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Exposition Visages
de la retraite |
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| FILIATION : Accueil > Comités et initiatives > Visages retraite MISE-À-JOUR : 2007-02-11 17:02 | ||||||
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Pierre-Yves Paradis
Je suis retraité, je n’ai donc plus à répondre à qui que ce soit. Je suis complètement autonome, je ne fais que ce que je veux, un authentique bénévole. Comme je suis en santé, (on m’a réparé, je dispose de toutes mes facultés) qu’est-ce que je vais faire ? Car il faut faire quelque chose, l’oisiveté est la mère de tous les vices et surtout du plus dangereux de tous : l’ennui. Quand l’âge m’a rattrapé, j’ai planifié, bien avant de prendre ma retraite, une occupation qui pourrait m’intéresser jusqu’à ma mort : la relecture, dans le texte original, des œuvres d’Aristote, et pour commencer celle du Peri Psukè, puisque c’est celui des textes de sciences naturelles qui reste le plus d’actualité. Relire dans le texte me permettrait de vérifier finalement pourquoi je reste toujours si mal à l’aise devant les traductions, même les meilleures. Lire dans le texte original, sans le dictionnaire, n’est pas simple quand on n’a pas fait de grec depuis le collège, et pourtant c’est fascinant, avec de bonnes traductions qui ne sont utilisées que pour retrouver la construction grammaticale grecque avec toutes les différences que cette grammaire a avec la grammaire latine et avec les grammaires contemporaines. On redécouvre ainsi la façon dont Aristote a exprimé ses idées et surtout quels sont les radicaux qu’il choisit pour dire ce qu’il pense et nous permettre ainsi de voir comment il a construit sa pensée. C’est un travail de moine, mais c’est passionnant ce qu’on découvre dans la plus anodine des phrases. C’est l’œuvre que je retrouve quand rien d’autre ne m’occupe bénévolement. Car je me suis laissé attirer par l’assistance aux étudiant(e)s, ce qui a occupé facilement une journée par semaine, si on tient compte de la rencontre avec l’étudiant (e) et de l’analyse des travaux. Je me suis aussi laissé prendre
par la « défense » du
rôle des vieux dans notre société.
Comme plusieurs autres, je constate
que beaucoup, dans leurs entreprises
d’amélioration de notre
société, confondent
le vieillissement de la population
avec
le vieillissement
des personnes. Il faut plutôt
bien constater que les vieux d’aujourd’hui
restent plus jeunes beaucoup plus
longtemps que leurs ancêtres
et qu’ils représentent
une ressource humaine importante.
Travailler avec des confrères
retraités, à développer à l’UQAM
des activités pour ces jeunes
vieux, m’a tenu occupé de
deux à trois jours par semaine
ces dernières années. Pour faciliter ce mois à l’étranger, rien de tel qu’un échange de maisons avec des amis, ce qui implique que l’on dispose d’une maison de vacances qui a aussi ses attraits. Notre premier projet de retraite a été de construire, pour les enfants et les amis, une telle maison, en bord de mer, aux Îles-de-la-Madeleine. Et nous refaisons le plein de bon air marin et de contacts chaleureux avec les madelinots durant les mois d’été. C’est en ces trois périodes que s’organisent mes années. Et comme tout cela est fait parce que je le veux bien, il me reste du temps pour lire d’autres livres que ceux d’Aristote et de sortir avec des amis. Pierre-Yves Paradis |
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