments (hardiesse et docilité) dans des populations naturelles. A l'aide d'une approche de génétique quantitative, nous estimons les influences génétiques et environnementales sur la variation phénotypique de ces comportements et mesurons les pressions de sélection naturelles ou sexuelles qui s'exercent sur ces traits.

Tempérament des tamias rayés

Depuis l'été 2003, nous travaillons dans des populations naturelles de Tamias rayés (Tamias striatus), de l'Estrie (Québec, Canada). Notre étude a pour but d'intégrer le tempérament dans un programme de recherche basé sur le suivi détaillé, de leur naissance à leur mort, d'individus connus, de façon à comprendre les capacités de réponses d'un population de petit mammifère à des changements contemporains de son environnement (ex: variation de la disponibilité en ressources trophiques naturelles et artificielles).

Personnes sur le projet: Pierre-Olivier Montiglio

Collaborateurs: Dany Garant, Murray Humphries Don Kramer & Don Thomas

Tempérament des brebis d'une population de mouflons d'Amérique

 

Nos recherches ont mis en évidence l'existence d'une base génétique à la variation de ces traits dans la population de mouflons d'Amérique (Ovis canadensis) de Ram Mountain, Alberta, Canada. Certaines femelles sont plus dociles ou sont capables de prendre plus de risques (elles entrent plus facilement dans l'enclos de capture). D'autres femelles jouent un rôle de meneur dans le groupe. D'autre part, nous avons mesuré la sélection naturelle s'exerçant sur la docilité et la hardiesse. Les femelles hardies sont moins sensibles à la prédation par le puma (Puma concolor), se reproduisent plus précocement, et sèvrent un plus grand nombre d'agneaux au cours de leur vie, que les femelles timorées. Tout porte à croire que ses comportements pourraient évoluer rapidement dans une population naturelle.

 

Collaborateurs: Marco Festa-Bianchet & Dave Coltman

Pour en savoir plus sur les mouflons: http://mouflons.pvp.ca

 

 

Dépression de consanguinité et comportements

chez la souris sylvestre

Malgré la croyance populaire, la consanguinité ne se traduit pas systématiquement par des effets néfastes. On sait notamment que les traits morphologiques sont moins sensibles à la consanguinité que les traits d’histoire de vie, du fait de leurs structures génétiques différentes. Par contre, très peu d’études ont étayé les effets de la consanguinité sur les comportements et sur les capacités cognitives, malgré l’importance écologique et évolutive de ces traits et leur intérêt en psychologie. Notre projet vise donc à mesurer les effets potentiels de la consanguinité sur des traits comportementaux et cognitifs d'une population de souris sylvestres (Peromyscus maniculatus) en captivité. Nous testons également si la dépression de consanguinité peut être modulée par l’environnement physique dans lequel se développent ces souris.

Personnes sur le projet: France Landry & Leila Turki

 

 

Écologie génétique du mouflon

introduit dans l'archipel de Kerguelen

 

En biologie des populations, l’effet fondateur (création d’une nouvelle population par un faible nombre d’individus) a pour conséquence attendue une réduction de la diversité génétique et une augmentation du taux de consanguinité qui peuvent affecter les individus de deux manières : d’une part par une diminution de la reproduction et de la survie, d’autre part par une limitation du potentiel évolutif du fait d’une diversité génétique réduite. La population de mouflons (Ovis gmelini) de l’île Haute dans l’archipel de Kerguelen a été fondée en 1957 par deux individus seulement et en compte à l’heure actuelle de 250 à 750 (démographie cyclique) suivant les années. Elle représente donc un cas d’étude exceptionnel pour la compréhension de l’effet fondateur sur la diversité génétique et ses conséquences évolutives. A l'aide de prélèvements réalisés depuis l'introduction jusqu'à nos jours, nous analysons l'histoire génétique de la population et les mécanismes affectant sa diversité génétique.

Personnes sur le projet: Renaud Kaeuffer

Collaborateurs: Jean-Louis Chapuis, Dave Coltman & Dominique Pontier

Recherches passées

Génétique quantitative des traits d'histoire de vie dans une populations de mouflons d'Amérique

Collaborateurs: Marco Festa-Bianchet & Jon Jorgenson

Réponses évolutive et plastique d'une population d'écureuils roux (Tamiasciurus hudsonicus) face aux changements climatiques

Collaborateurs: Stan Boutin, Dominique Berteaux & Andrew McAdam

 

Génétique quantitative des comportements d'oviposition du grillon (Gryllus firmus) / Dépression de consanguinité et asymmétrie fluctuante

Collaborateurs: Derek Roff