
Séminaires
du CEPS 2008
Agir à contre-courant pour transformer le monde : impacts
et défis de l’engagement
Thématique générale de la série
de séminaires sur l’engagement :
Le
slogan de Margaret Thatcher – there is no alternative
(au néolibéralisme) – semble être
devenu une évidence incontestable. Et avec cette « évidence » s’est
imposée la conviction que peu importe les conditions
initiales de chacunE, la mobilité sociale et le succès économique
sont toujours accessibles; que le pouvoir est diffus et que
tout le monde peut y avoir accès; que la compétition
pour l’obtention des ressources économiques et
politique est ouverte et équitable. De même, la
compétition, la responsabilité individuelle,
la propriété privée, le consumérisme,
la croissance économique, le marché libre, la
privatisation des services publics, l’augmentation des
dépenses de sécurité nationale, la guerre
aussi, sont considérés comme aussi nécessaires
et inéluctables que les lois de la physique.
Que
nous travaillions pour des communautés, dans des
universités, des syndicats, au sein de la scène
culturelle ou à l’intérieur de structures
et programmes étatiques, nous évoluons dans un
monde où il est difficile de contester ces fausses évidences
et d’engager des transformations sociales pour une société plus
juste, plus équitable et plus démocratique
Hérétiques, gauchistes, radicales et radicaux,
militantEs, moralistes, subjectivistes… sont quelques-uns
des termes employés pour dénoncer l’engagement
d’acteurs et d’actrices qui tentent de débusquer
ces mythes et qui suggèrent d’autres façons
d’envisager la nature humaine et les sociétés
contemporaines. A ce moment de l’histoire, nous nous
devons d’écouter ces voix du changement.
Comment
ces personnes mettent-elles en pratique leur engagement ?
Est-il toujours possible de créer et de défendre
des espaces, des opportunités, des pratiques autonomes
qui contestent les relations de pouvoir et le capitalisme?
Par
une série de séminaires nous vous proposons
d’aborder ces questions, d’analyser le contexte
politique, économique et social actuel et, surtout,
d’explorer comment ceux et celles qui travaillent à changer
le monde le font – que ce soit en luttant contre la poursuite
du colonialisme ici et ailleurs, en travaillant à transformer
la vie communautaire, en développant des alliances ou
des pratiques novatrices à l’intérieur
des institutions publiques ou en cherchant à promouvoir
et mettre en place des idées et des pratiques culturelles
alternatives.
Chaque
séminaire accueillera tout d’abord unE
invitéE qui introduira le sujet et le contexte, puis
trois intervenantEs travaillant à changer le monde autour
d’eux, dans des contextes variés. Ces trois personnes
seront invitées en particulier à présenter
les contradictions, les obstacles, les défis auxquels
ils et elles font face dans leurs activités quotidiennes,
que ce soit sur le plan interne (rapports de pouvoir, limites
de la démocratie, confrontation des idées) ou
sur le plan externe (rapports aux groupes alliés, aux
idéologies différentes, aux médias, au « public »).
Finalement, nous espérons connaître ce qui les
motive et leur donne le courage de continuer à lutter
pour des initiatives de changement social qui soient autonomes
des acteurs dominants.
Calendrier
et programmation (vendredis de 15h à 17h)
Mai : Sortir du projet colonial
Juin : Vie de quartier : le local en question
Octobre : Transformations sociales : quelle marge de manœuvre
dans les institutions publiques?
Novembre : Faire de l’action culturelle un espace de
liberté
***
Détails concernant le Séminaire
1 : SORTIR DU PROJET COLONIAL
Date
: le 16 mai de 15h à 17h
Responsables : Myriam Beaudry et Anna Kruzynski
Lieu : Café Sarajevo, 6548 St-Laurent.
Thématique
:
Dans les pays riches, au sein de la mouvance altermondialiste,
la tendance qui domine veut gagner une place pour la « société civile » à la
table des grandes institutions pour faire valoir leurs revendications
pour une mondialisation à visage humain. Or certaines
franges plus marginales s’opposent à cette stratégie,
cette vision. Elles considèrent que la mondialisation
néolibérale n’est qu’une poursuite
d’un projet de colonisation capitaliste du bien commun
et des peuples. Que toute négociation avec les porteurs
d’un tel projet, toute participation au modèle
de gouvernance établi par les grands de ce monde,
viendrait légitimer un processus qui est pourri à sa
racine. Ce sont des actrices et acteurs de cette dernière
tendance qui viendront partager leurs expériences
de lutte contre le néocolonialisme et l’état
de leurs réflexions sur les défis et contradictions
auxquels ils et elles sont confrontéEs.
Les
noms des invitéEs seront annoncés bientôt!
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