Pionnières de la lutte des femmes
JOSÉPHINE MARCHAND-DANDURAND
Journaliste et conférencière, JOSÉPHINE MARCHAND-DANDURAND (1861-1925) publiera des articles dans de nombreux périodiques et défendra, sur plusieurs tribunes, la place et les droits des femmes dans la société. Elle revendiquera un élargissement de leur rôle social et militera en faveur de l’accès des femmes à l’enseignement supérieur et aux professions libérales. En 1892, elle crée une des premières revues féminines à Montréal, Le Coin du feu (1892-1896) dans lequel elle fait connaître les actions entreprises par les féministes québécoises et canadiennes. En 1902, elle participe à la fondation du Comité des dames patronnesses de la société Saint-Jean-Baptiste, et en 1907 de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste. Il importe de voir ce que signifie pour notre pays ce terme vague, d’invention moderne : « le féminisme ». Il importe aussi de nous rendre compte que si le nom est nouveau, l’œuvre qu’il représente ne l’est pas autant qu’on le pense. Il serait malaisé pourtant de le définir exactement parce qu’il n’a pas de programme fixe et que ses tendances varient selon les pays. En tout cas, c’est une force qui ne demande qu’à être dirigée. […] |
CARRIE MATILDA DERICK
Botaniste, connue principalement pour avoir été la première professeure d'université au Canada, en 1912, CARRIE MATILDA DERICK (1862-1941) est une femme dont l’implication féministe dépasse largement son seul parcours universitaire. « Tout en menant une vie universitaire bien remplie et parfois difficile, Mme Derick se révèle une militante très engagée dans les revendications sociales. Elle s'intéresse particulièrement au droit de vote et à l'enseignement pour les femmes, mais bien d'autres causes mobilisent aussi ses énergies durant toute sa vie à en croire cette liste, très partielle, des organisations au sein desquelles elle a milité : Local Council of Women (Montréal), Protestant Committee of the Council of Education, American Association for the Advancement of Science, Montreal Suffrage Association, National Council of Education, Federation of University Women of Canada et Montreal Folklore Society ». |
MARIE LACOSTE GÉRIN-LAJOIE
Il semble que ce qui nous a manqué, à nous les femmes, c’est cette action concertée, ce travail collectif et raisonné d’une classe consciente d’elle-même, qui se saisit, revêt une personnalité morale, s’organise, se hiérarchise, dégage les personnalités puissantes qui sont dans son sein, les place à sa tête et imprime ainsi à tout le corps l’élan, l’impulsion d’une pensée dirigeante, vigoureuse et soutenue […] |
ÉVA CIRCÉ-CÔTÉ
Journaliste, écrivaine, ÉVA CIRCÉ-CÔTÉ (1871-1949) est co-fondatrice de la Bibliothèque municipale de la ville de Montréal (1903) dont elle sera la bibliothécaire adjointe jusqu’en 1932. À l'âge de 30 ans, Éva Circé-Côté se lance dans le journalisme en utilisant un pseudonyme d'homme - le plus souvent celui de Julien Saint-Michel. Féministe, socialiste et libre-penseure, elle dénonce « les injustices économiques et sociales et fait la promotion de la condition féminine » et de l’éducation obligatoire. Elle profite de la liberté que lui procurent ses noms d’emprunt pour réclamer l’égalité des sexes, un salaire égal pour un travail égal et « le suffrage féminin, pour fustiger le racisme, et pour défendre les droits des travailleuses, des travailleurs et de leurs enfants » (Lévesque, 1992: 149) de même que pour contester la notion de « chef de famille ». Pourquoi les femmes qui font un travail aussi pénible que les hommes ne seraient-elles pas aussi bien rémunérées ? La question féministe est devenue une question économique. La femme aujourd’hui ne réclame plus le droit au travail et l’on prévoit qu’avant peu elle demandera à grands cris le droit au repos. Ce qu’elle doit exiger, c’est à travail égal, salaire égal […] |
IDOLA SAINT-JEAN
Politicienne, professeure de diction et militante active, IDOLA SAINT-JEAN (1880-1945) relancera en 1927 le débat sur le suffrage féminin en fondant l'Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec. En collaboration avec les militantes de la Ligue des droits de la femme, présidée par Thérèse Casgrain, elle mènera la longue lutte des suffragettes qui présenteront pas moins de quatorze projets de loi, avant de voir sanctionner, avec l’appui du premier ministre Joseph-Adélard Godbout, le projet de loi 18 qui, le 25 avril 1940, mettra fin à la discrimination électorale à l’égard des femmes. Avant même que les femmes puissent voter au Québec, Idola Saint-Jean se présentera aux élections fédérales de 1930 dans le comté de Saint-Denis (Dorion). Le féminisme est le « moyen pour assurer à « plus de la moitié du genre humain, une liberté nécessaire au plein développement de la personne de la femme qui secoue des chaînes à jamais séculaires et qui, dans une humanité en faillite, veut coopérer à une restauration qui ne peut s'obtenir que grâce au respect des droits de chacun et à un idéal fait de justice de compréhension et d'amour calqué sur le sublime contrat social que nous a laissé le Maître des Maîtres dans le Sermon sur la Montagne. |
LAURE GAUDREAULT
Pionnière du syndicalisme enseignant, Laure Gaudreault consacrera sa vie à l’avancement de la cause des institutrices québécoises. Initiatrice du premier syndicat d’institutrices, la Fédération catholique des institutrices rurales, elle fonde également La Petite Feuille, premier journal syndical féminin voué à la mobilisation et à la défense des droits des femmes. Son militantisme et son audace sont à l’origine de la naissance du syndicalisme enseignant au Québec. |
THÉRÈSE CASGRAIN
Membre fondateur du Comité provincial pour le suffrage des femmes en 1921, THÉRÈSE CASGRAIN (1896-1981) fait campagne pour les droits sociaux, politiques et économiques des femmes jusqu’en 1940. Elle participe notamment à la mise sur pied de la Ligue des droits de l'Homme, en 1960, et de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), en 1966. Oui, ce fameux droit de vote ! […] En somme, ce n’est pas une faveur que nous réclamons à nos antagonistes, mais un droit. Puisque le suffrage universel existe, pourquoi défranchiser une moitié de l’humanité au profit de l’autre. |
MADELEINE PARENT et LÉA ROBACK
Syndicalistes, militantes pour la paix et féministes MADELEINE PARENT (1918) et LÉA ROBACK ( 1903-2000) ont été des figures de proue de l’organisation syndicale des travailleuses et travailleurs du textile au Québec et au Canada dans les années quarante et décennies subséquentes. Liées par une forte amitié, elles lutteront l’une et l’autre inlassablement tout au cours de leur vie et dans différentes sphères du social pour l’obtention d’une plus grande justice sociale pour toutes et tous et apporteront leur indéfectible soutien aux luttes du mouvement des femmes. |
SIMONE MONET-CHARTRAND
Féministe, pacifiste, animatrice sociale et écrivaine SIMONE MONET-CHARTRAND ( 1920-1993) participera à de nombreuses luttes sociales tout au cours de sa vie. Elle sera cofondatrice de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), du mouvement pacifiste Voix des femmes et du Mouvement pour le désarmement nucléaire. En 1978, elle participera à la fondation de l'Institut Simone de Beauvoir consacré aux études féministes. […] il faut que les femmes y soient actives [en politique] et qu’elles luttent pour être admises de plain-pied à toutes les instances exécutives et administratives des partis politiques et du gouvernement. Ce ne sera pas facile à réaliser […]. Ce qui importe, c’est de créer la possibilité et le désir d’autonomie, qui passent tous deux par l’économique. Ma vie comme rivière, Tome 4, p. 37.
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CLAIRE BONENFANT
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