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Présentation de cette rubrique
Responsables : Gilles L. Bourque et Pierre Langlois

Informations que nous avons colligées et que nous mettrons à jour chaque mois. Les nouveautés du mois porteront l'icône "nouveau". Les anciennes informations resteront sur la page pour sa consultation. Merci pour toute nouvelle information ou suggestion.

  • Pouvoir et contre-pouvoir à l’ère de la mondialisation nouveau.gif (222 octets)
    de Ulrich Beck, Aubier, 2003

Coincés entre les acteurs économiques privés et la société civile mondiale, les États ne sont pas amenés à disparaître pour autant croît le sociologue allemand Ulrich Beck. Ils ont les moyens de reconquérir du pouvoir en contrant le capital et en s’alliant avec la société civile. Ils disposent à cet effet de plusieurs stratégies. Il leur faut montrer qu’ils sont indispensables, que la démocratie et la culture par exemple, ne peuvent être laissées aux mains de la logique économique. Ils doivent reréguler, dé-privatiser certains domaines, chercher à intensifier la concurrence versus les oligopoles et les monopoles, et enfin proposer des projets politiques et savoir faire rêver. Source : Alternatives économiques

  • Les multinationales et la mise en concurrence des salariés nouveau.gif (222 octets)
    Claude Pottier, L'Harmattan, Paris, 2003

Contrairement à la théorie néolibérale, pour qui l'abondance du facteur travail explique et justifie les délocalisations d'activités productives vers les pays à faible coûts salariaux, l'ouvrage de Claude Pottier part de la volonté des firmes multinationales d'utiliser pleinement à leur profit les disparités entre les pays avancées et les pays "retardataires". A travers des études sectorielles très fouillées et des analyses différenciées des stratégies des firmes américaines, européennes et japonaises, il montre que les multinationales ont réussi à se constituer des zones d'extension de leur production, et cela globalement au détriment du facteur travail. L'étude du cas japonais prouve cependant que l'intégration des pays d'Asie du Sud dans le réseau productif japonais a fortement contribué à la croissance de ces pays. En règle générale, les firmes "développent à la fois des stratégies d'innovation réglées par la concurrence hors coût, et, pour les produits arrivés à maturité, des stratégies de production de masse dont l'axe central est la diminution des coûts". Enfin, l'ouvrage examine non seulement les formes de la mise en concurrence des salariés, mais aussi les questions des régulations du rapport capital/travail. Un ouvrage important par son apport empirique et théorique sur les effets sociaux de la mondialisation. Source : Le Monde diplomatique

  • L’Empire face à la diversité nouveau.gif (222 octets)
    Sami Naïr, Hachette Littératures, 2003

Au coeur du mouvement altermondialiste gît un débat, aussi profond qu'il est feutré, auquel le sociologue Sami Naïr contribue par son dernier ouvrage. Ce débat porte sur la façon la plus efficace de s'opposer au nouveau capitalisme globalisé qui, selon Naïr, s'étend désormais aux dimensions d'un " empire marchand ". Si l'américanisation - " impérialisme dans l'empire " - donne un visage à ce processus, on ne saurait toutefois confondre ce " système-monde " avec l'hégémonisme nord-américain, précise l'auteur. Pour les uns, l'antidote, c'est la reconstitution d'une " internationale " nouvelle qui, de contre-sommet en contre-sommet, organise la résistance au néolibéralisme par la constitution d'une société civile, elle aussi mondialisée. Pour les autres - et Sami Naïr, est de ceux là - " L'Etat nation reste le principal instrument de défense ". La preuve ? " S'il y a un endroit au monde où l'on ne perd pas son temps en stériles palabres sur la "crise" ou la "fin" de l'Etat nation, c'est bien aux Etats-Unis. La question est de savoir comment on va prendre "en charge" le monde ", précise-t-il. La solution pour restaurer la diversité et l'égalité face à la toute puissance des Etats-Unis passe également par l'Europe, si possible alliée à un pôle russe où serait achevée enfin la " transition démocratique ".

En 42 chapitres courts et pédagogiques, l'ouvrage dresse le tableau alarmant d'un système qui déconstitue les identités sociales et les solidarités de classes. Un système qui ne laisse plus au citoyen que le choix dérisoire entre la solitude de l'individu et la hiérarchie ethnique. Aux analyses inspirées du marxisme, se superposent des références critiques plus récentes. Des proches d'Attac par exemple, Susan George et l'économiste René Passet, à l'historien marxiste américain Immanuel Wallerstein, au philosophe Albert Hirschmann ou au sociologue Zygmunt Bauman. Source : Le Monde

  • L’édit de Caracalla ou plaidoyer pour des Etats-Unis d'Occident par feu Xavier De C***
    Régis Debray, Fayard, 2002 nouveau.gif (222 octets)

Et si l'Europe et les États-Unis fusionnaient pour former les États-Unis d'Occident? De toute façon, le Vieux Monde est culturellement américanisé et n'est plus qu'une province de l'Empire américain. Telle est la proposition, fondée sur une série de constats désabusés, qu'ose faire Xavier de C*** dans une lettre à son confrère de classe Régis Debray. Xavier serait un ancien haut fonctionnaire français ayant décidé de se mettre au service des États-Unis et de demander sa citoyenneté. Debray, écrivain, ancien compagnon d'armes du Che, d'Allende et de Mitterrand, dit avoir traduit de l'anglais la fameuse lettre. Il la publie non sans lui adjoindre une réponse. Mais Xavier, c'est en fait Debray, qui s'offre ici un débat imaginaire sur la marginalisation et le déclin de l'Europe face aux États-Unis, Rome contemporaine. Debray dialogue avec lui- même, avec une partie de lui- même qu'il réfute (pas d'accord avec la solution proposée) mais qu'il assume aussi (visiblement d'accord avec le diagnostic - pourtant bien rapide). Il s'en explique dans une postface en forme d'épitaphe. Source : Le Devoir

  • Fear's Empire: War, Terrorism, and Democracy nouveau.gif (222 octets)
    de Benjamin Barber, W.W. Norton & Company, 2003

  • Incoherent Empire nouveau.gif (222 octets)
    de Michael Mann, Verso Books, 2003

  • The Sorrows of Empire. How the Americans lost their country, nouveau.gif (222 octets)
    de Chalmers Johnson, Metropolitan Books, (à paraître)

Les États-Unis et leur nouvelle politique unilatérale, marquée par leur offensive militaire contre l'Irak, exercent une fascination critique. Alors que juste après les attentats du 11 septembre, une vague de sympathie et de compassion, était de mise partout dans le monde, l'atmosphère est aujourd’hui toute différente. La nouvelle politique extérieure des États-Unis et ses théories d'offensives préventives contre les États voyous ont provoqué une vague de critiques sur toute la terre. Parmi les détracteurs, toute une série d'éminents politologues américains passent au crible la politique néoconservatrice du gouvernement de George W. Bush. Les attentats ont provoqué un changement radical dans la politique étrangère des É.-U., notent ces politologues critiques. S'appuyant jusqu'ici sur un réseau d'alliances de part le monde, les É.-U. ont maintenant seulement confiance en eux-mêmes. Et les détracteurs de prévenir: l'arrogance vient avant la chute. Selon Benjamin Barber, les É.-U. font preuve d'une volonté d'expansion irrésistible qu'ils justifient par leur crainte pour leur propre sécurité. Ils tentent de se protéger en répandant tout autour d'eux la peur.

  • Quand les sumos apprennent à danser, la fin du modèle japonais nouveau.gif (222 octets)
    Jean-Marie Bouissou, Fayard, 2003

Le Japon va-t-il renaître de ses cendres ? Le moment est décisif, celui où le pire et le meilleur du modèle japonais rivalisent, comme l'analyse Jean-Marie Bouissou, expert de l'Archipel. Pour les Occidentaux, son avenir se lit toujours à travers le prisme des années 1960 et 1990. Lorsqu'il a montré sa stupéfiante capacité à accéder au rang de deuxième puissance économique mondiale tout en développant un type de société parmi les plus égalitaires de la planète. Mais la chute a été aussi imparable qu'inimaginable pour nos compteurs de société régulée. Quand tout nous sépare de cette politique économique vouée en priorité à accroître la cohésion nationale, bâtie sur une forte interaction entre les différentes élites et où l'Etat se décharge radicalement de la protection sociale sur les entreprises, grandes ou petites.

" Sous la pression de la mondialisation, le processus de décision a disjoncté à tous les niveaux. Il en est résulté un blocage presque total qui explique l'étrange impuissance dont le gouvernement et l'administration font preuve face à la crise ", analyse l'auteur. La relation de fascination-répulsion avec les Etats-Unis est perpétuellement sous-jacente. La rivalité extrême avec une Chine au développement fulgurant, aussi. On en arrive à la question finale : quels futurs pour le Japon ? " Grand Rebond, Suisse de l'Asie ou fin de l'Empire ? " Le mystère demeure quand de surcroît la destruction massive des immenses richesses de l'Archipel semble finalement affecter aussi peu la marche du globe. Mais quel potentiel. Source : Le Figaro Économie

  • Notre première mondialisation nouveau.gif (222 octets)
    Suzanne Berger, Seuil, 2003

C'est en partant de la première internationalisation de l'économie, cette mondialisation qui s'est jouée entre 1870 et 1914, que Suzanne Berger, professeur de sciences politiques au MIT, tire les leçons de ce qu'elle appelle un " échec oublié " : quand la révolution des transports et des technologies se fracasse sur les marches de la Grande Guerre. Certes, les situations ne sont pas identiques. Mais l'intérêt est d'utiliser " un précédent historique pour examiner d'un oeil critique l'idée selon laquelle les différentes options politiques qui s'offrent aux sociétés seraient rigoureusement limitées par les transformations de l'économie internationale ". La leçon est moins pessimiste qu'annoncé : la première mondialisation a laissé une certaine marge de manoeuvre à l'initiative politique. Que l'on ne nous explique donc pas aujourd'hui que nous sommes pieds et mains livrés au marché global. Pourquoi ne serions-nous pas aussi capables que nos prédécesseurs de nous protéger si nous le jugions utiles du mouvement international des biens, des capitaux et du travail ? Source : Le Figaro Économie

  • Dictionnaire géopolitique des drogues nouveau.gif (222 octets)
    Alain Labrousse (sous la dir. de)
    De Boeck, Bruxelles, 2003

Ce dictionnaire, qui étudie la situation de 134 pays, est en fait une véritable encyclopédie reliant les questions géopolitiques aux grands trafics de la mondialisation criminelle. Dans la ligne du travail réalisé par le défunt Observatoire géopolitique des drogues, mort du désintérêt des pouvoirs publics, Alain Labrousse montre que les équilibres géopolitiques se concoctent non seulement dans les chancelleries ou les conseils d'administration des grandes banques, mais aussi sur les routes des caravanes, dans les plantations de cocaïers colombiens ou les champs de cannabis marocains. Cette approche offre des perspectives dérangeantes, mais nécessaires. On comprend ainsi combien les enjeux géopolitiques et stratégiques mondiaux sont liés au développement d'une économie qui n'est plus parallèle, mais imbriquée dans les mécanismes de la globalisation économique et financière. Et l'on se prend à penser que si les spécialistes officiels du "géopolitiquement correct" oublient d'en parler, c'est sans doute parce que cette économie crimino-légale est bien dérangeante, mais aussi bien profitable. Source : Le Monde diplomatique

  • La démocratie à l'épreuve des marchés nouveau.gif (222 octets)
    Philippe Auberger, Economica, 2003

Philippe Auberger décrit de façon didactique le " paradoxe démocratique " de ce début du XXIe siècle : si la démocratie et l'économie de marché sont " les deux faces d'un même système politique et social " tendant à devenir universel, un déséquilibre croissant s'est instauré. Mondialisation, concentration des entreprises, déréglementation offrent à l'économie de marché des moyens de plus en plus puissants pour faire prévaloir ses ambitions. Alors même que le système démocratique perd des leviers, paraît " daté ", voire " ridé " . Et le député de l'Yonne de stigmatiser, les tenants de l'école dite des " choix publics " qui assimilent les électeurs à des consommateurs intervenant dans des cycles politico-économiques : une " vision bien statique du choix politique " basée sur un électeur " amnésique " . Mais, conscient des limites de la démocratie représentative et des risques de dérives vers une " dictature d'apparence ", l'auteur se fait le défenseur d'une démocratie plus décentralisée, " déléguée ". A condition qu'elle soit maîtrisée et s'accompagne d'une transparence et d'un contrôle efficace d'élus lui apportant sa légitimité. Une approche pragmatique des problèmes internationaux, européens et nationaux qui suscitera le débat. Mais qui cherche à sauvegarder le dénominateur commun de l'économie de marché et de la démocratie : la liberté. Source : Les Échos

  • Critique de la mondialisation nouveau.gif (222 octets)
    Pierre de Senarclens, Presse de Sciences Po, 2003

L’auteur se veut polémique. A ses yeux, le " surinvestissement de l'économique " est venu pervertir l'esprit des lois de Montesquieu, fondement de la démocratie. En enfonçant " les logiques marchandes au coeur des activités sociales et culturelles ", les néolibéraux ont émoussé les liens de solidarité entre les citoyens et risquent d'imposer, si l'on n'y prend garde, un système porteur de " misères et de violences " . Pour l'auteur, la logique des milieux d'affaires tendant à utiliser l'Etat dans " sa conception technocratique ", pour, parfois, le contourner, ne peut sans danger évacuer un lien social reposant " sur un mélange de coercition et de solidarité " . Les impératifs écologiques condamnent les pouvoirs politiques à " définir de nouveaux indicateurs de croissance et de bien-être ", au-delà des contraintes du marché. Et le principe de sécurité collective au niveau de la planète impose des responsabilités communes dépassant les seuls critères de rentabilité. Bref, nous sommes condamnés à innover " en évitant aussi bien le modèle censitaire et technocratique des institutions de Bretton Woods (...) que les rituels pseudo-démocratiques des Nations unies ". Cet appel à l'invention de " formes institutionnelles hybrides, comme c'est le cas aujourd'hui au sein de l'Union européenne " a le mérite d'en rappeler les enjeux.

  • Anthropologie de la mondialisation nouveau.gif (222 octets)
    Constantin von Barloewen, Éditions de Syrtes, 2003.

Un livre qui dénonce cette " autre opacité du monde " qui, aujourd'hui, met à mal valeurs et cultures. nous y convie à la découverte parfois ardue mais souvent passionnante, des rapports entre politique et religion, de clefs culturelles méconnues ou oubliées. Il tente de dépasser les conflits nés de la tyrannie des marchés et de la communication comme d'une " foi aveugle en la technologie ". Pour réhabiliter, " le capital culturel " propre à chaque économie nationale, facteur, selon lui, de realpolitik. Comme ironise l'auteur, lorsque les politologues et les économistes piétinent, on demande aux anthropologues de trouver des réponses aux problèmes les plus urgents. Sa conclusion est loin d'être évidente dans un monde pris dans une course de vitesse : selon lui, " le dialogue des cultures et des religions doit précéder les alliances politiques et les coopérations économiques " . Pour rechercher une " paix " qui ne peut être assimilée à une idéologie ou au pacifisme, mais peut seule permettre, selon lui, " de ne pas faire violence au rythme de la réalité " . Source : Les Échos

  • The Offshore World: Sovereign Markets, Virtual Places and Nomad Millionaires
    Ronen Palan, Cornell University Press, 2003 nouveau.gif (222 octets)

Les paradis fiscaux, vous connaissez ? Et les zones franches, les pavillons de complaisance ? Tout cela contribue à former le " monde de l’offshore ", un espace juridique virtuel où l’on peut vivre en échappant aux lois et aux règles des Etats. Ce monde s’est installé au cœur du capitalisme. Ronen Palan, chercheur à l’université de Sussex, nous le fait découvrir, en mêlant économie, analyse politique et histoire, caractéristique de l’approche d’économie politique internationale dont il est le leader incontesté au Royaume-Uni. Source : Alternatives économiques

  • La Mondialisation déloyale nouveau.gif (222 octets)
    Jean-Yves Carfantan, Fayard, 2002

L'agriculture donne du travail à un actif sur deux et contribue au cinquième de la production (PIB) de biens et services. Ce chiffrage ne concerne pas l'Europe du XIXe siècle mais les pays en développement, soit environ les trois quarts de l'humanité. Carfantan donne ces ordres de grandeur pour bien montrer l'importance de son sujet. L'agriculture garde une place prépondérante dans l'activité économique du monde, contrairement à ce que sont tentés de croire les Européens ou les Américains, dont les agriculteurs représentent 2 % à 3 % de la population active. Le livre propose " un nouvel ordre agricole et alimentaire " en sous-titre alors que le titre se veut polémique, La Mondialisation déloyale. Spécialiste du commerce international et conseiller de coopératives agricoles du sud du Brésil, l'auteur n'appartient pourtant nullement aux mouvements antimondialisation. Au contraire, il stigmatise les " théories du complot " prétendant que l'agriculture mondiale serait en train de passer sous la coupe réglée d'une poignée de multinationales. Il dénonce en revanche l'échange inégal qui s'est instauré entre la triade États-Unis, Europe et Japon d'un côté, et les pays du Sud de l'autre. Le manque de loyauté caractérise le commerce international dans sa globalité : la réduction des barrières douanières s'est faite en faveur des produits industriels pour lesquels les pays du Nord disposaient d'un avantage compétitif. Quant à l'agriculture, les subventions des pays développés en faveur de leurs producteurs atteignent désormais près d'un milliard de dollars par jour, ces aides contribuant à déprimer les cours.

Carfantan se situe dans cette ligne qui associe mondialisation et prospérité des nations, à condition que le libéralisme ne fonctionne pas de façon asymétrique. Son originalité ne réside ni dans la dénonciation des formes de protectionnisme des pays du Nord, ni même dans ses propositions de réformes globales qui sont déjà sur la table. Son apport se situe dans les analyses prospectives des pays émergents. Il souligne qu'ils sont amenés à devenir le centre de gravité du marché mondial agricole et expose les défis auxquels sont confrontés la Chine et l'Inde condamnées à l'ouverture pour assurer leurs besoins, ou encore les révolutions vertes et les progrès accomplis dans de nombreux pays du Sud. L'ouvrage explore les différents scénarios de réforme internationale, sans omettre les risques de l'immobilisme.
Source : Le Figaro Économie

  • Civilisation, globalisation, guerre. Discours d'économistes 
    (sous la direction de) Jacques Fontanel.
    Presses universitaires de Grenoble, 2003

    Aujourd'hui, c'est "l'économie américaine (qui) utilise sa puissance militaire pour améliorer sa puissance économique et vice versa", estiment Jacques Fontanel et Fanny Coulomb. Mais certains économistes soulignent les fragilités d'une telle concentration de puissance. En raison de coût notamment : avec un budget militaire de près de 400 milliards de dollars, l'Amérique dépense trois fois plus pour sa défense que l'Union européenne et davantage que le reste du monde réuni. Le montant de ce budget approche le chiffre du déficit commercial qui a atteint un record l'année dernière. Mais ce fardeau irrigue aussi la croissance. "L'économie américaine bénéficie d'une avance technologique et conceptuelle considérable dans les industries du futur", estiment Jacques Fontanel et Fanny Coulomb. "L'économie américaine bénéficie d'une avance technologique et conceptuelle considérable dans les industries du futur", estiment Jacques Fontanel et Fanny Coulomb. Depuis cinq ans les budgets d'équipement militaire consacrés au secteur spatial sont dans un rapport "de 1 à 25 entre l'Europe et aux États-Unis" alertait récemment Claudie Haigneré, ministre de la Recherche et des Nouvelles Technologies. "Le rapport dans le secteur des télécommunications est, pour sa part, de 1 à 8." Ce qui "rend de plus en plus difficile une compétition commerciale équitable" entre l'Europe et les États-Unis, ajoutait le ministre. Ce qui nuance la thèse d'un déclin américain, "toujours annoncé et pas encore amorcé", selon la formule de Jacques Fontanel et Fanny Coulomb.

  • Les Stratégies monétaires nouveau.gif (222 octets)
    Denise Flouzat,
    Presses universitaires de France, 2003

    Les gouverneurs de banques centrales ont acquis une notoriété d'autant plus impressionnante que l'action des pouvoirs publics a simultanément donné l'impression d'être dévalorisée du fait de la globalisation financière. Le titre du Que sais-je ? de Denise Flouzat prend acte de ce nouveau rapport de forces. Les " stratégies monétaires " vont en effet au-delà de la conception traditionnelle, instrumentale et mécaniste. Il ne s'agit plus seulement de contrôler la " création monétaire ", mais d'envoyer des signaux aux marchés. " Les banquiers centraux, responsables des stratégies monétaires, se situent dans un monde où leurs manoeuvres s'apparentent à celles préconisées par l'art militaire : observation, utilisation de l'information, gesticulation, attaque et défense de positions ", écrit l'auteur, professeur à Paris-I. Le livre a une visée pédagogique, comme le veut la collection, ce qui ne l'empêche nullement de traiter les débats les plus actuels. Une banque centrale doit-elle se soucier exclusivement de la stabilité des prix des biens et services ou s'intéresser également aux cours des actifs financiers et immobiliers ? Les deux innovations majeures que sont la globalisation financière, apparue au début des années 90, et la création de l'euro constituent le point de départ. La problématique des banques centrales et de leur rôle est étudiée à partir des trois exemples de la Fed américaine, de la Banque centrale européenne et de la Banque du Japon.

  • La mondialisation nouveau.gif (222 octets)
    Jean-Claude Ruano-Borbalan et Sylvain Allemand
    Paris, Éditions Le Cavalier bleu
    Collection Idées reçues, 2002

    " La mondialisation, c’est le triomphe du libéralisme sauvage "; " La mondialisation profite aux pays riches "; " Un citoyen mondial est en train de naître "; " Les multinationales sont les maîtres du monde "; " La mondialisation détruit l’environnement "; " La mondialisation favorise les crises et les krachs "...Issues de la tradition ou de l’air du temps, mêlant souvent le vrai et le faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. Les auteurs les prennent pour point de départ et apportent ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on sait ou croit savoir.

  • L'Autre mondialisation nouveau.gif (222 octets)
    Dominique Wolton,
    Paris, Flammarion 2003.

    Dominique Wolton est un intellectuel français pas tout à fait représentatif du modèle dominant en France: aux idéologies et aux systèmes de pensée rigides, il préfère l'empirisme et le paradoxe. Bien qu'étant plutôt du genre intellectuel à la mode, ayant connu assez jeune la notoriété, il se démarque volontiers du courant aujourd'hui dominant chez les intellectuels parisiens- anciens "nouveaux philosophes" en tête-, qui oscille entre le libéralisme tous azimuts, l'antinationalisme et le cosmopolitisme. Il se veut défenseur de "l'exception culturelle", et donc d'un certain nationalisme, alors que les intellectuels les plus connus ne jurent que par l'ouverture des frontières. Mais les gens ordinaires, eux, ont besoin d'entendre parler de leurs racines, de se retrouver dans les fictions de la télé et du cinéma. S'ils sont abreuvés exclusivement par les industries culturelles américaines, ils sont totalement déboussolés. Et, d'ailleurs, paradoxalement, le rouleau compresseur de l'info et de la sous-culture américaine, lorsqu'il écrase véritablement tous les particularismes nationaux, en Europe ou ailleurs, a un effet de boomerang, qui se retourne contre ses promoteurs avec l'antiaméricanisme. Source : La Presse

  • Wahington et le monde, dilemmes d’une superpuissance nouveau.gif (222 octets)
    Pierre Hassner et Justin Vaïsse,
    Éditions Autrement

    Il est difficile de comprendre, et encore plus en Europe semble-t-il, pourquoi Bush est parti en guerre contre l'Irak. Avec un constant souci de clarté, appuyé sur de courts extraits, les auteurs expliquent les tenants du débat américain de politique étrangère. On saisit alors mieux l'évidence de la guerre, avec ce mélange de réalisme (détruire une menace) et d'idéalisme (répandre les valeurs made in USA). On découvre aussi l'enjeu de l'après-guerre, comme le disent les auteurs: " Le défi premier auquel les États-Unis ont à faire face au XXIe siècle n'est pas l'éradication de la terreur, mais la gestion de l'empire américain informel acquis au cours du dernier siècle. "

  • L’organisation mondiale du commerce : Où s’en va la mondialisation? nouveau.gif (222 octets)
    Sous la direction de Christian Deblock
    Fides, Montréal, 2002.

    Confrontés aux réalités nouvelles de la mondialisation et devant les besoins particuliers des pays en développement, l’OMC et les nouveaux accords commerciaux sont forts critiqués. D’où vient le malaise? Quelles directions prendre pour les prochaines années? Doha marquera-t-il un tournant? Rassemblant les analyses de nombreux spécialistes du droit et du commerce international, cet ouvrage fait le point sur les débats qui entourent l’OMC, des " nouvelles " questions touchant à l’élargissement du mandat de l’institution à la réforme du système commercial international, en passant par le problème des droits – de la personne, de l’environnement, à la santé et au développement - éclipsés par la libéralisation du commerce.

  • 20 :21 Vision : Twentieth Century Lesson for the Twenty-First Century, nouveau.gif (222 octets)
    Bill Emmott
    Farrar, Strauss & Giroux

    Écrit par l’éditeur en chef de la revue britannique The Economist, ce livre aborde deux questions centrales: premièrement, les États-Unis seront-ils encore capables de mener le monde et de préserver la paix comme à la fin du 20e siècle ? " Heureusement oui " selon cet adepte des théories réalistes en relations internationales pour lesquelles seul un pays dominant peut assurer l’ordre international. Sa puissance économique et ses investissements militaires le permettront. Utiliseront-ils cette capacité à bon escient ? Probablement oui, parce que les États-Unis exercent un leadership essentiellement souple malgré quelques égarements. La seconde question posée par Emmott est la suivante: Est-ce que les atouts du capitalisme compensent ses faiblesses au point d’encourager les peuples et leurs gouvernements d’y maintenir leur confiance ? Selon lui, et malgré son instabilité et les inégalités inhérentes, le système capitaliste va perdurer dans le temps car lui seul peut générer la croissance dans une économie complexe. À cet égard, le monde repose aujourd’hui sur des assises plus solides qu’au début du 20e siècle, quand l’hégémonie britannique était défiée, et alors qu’émergeaient la suspicion à l’égard du capitalisme et du libre-échange. Pour Emmott, les critiques du capitalisme exagèrent ses lacunes dans la mesure où les dernières années ont connu une tendance à la démocratisation et la libéralisation économique. Ce qui distingue Emmott des auteurs néo-libéraux plus orthodoxes est sa conviction que l’État doit jouer un rôle important afin de mettre en place un contexte juridique, social et politique où les marchés pourront opérer avec plus d’efficience. De plus, l’État doit orienter les marchés afin que ceux-ci puissent limiter les inégalités et la dégradation environnementale. S’il est peu probable que ce livre convainque les opposants à l’hégémonie américaine, où encore tous ceux qui doutent fortement que les marchés puissent servir la justice sociale ou l’environnement, il représente tout de même un défi intellectuel lancé à la gauche.

  • La tragédie monétaire : Quelle monnaie pour la mondialisation ? nouveau.gif (222 octets)
    Pierre Leconte
    Ed, François-Xavier de Guibert, 2003.

    La thèse développée avec par M. Leconte est que le désordre monétaire actuel aboutira au chaos économique. Sa cible principale est le régime de taux de changes flottant imposé par les États-Unis en 1971, et dont il fait une noire description. " Une monnaie principale parce qu'émise par la première puissance économique mondiale, le dollar des États-Unis, véritable néant habillé en monnaie, un pur assignat inconvertible en une valeur tangible et objectivement reconnue, varie dans de très courtes périodes de temps de manière considérable par rapport à plusieurs autres monnaies secondaires, tout aussi sans valeur réelle, et volatile : l'euro, la livre sterling, le franc suisse et le yen japonais ".

    Cette hégémonie monétaire américaine - confirmée aujourd'hui par l'habileté de Washington à faire baisser le billet vert - est lourde de conséquences. La première, selon M. Leconte, est d'entretenir l'endettement des pays en développement et par là même les inégalités dans le monde. Grâce au statut prééminent du dollar, les États-Unis ont la capacité d'absorber une large part de l'épargne mondiale pour financer leurs déficits, privant du même coup les nations les plus pauvres des capitaux nécessaires à leur décollage économique. Deuxième conséquence catastrophique de l'étalon dollar : la formation de bulles spéculatives structurelles par excès de crédit et incapacité des banques centrales à gérer efficacement la création de monnaie. D'où, pour mettre fin à ces dérives et ces déséquilibres, la solution qu'il préconise d'un retour à l'étalon or, qui permettrait, en redonnant une référence réelle aux monnaies, de revenir à la raison et à l'ordre monétaires. Que l'on juge utopique ou non l'instauration d'un étalon or, le livre de M. Leconte a le mérite de souligner à quel point il serait urgent, ne serait-ce que pour s'adapter à la mondialisation économique, de réformer un système monétaire international mis en place il y a trente ans et qui a montré ses failles. Source : Le Monde

  • Naomi Klein après " No logo " nouveau.gif (222 octets)

    Deux ans après le succès de son enquête sur la " tyrannie des marques ", No Logo (Actes Sud), la journaliste canadienne Naomi Klein livre ses réflexions sur la mondialisation dans Journal d'une combattante, aux éditions Actes Sud. Polémique en perspective.

  • Advancing Socio-Economics : An Institutionalist Perspective nouveau.gif (222 octets)
    (sous la direction de) J. Rogers Hollingsworth, Karl H. Müller et Ellen Jane Hollingsworth.
    Lanham, Maryland, Rowman et Littlefield Publishers, 2002.

    Ouvrage collectif divisé en trois parties sur les plus récents développements en sociologie économique. La partie III est consacrée aux systèmes sociaux de production et donc aux particularismes nationaux qui persistent malgré les pressions à la convergence induits par la mondialisation.

  • Canada, Globalization and Well-Being nouveau.gif (222 octets)
    John Helliwell
    UBC Press, 2002

    Helliwell, un économiste à l’université de la Colombie-Britannique, prend à contrepartie les partisans d’une approche continentale étroite en matière de politique étrangère canadienne. Une harmonisation trop poussée avec les États-Unis représente un non-sens selon lui, dans la mesure où ce pays, par la force de la démographie et du phénomène de rattrapage, est destiné à représenter une part de moins en moins importante de l’économie mondiale. Un rapprochement pouvait sembler logique en période de croissance économique au sud de la frontière, mais il pourrait s’avérer contre-productif à la longue.

  • La puissance et la faiblesse : Les États-Unis et l’Europe dans le nouvel ordre mondial nouveau.gif (222 octets)
    Robert Kagan,
    Paris, Plon, 2003

    Une Amérique sûre de sa force, une Europe qui se réfugie dans le juridisme : le diagnostic cruel d'un faucon américain. Si l'on veut comprendre quoi que ce soit à la querelle qui fait rage aujourd'hui entre les États-Unis et la France, il faut lire ce petit livre du chercheur américain Robert Kagan. Bien au-delà de la confrontation immédiate des diplomaties antagonistes, du choc des intérêts contradictoires, des principes concurrents ou des prestiges blessés, il fournit en effet l'essentiel, c'est-à-dire l'interprétation historique de la dissociation qui se produit entre Américains et Européens, a fortiori entre Washington et Paris. La thèse de Kagan est brillante et féroce, brutale et éclairante, cynique et contestable. Elle constitue, pour déchiffrer le nouvel ordre mondial, à la fois tyrannique et vulnérable, l'équivalent de la fameuse thèse de George Kennan sur " l'endiguement " à l'époque de la guerre froide. Il y a eu la doctrine Kennan, il y aura la doctrine Kagan. Source : Alain Duhamel dans Le Point.

  • Being America: Liberty, Commerce, and Violence in an American World. nouveau.gif (222 octets)
    Jedediah Purdy
    New York, Alfred A. Knopf. 2003

    Afin de comprendre comment la mondialisation néo-libérale a pu créer autant de ressentiment envers les États-Unis, l’auteur a voyagé en Asie ainsi qu’au Moyen-Orient pour échanger avec des étudiants, des hommes d’affaires, et des militants religieux ou nationalistes. La mondialisation a produit bien des bouleversements écrit Purdy, au point de provoquer un mouvement " tectonique " au niveau des traditions et des institutions et de soulever le ressentiment des populations. Bien que cette description se rapproche des observations de Marx sur les marchés, la destruction des institutions et leur impact sur la psychologie des masses, Purdy s’en démarque à deux niveaux. Il ne partage pas la confiance propre au 19e siècle envers un progrès inéluctable. Si Marx voyait dans le prolétariat le moteur d’un monde nouveau, Purdy voit un conflit non résolu entre deux tendances, une plutôt libérale et tolérante, l’autre antilibérale, fanatisée et violente. Ces tendances ajoute-t-il peuvent coexister au sein d’un même pays, même chez une seule personne. Ensuite, si Marx percevait l’histoire comme étant mue par les forces inexorables de l’économie, Purdy donne à celles-ci un visage américain. En effet, dans la mesure où la mondialisation est perçue ailleurs comme un phénomène essentiellement américain, lorsque des difficultés se produisent les États-Unis sont pointés du doigt. Il revient donc aux États-Unis de prêcher par l’exemple pour que prévalent des valeurs comme l’ouverture et la liberté.

     

  • La grande désillusion: échecs de la mondialisation 
    Joseph Stiglitz
    Fayard, 2002

Prix Nobel d'économie en 2001, Stiglitz revendique deux casquettes, le "scientifique sans passion", et l'"insider". Le propos du livre est de montrer que les institutions internationales, en particulier le FMI (en complicité avec le Trésor américain), sont largement responsables de la stagnation des pays africains, de la crise asiatique, de l'effondrement de la Russie, etc. Stiglitz critique en particulier la triade du "consensus de Washington" (austérité fiscale, libéralisation des échanges, privatisation), et montre comment son application aveugle par le FMI a fait empirer ou produit des situations de crise. Pour les antimondialisation, un livre paré de cette double légitimité est une bénédiction.  Source : Libération

  • Qu’est-ce que la mondialisation? 
    Charles-Albert Michalet
    Éditions La Découverte, 2002

Michalet explique ici les différentes phases de l’internationalisation des économies, le rôle joué par les États et les acteurs privés dont les multinationales, et la façon dont a évolué le débat sur la régulation. Pour contrer le déclin de l’État-nation, selon lui inéluctable, Michalet identifie deux voies possibles pour la régulation de la mondialisation : le pouvoir renforcé des métropoles régionales et le développement d’agences privées, techniques et professionnelles. Source : Alternatives économiques.

  • Mondialisation: la fin d’un cycle 
    Kostas Vergopoulos
    Éditions Séguier, 2002

Pour l'économiste Kostas Vergopoulos, " le cours de l'Histoire (n'obéit) pas toujours aux principes des intérêts économiques et de la rationalité et souvent même s'y oppose ". Il n'hésite pas à intituler son livre La Fin d'un cycle. " L'élan de la mondialisation, concentré d'abord sur la mobilité du capital financier et l'essor des marchés financiers, ensuite sur l'extraordinaire aventure de l'informatique et de la nouvelle économie, se voit aujourd'hui, déjà avant le fatidique 11 septembre, remplacé par le repli, plus classique, sur les dépenses militaires et de sécurité ".

Il ne s'agit pas de refuser l'internationalisation des échanges de marchandises, d'informations, de capitaux et des hommes, phénomène incontournable lié aux technologies. Mais il convient d'en critiquer la gestion qui en est faite. Se référant aux analyses d'experts principalement américains, comme le politologue Stanley Hoffman, l'économiste Paul Krugman et l'historien Harold James, Kostas Vergopoulos cible ses critiques sur " l'Amérique (qui) opte toujours pour la déréglementation internationale et l'unilatéralisme ". 
Source : Le Figaro

  • La mondialisation et l’emploi 
    Jean-Marie Cardebat
    Éditions La Découverte, 2002

La libéralisation des échanges crée-t-elle plus d'emplois qu'elle n'en détruit ? Génère-t-elle de nouvelles inégalités entre les salariés ? C'est à ces questions, au coeur des débats sur les vices et les vertus de la mondialisation, que Jean- Marie Cardebat tente de répondre dans ce petit ouvrage marqué par la rigueur de l'économiste qui ne saurait conclure au-delà de ce que les travaux empiriques ont à ce jour permis d'établir. C'est à la fois sa force et sa faiblesse quand l'abondance, la diversité, voire la divergence des approches conduisent l'auteur à rester souvent en retrait en se gardant bien de livrer ses propres convictions. En revanche, les conséquences de l'ouverture sur le comportement des entreprises exposées à une compétition globale sont connues, et c'est avec minutie que l'auteur décrit une mécanique " infernale " qui condamne les firmes occidentales à ajuster en permanence leur stratégie pour assurer leur survie ou grignoter des parts de marché. Pour rester dans cette course sans fin, et résister notamment à la concurrence des pays à bas salaires, les entreprises doivent à la fois acquérir une taille critique, offrir aux consommateurs des produits de qualité, et utiliser au mieux les avantages comparatifs des territoires en délocalisant par exemple tout ce qui relève des tâches de travailleurs non qualifiés. Les pays industrialisés ne peuvent s'en sortir que par une nécessaire " fuite par le haut " conclut l'auteur.  Source : Le Monde

  • La montée en puissance des fonds d’investissement, quels enjeux pour les entreprises ?
    Dominique Plihon, Jean Pierre Poussard et al.
    La Documentation française, 2002

Les auteurs déduisent de leurs travaux que l’on ne se situe sans doute pas dans la perspective d’une simple conquête de l’Europe occidentale par le gouvernement d’entreprise à l’anglo-saxonne, mais plutôt dans un processus d’hybridation où les éléments d’origine anglo-saxonne s’intègrent de manière originale aux formes de gouvernement d’entreprise pré-existants. Sans exclure un choc en retour aux États-Unis à travers l’existence d’une régulation internationale où les Européens peuvent aussi avoir voix au chapitre.
Source : Alternatives économiques

  • Des lieux et des liens : politiques du territoire à l’heure de la mondialisation 
    Pierre Velt
    Éditions de l’Aube, 2002

Voici un plaidoyer en faveur de l' " Etat cosmopolite " cher à Kant, un Etat qui ne soit ni minimal ni une somme d'Etats-régions repliés sur leurs égoïsmes locaux. Son auteur rappelle que la distance n'est plus l'étalon qui permet d'ordonner les compétences et de répartir les richesses. Le progrès technique et la mondialisation sont passés par là. Il n'y a pas d'autre solution que de trouver un juste équilibre entre l'Europe, l'Etat-nation et les régions, car la victoire de l'un des membres de ce triptyque entraînerait l'appauvrissement de tous. Il n'y a plus qu'à réussir cette solidarité encore inédite.  Source : Le Monde

  • Gouvernance mondiale
    Pierre Jacquet, Jean Pisani-Ferry et Laurence Tubiana (sous la direction de)
    La Documentation française, 2002

Le Conseil d'analyse économique - rattaché au premier ministre de France- publie le rapport définitif consacré au thème de la gouvernance mondiale. Cette version enrichie de près d'une vingtaine de contributions extérieures offre une analyse poussée des institutions économiques internationales et des enjeux de leur réforme actuellement en débat.

Pour corriger certains effets de la mondialisation, les auteurs plaident en faveur de davantage d'actions collectives, et tracent pour cela des pistes. Sans se cacher que " la période semble peu propice à l'établissement de règles mondiales ", contrairement aux espoirs qui avaient pu naître au lendemain des attentats du 11 septembre. Source : Le Monde

  • Wages of Crime : Black Markets, Illegal Crime and the Underworld Economy 
    R.T. Naylor
    Cornell University Press, 2002

Naylor, du département d’économie de l’Université McGill, relativise l’importance des activités criminelles dans le monde du blanchiment d’argent. Sans nier l’existence des mafias, ni leur internationalisation, il estime que la délinquance économique et la fraude fiscale des grandes firmes sont porteuses de risques bien plus grands pour la stabilité politique, économique et financière mondiale.
Source : Alternatives économiques

  • L’économie de la panique, faire face aux crises financières
    Jérôme Sgard
    Éditions La Découverte, 2002

Sgard décrit la puissance déstabilisatrice des marchés financiers. Celle-ci se matérialise par une grande volatilité des taux de change et la remise en cause des systèmes financiers locaux : elle peut même provoquer dans les cas extrêmes (Indonésie) une déstructuration de la monnaie comme référent commun. Certes, une panique des marchés peut toujours être arrêtée par une autorité politique publique. Il lui suffit pour cela de suspendre le marché et de jouer de son pouvoir pour coordonner, hors du marché, les différents acteurs. Une intervention qui réclame de disposer d’une grande puissance que seuls, en gros, les États-Unis possèdent.  Source : Alternatives économiques

  • Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent 
    Jean Ziegler,
    Fayard, 2002

La planète n'a jamais été aussi riche et le nombre d'affamés aussi important, en raison des formidables déséquilibres provoqués par l'ultra-libéralisme économique, dénonce le sociologue suisse Jean Ziegler dans son dernier essai. Ce déséquilibre, plaide Jean Ziegler, est d'autant plus saisissant que "la terre pourrait nourrir normalement 12 milliards d'êtres humains", alors que "la faim persistante et la sous-alimentation chronique (...) sont dues à l'ordre meurtrier du monde".

Cet état de fait ne doit rien au hasard, souligne-t-il. Il résulte d'une alliance tenace entre "les oligarques et leurs mercenaires" que sont les grands industriels ayant réussi à imposer à la planète leur vision du monde, pour leurs plus grands profits.

L'analyse qui se veut minutieuse de cet état du monde doit inciter à la révolte, à la révolution, et permettre de "fournir des armes pour le combat", espère-t-il.  Source : La Presse

  • Après l’empire
    Emmanuel Todd
    Gallimard, 2002

Emmanuel Todd prend le contre-pied du sentiment général actuel sur les États-Unis. Il se propose de démontrer que, loin d'être une "hyperpuissance" de plus en plus solide et menaçante, les États-Unis sont un empire qui s'effondre.

Dans son premier essai, la Chute finale, écrit en 1976, il avait prédit avec clairvoyance et déjà à rebours de la plupart des analyses la chute de l'URSS. Cette fois, Todd présente la profonde faiblesse de l'Amérique, devenue, dit-il, "politiquement inutile" (avec la fin du communisme) et "économiquement dépendante" (avec la globalisation). Pour cacher cette misère, les États-Unis s'épuisent à démontrer qu'ils restent "la puissance indispensable", pour reprendre la définition de Madeleine Albright. Mais le monde, loin d'être unipolaire, est en passe de trouver un nouvel équilibre selon Todd, dans lequel Japon, Russie et surtout Europe joueront un rôle important. L'un des arguments centraux de la thèse de Todd porte sur le déficit commercial des Américains, qui a explosé pendant la dernière décennie : "Le monde, de plus en plus, produit ce que les États-Unis consomment", constate-t-il, accroissant leur dépendance.
Source : Libération

  • The Paradox of American Power: Why the World's Only Superpower Can't Go It Alone 
    Joseph Nye
    Oxford University Press, 2002

Les États-Unis doivent abandonner l’arrogance et l’unilatéralisme dans un monde reconfiguré par les attentats du 11 septembre selon Joseph Nye, ancien assistant secrétaire à la Défense et doyen de la Kennedy School of Government à Harvard. Sa thèse principale est la distinction qui existe entre deux éléments de la puissance en matière de géopolitique internationale : la puissance intangible (soft power) c’est-à-dire la culture et les valeurs qui influencent et attirent les autres, et la puissance tangible (hard power) que sont l’ascendant économique et militaire. Selon lui, un État dominant doit pouvoir compter sur ces deux dimensions de la puissance. Qui plus est, la mondialisation et la révolution de l’information font de la puissance intangible un facteur plus important que jamais. À cet égard, l’administration actuelle fait erreur en négligeant des traités internationaux qui ont été endossés par la plupart des autres nations. Les États-Unis devraient s’impliquer activement dans les débats de résonance internationale plutôt que promouvoir leur intérêts à l’exclusion de toute autre considération.

  • The End of the American Era: U.S. Foreign Politics and the Geopolitics of the 21st Century. 
    Charles A. Kupchan
    Knopf, 2002

Les autorités américaines privilégient des modèles sociaux qui se heurteront de plus en plus avec ceux du reste du monde, de l'Europe en particulier. Le choc des valeurs, sur des questions comme la peine de mort, les changements climatiques, les OGM, le Tribunal pénal international, le rôle de l'état-providence, ne peuvent rester indéfiniment sans effet.

C'est pourquoi le géopolitologue américain Charles A Kupchan, ancien conseiller de Bill Clinton, prédit à son tour que l'Europe, qui se construit lentement mais sûrement, va finir par entrer en rivalité avec les États-Unis pour contrebalancer son influence sur la marche du monde. Source : Le Devoir

  • I’ll Be Short: Essential Ideas for Getting America to Work 
    Robert B. Reich
    Beacon Press, 2002

Constatant que le boom économique américain des années 1990 a encouragé chez ses concitoyens le matérialisme et l’individualisme aux dépens du contrat social et des valeurs communautaires qui, selon lui, auparavant les unissait, Reich prône un retour aux valeurs du libéralisme progressiste de la Great Society : partage du gâteau avec les travailleurs; un salaire minimum qui dépasse le seuil de pauvreté; l’accès à une éducation de qualité pour tous. Malheureusement, les États-Unis n’ont pas su profiter des années de croissance pour ouvrir ces chantiers.

  • L'état du monde 2002 
    Éditions La Découverte / Éditions du Boréal, 668 pages. 

Avec sa 21e édition, L'État du monde invite à suivre l'évolution du contexte international.
Une centaine de spécialistes ont contribué à cet ouvrage, dont plusieurs collaborateurs québécois. La première partie de ce volume se divise en deux chapitres décrivant les relations internationales et l'économie mondiale actuelles. Les grands enjeux et débats y sont décrits et expliqués, qu'il s'agisse du protocole de Kyoto relatif à l'effet de serre, du projet américain de bouclier antimissile, de la guerre en Afrique autour des Grands Lacs, les défis à relever pour l'Union européenne ou le ralentissement de l'économie américaine.

En plus du bilan de l'année pour les 226 pays du monde, cet annuaire économique et géopolitique mondial offre plus de 80 pages d'annexes contenant des tables de statistiques mondiales, des informations sur les organisations internationales et régionales, des références de sites Internet. L'État du monde présente également 90 biographies, 60 pages de cartes et 11 chronologies.

  • L'économie, le travail, l'entreprise
    Université de tous les savoirs  (vol. 3, éd. Odile Jacob, 2002, 469 p., 10 ).

Les éditions Odile Jacob poursuivent la publication des 366 conférences de l'Université de tous les savoirs qui se sont tenues chaque jour de l'année 2000, et ont attiré une foule d'auditeurs. Le volume 3, consacré à l'économie, regroupe les contributions de trente auteurs et permet de brosser un état d'avancement de la réflexion sur les principaux débats en cours : mondialisation, poids des marchés financiers, mutations du travail, nouvelle économie, etc. Source: Le Monde

  • The Rise of 'the Rest' : Challenges to the West from Late-Industrialization Economies
    Alice H. Amsden
    Oxford University Press, 2001

Ce livre décrit comment certains pays du Sud, d'industrialisation tardive, ont adopté des politiques industrielles leur permettant de contrôler leur insertion dans la division internationale du travail, en des termes plus favorables que s'ils avaient laissé jouer les simples forces du marché. Il est bien sûr question ici des ''tigres asiatiques'' et de la Chine, mais également du Brésil et de l'Inde.

  • Shaping the Parameters of International Relations and International Political Economy
    Thomas C. Lawton, James N. Rosenau et Amy C. Verdun (sous la directon de)
    Ed. Ashgate, 2001.

Recueil d'une vingtaine de contributions éclairant chacune un aspect du large éventail des questions abordées par Susan Strange, dont le nom est associé à la création d'une nouvelle approche, baptisée économie politique internationale. Son objectif est de fournir les instruments nécessaires à l'analyse de l'exercice du pouvoir dans une économie mondialisée. Source: Alternatives économiques

  • Commerce international et développement soutenable
    Michel Damian et Jean-Christophe Graz (sous la direciton de)
    2001

Livre essentiellement critique de l'approche économique traditionnelle du commerce international. La façon dont les économistes néoclassiques conçoivent les liens entre commerce et environnement sont passées au peigne fin et largement remises en cause. Un autre ensemble de textes pose la question des liens entre concurrence et développement des pays du Sud. Deux contributions montrent le rôle joué par la société civile internationale dans le débat sur les règles du commerce international (Dorval Brunelle, Christian Deblock, Alain Lipietz, Agnès Sinaï). Paul Bairoch présente son idée d'un 19e siècle marqué plus par le protectionnisme que par la liberté des échanges. Enfin, Bernard Gerbier s'interroge sur la vie des institutions internationales. Source: Alternatives économiques

  • Éloge du mondialisme par un anti présumé
    René Passet, Fayard, 2001

Conseiller scientifique d'Attac, détracteur de l'économie libérale, René Passet prône la réhabilitation de l'État pour contrer l'inégalité du monde et le rôle excessif joué par les marchés financiers.

  • Agir local, penser global" et "Avenue du plein emploi 
    par ATTAC
    Editions Mille et une nuits, 2001

Ce sont deux brochures de vulgarisation réalisées par le mouvement ATTAC (association pour la taxation des transactions financières pour l'aide au citoyen). La première traite de la "messe globaliste" et de la contestation citoyenne "que la World Company ne comprend pas", ainsi que de "l'ancrage citoyen" qui peut se faire au niveau local. La seconde alerte sur la "régression néo-libérale" qui menace la reprise actuelle de l'emploi, en apportant quelques pistes pour "refonder et dépasser le marché du travail" avec pour objectif un réel plein emploi. Source: Agence France-Presse

  • La mondialisation racontée à ma fille André Fourçans
    Editions du Seuil, 2001

Ce livre est un véritable plaidoyer pour ce "mouvement inéluctable vers le global-libéralisme". Quatre ans après "L'économie expliquée à ma fille", l'auteur récidive, sur un ton résolument optimiste, défendant avec fougue l'ouverture internationale et la dé-diabolisation des multinationales (et de l'OMC). Jusqu'à des provocations (revendiquées) comme: "et si la domination américaine était nécessaire à l'équilibre du monde?".

Bref, si l'auteur reconnaît quelques bavures comme les drames écologiques, il dénonce aussi les "caricatures et des exagérations" des anti-mondialisation. "La mondialisation peut constituer une chance formidable de hausse du niveau de vie pour tous, pays industrialisés et en développement réunis", conclut-il. Source: Agence France-Presse

  • La mondialisation armée ou le déséquilibre de la terreur
    Claude Serfati
    Editions Textuel - collection la Discorde, 2001

L'auteur, spécialiste des industries d'armement, dénonce sévèrement la logique marchande à l'échelle mondiale: les Etats-Unis et l'OTAN "considèrent que la défense de la globalisation doit désormais figurer en haut de l'agenda sécuritaire", affirme-t-il. Le nombre des conflits majeurs dans le monde est en augmentation depuis trois ans après une baisse entre 1990 et 1997. Il manque 80 milliards de dollars par an pour assurer les services de base dans les pays en développement alors que l'on compte 720 milliards de dollars de dépenses militaires pas an dans le monde, rappelle l'auteur qui conclut à une insécurité mondiale, produite par la marchandisation de la planète, sous les auspices de la Banque Mondiale, du FMI, de l'OMC, et bientôt, redoute-t-il, de l'ONU elle-même.
Source: Agence France-Presse

  • Du Progrès. Biographie d'une idée
    Pierre-André Taguieff
    Librio, Paris, 2001

  • Résister au bougisme. Démocratie forte contre mondialisation techno-marchande
    Pierre-André Taguieff
    Fondation du 2 mars et Mille et Une Nuits, Paris, 2001

La cible du polémique? Les partisans actifs ou complaisants de l'idéologie occidentale du progrès et les thuriféraires du " bougisme ", du " mouvementisme ", généralement inféodés au " mondialisme ". Si la mondialisation consiste dans la globalisation du capitalisme à l'échelle mondiale, le " mondialisme " est son idéologie, mais une idéologie à géométrie variable qui télescope des néolibéraux avec des écologistes libertariens, des socio-démocrates multiculturalistes et des régionalistes racialistes.

Au nom de ce mondialisme modernisateur on homogénéise les comportements, on banalise la marchandisation des valeurs et des croyances, on uniformise les manières d'être, de penser, de vivre, bref, on se persuade que le monde est un vaste supermarché qui rythme les changements de modes. Cette apologie du " mouvement pour le mouvement " parce que " c'est moderne " est magnifiquement brocardée par l'auteur qui se délecte à pointer certains propos des théoriciens du " bougisme " et amuse le lecteur.

Plus sérieusement, l'auteur, après un implacable dossier démontant la mécanique Du Progrès, analysant les textes de Bacon, Condorcet, Comte et quelques autres, énumérant les méfaits et les dégâts que cette folle certitude, qui se nourrit d'elle-même, provoque sur l'écosystème et sur le genre humain, en vient à appeler à Résister au bougisme, et à proposer de redéfinir la démocratie. Celle-ci, rappelle-t-il justement, doit toujours être examinée au pluriel, tant le demos ne peut être mondialisé, il est toujours d'un lieu, d'une culture, d'une langue, d'une tradition, même s'il se modifie et épouse progressivement quelques évolutions ou trajectoires nouvelles.

Pierre-André Taguieff, dans la lignée de Macpherson, Taylor, Castoriadis, Michéa, etc., propose en réplique à l'expertocratie de " refonder la politique ". Il adhère à l'écologie de la responsabilité, qu'il tente de concilier avec les idéaux républicains et " nationistes ". Source: Le Monde diplomatique

  • Money Makes the World Go Round
    Barbara Garson
    Penguin Books, 2001

L'auteure suit à la trace chaque étape qui mène un placement dans son fond commun d'actions vers ses destinataires. Cette enquête, d'une durée de quatre ans, la conduit de Brooklyn à Bangkok. S'il est couramment considéré que ces capitaux sont un facteur de progrès, le revers de la médaille existe aussi. Elle a pu constater la vitesse de circulation des capitaux, mais également le niveau de dislocation qui en résulte. Avec moult entrevues avec des employeurs et des salariés, l'auteure a voulu nous montrer le visage humain de la mondialisation et comment le nouvel ordre économique affecte les gens peronnellement. Un plaidoyer pour l'économie productive, contre la spéculation. Source: Business Week

  • The Chastening
    Paul Blustein
    Public Affairs, 2001

L'auteur, journaliste financier au Washington Post, s'intéresse aux déséquilibres de l'économie mondiale provoqués par les mouvements de capitaux spéculatifs. La décennie des années 1990 fut en effet marquée par une série de crises financières avec des ramifications internationales dont les points de départ furent le Mexique, l'Asie et la Russie.

Pour confronter ces débandades financières, les pays industrialisés n'ont qu'un seul recours, le FMI, qui s'applique généralement, afin de rassurer les marchés, à prescrire une bonne dose d'austérité aux nations situées à l'épicentre. La préoccupation de Blustein est la suivante: et si ces économies n'étaient pas fautives? Peut-être sont-elles simplement vulnérables aux états d'âme des grands spéculateurs internationaux, principalement des investisseurs institutionnels occidentaux. Pour ces derniers et leurs capitaux, la technologie et la déréglementation de la finance internationale offrent des possibilités sans précédant d'entrée et de sortie. Selon Blustein, le FMI n'est pas équipé pour corriger ce genre de situation, elle dont l'origine et le mandat remontent à une époque où les mouvements de capitaux étaient beaucoup plus modestes.

Dépassée par les événements, le FMI a imposé des politiques d'austérité aux pays bénéficiaires de ses crédits. Elles ont créé leur lot de misère sans pour autant régler le fond du problème. C'est pourquoi il propose, comme d'autres, une taxe sur les investissements de court terme pour qu'ils restent sur place lors d'une crise, et même la création d'un équivalent à la loi de protection de la faillite afin de protégéer les nations contre leurs créanciers. Source: New York Times

  • Paradoxes of Prosperity: Why the New Capitalism Benefits All
    Diane Coyle
    Texere, 2001

L'auteure souligne les paradoxes et les contradictions de notre époque: des manifestants anti-mondialisation qui sont eux-mêmes les produits de la prospérité engendrée par le progrès et la libéralisdation des échanges; des terroristes utilisant les outils de la technologie moderne pour attaquer les sociétés industrialisées; des élites repues qui s'autocongratulent, indifférentes aux conséquences de leurs décisions, donc inconscientes de leur propre vulnérabilité, du moins jusqu'à tout récemment.

Pour Coyle, l'économie globalisée favorise les réseaux sociaux de créativité au dépend des hiérarchies. Les échange d'idées dans un environnement où règne la confiance devrait encourager la créativité et la croissance économique. Cependant, les classes défavorisées, au sein des sociétés industrialisées comme dans les pays du Sud, sont exclues de cette dynamique, parce qu'elles n'ont pas accès à ces réseaux.

Le paradoxe de la prospérité, dont il est question dans le titre, vient des tensions sociales et politiques engendrées par le progrès technologique dont les prochaines innovations seront à la source d'une nouvelle étape de la prospérité mondiale.

Que faire alors? Comme beaucoup d'économistes libéraux britanniques, elle préconise de laisser faire le marché. En d'autres mots, nous traversons une période de transition difficile et avec un peu de patience les bienfaits du capitalisme finiront par rejoindre tout le monde. Source: The New York Times

PÉRIODIQUES

  • A cruel sea of capital: A Survey of Global Finance nouveau.gif (222 octets)
    The Economist, 1er mai 2003

    Dossier de plusieurs articles sur la finance mondiale ainsi que les débats sur la libéralisation et la régulation.
  • L’antimondialisme tel qu’il se pense. nouveau.gif (222 octets)
    Économie politique, numéro 17.

    Une discussion pluraliste sur l’économie vue par les théoriciens de l’antimondialisation. En particulier sur les nouvelles stratégies d’ATTAC.
  • Où vont les États-Unis? nouveau.gif (222 octets)
    Le Débat, janvier/février 2003.

    Un riche débat sur le livre d’Emmanual Todd (Après l’empire) et une étonnante entrevue avec le financier et diplomate américain Félix Rohatyn.

  • Dans sa livraison du 29 septembre 2001, l'hebdomadaire libéral The Economist présente un argumentaire en faveur de la mondialisation. Selon les rédacteurs, on prête de bien grands maux à la mondialisation qui, pourtant, ne se vérifient pas sur le terrain. Notamment, la marge de manoeuvre des acteurs, gouvernements inclus, est bien plus importante qu'on le dit.

Table des matières
1- Profits over People: Critics argue that globalisation hurts workers, are
they right?
2- Grinding the Poor: Sceptics charge that globalisaton especially hurts
poor workers in the developing countries. It does not.
3- Is Government Disappearing? Not as quickly as one might wish.
4- A Crisis of Legitimacy. People are fed up with politics. Do not blame
globalisation for that.
5- A Plague of Finance. Anti-globalists see the Washington consensus as a
conspiracy to enrich bankers. They are not entirely wrong.
6- Who Elected the WTO? The WTO is no would-be tyrant. It is democratic to
a fault, and has few powers of its own.
7- A Different Manifesto. If sceptics could learn to love capitalism, they would still have plenty to complain about.

  • J. Hobsbawm, entretien avec Antonio Polito, Traduction de l'anglais : Lydia Zaïd, éditions 
    Complexe, coll Questions à l'Histoire, mars 2000, 200p  

Plutôt que de se hasarder à parier sur un avenir incertain, sagement, E. J. Hobsbawm se contente de dégager les tendances qui structureront, à son sens, le siècle qui vient. De tous les indicateurs retenus au cours de cet entretien, trois se dessinent comme fondamentaux. Celui de l'effondrement de l'URSS tout d'abord. Sous-estimée, l'ampleur de cette catastrophe et de ses conséquences nous est largement inconnue. D'autant que l'ancien monde soviétique n'a pas fini de s'enfoncer toujours plus avant dans son désastre, humain en particulier. Désastre au demeurant ignoré du monde occidental, qui n'a d'attention que pour la faillite politico-économique de la Russie. Le second indicateur fort, tient au hiatus ouvert entre logique du développement économique et logique politique. Or, parce qu'il n'existe pas d'autorité internationale, la faillite du fondamentalisme du marché nécessite l'intervention des Etats. Mais ces derniers ont perdu leurs moyens de coercition. On assiste même à une sorte de renversement historique. L'Etat moderne, parvenu à son apogée lorsque la protestation sociale s'y institutionnalisa, ne s'impose plus avec la même évidence. Enfin, l'individualisme libertaire qui régit les marchés ne saurait en rien convenir aux exigences de la politique internationale

  • Introduction à la géoéconomie, Pascal Lorot (sous la direction de), Economica, 
    Paris, 1999, 244 pages.  

La compétition entre États se plaçant de plus en plus sur le terrain économique, il était temps de disposer d'un outil permettant de saisir les différentes facettes de cette forme de rivalité. C'est désormais chose faite avec ce livre. Rédigé par certains collaborateurs de la Revue française de géoéconomie, l'ouvrage dirigé par Pascal Lorot se structure en quatre parties respectivement consacrées : aux fondements de la géoéconomie (les nouvelles rivalités internationales...), aux acteurs (États, régions, firmes...), aux stratégies et enjeux (diplomatie économique, intelligence économique...) et, enfin, à l'épistémologie de cette nouvelle discipline. Au terme de la lecture de ce livre, il apparaît clairement que, loin de constituer un handicap au succès des entreprises comme certains idéologues aiment à le répéter, l'État joue au contraire un rôle prépondérant dans la conquête des marchés extérieurs et l'acquisition de la suprématie technologique.

  • "Le syndicalisme dans la mondialisation", Editions de l'Atelier, 2000, 240 pages 

Ouvrage collectif d'universitaires américains et européens qui analyse les difficultés d'intervention du syndicalisme dans la nouvelle donne planétaire. Le syndicalisme, "habitué à négocier des règles sociales dans le cadre de l'Etat-nation, a été pris de court par la stratégie des firmes transnationales qui mettent en compétition salariés et territoires dans un souci exacerbé de rentabilisation financière", notent les auteurs. Mais les chercheurs refusent de considérer que la "fin du modèle taylorien-fordien équivaut à la fin du syndicalisme" et ils suggèrent deux chantiers: "une régulation sociale de type régional dans le cadre de l'Union européenne, de l'Alena (Etats-Unis, Canada, Mexique) et du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, auxquels sont associés la Bolivie et le Chili), et une présence syndicale au sein des groupes transnationaux".

  • Global Instability: The Political Economy of World Economic Governance, sous 
    la direction  de Jonathan Michie et John Grieve Smith, Routledge, Londres, 1999. 

  • Globalization and Progressive Economic Policy, sous la direction de Dean Baker
    Gerald Epstein et Robert Pollin, Cambridge University Press, 1999. 

Ces deux livres postulent trois hypothèses sur la mondialisation. D'abord, la mondialisation n'est pas inévitablement néo-libérale. L'ouverture économique n'oblige pas les États-nations à se retirer de la protection sociale ou de la création de la richesse. Au contraire, les bénéfices de l'ouverture économique seront encore plus grands si elle est accompagnée d'une gouvernance efficace. Ainsi, non seulement les divergences internationales entre les modèles de développement continuent-elles d'exister, mais ces différences sont compatibles avec une économie globalisée. Donc il existe toujours des possibilités pour ceux qui veulent appliquer des politiques progressistes au niveau national. Ensuite, le contexte institutionnel est important, il définit la façon dont la mobilité du capital aura un impact sur le plan domestique. La manière dont un pays va retirer des bénéfices ou non des flux d'investissements dépendra pour beaucoup des règles et des institutions en place. Enfin, les marchés financiers constituent l'activité la plus authentiquement 'globalisée'. Cependant les bénéfices à tirer de l'ouverture seront atténués par une exposition sans réserves aux flux de capitaux, ceux-ci étant instables par définition. Ce qui ressort des deux livres est que les choix et les orientations en matière de politiques économiques et sociales sont fondamentalement politiques et non techniques.

  • Gemdev, Mondialisation, les mots et les choses, éditions Karthala, 358 pages

Cet ouvrage collectif présente l’état des connaissances de différentes disciplines (sciences économiques, géographie, histoire, science politique) sur le thème de la mondialisation.

  • Jan Aart Scholte, Global Civil Society : Changing the World ?
    CSGR Working Paper no 31/99, mai.

Définissant la société civile internationale comme l’ensemble des groupes qui cherchent à produire des règles concernant des problèmes transnationaux, sur la base d’une solidarité supranationale, l’auteur de ce cahier de recherche souligne que cette société civile contribue à la formation d’un monde où les États, sans disparaître, perdent toutefois une partie de leur souveraineté. C’est en partie parce qu’elle donne une légitimité aux régulations infra ou supranationales et qu’elle reformule les identités collectives dans un nouveau cadre géographique. En ce sens, sa mobilisation est positive car elle contribue à une éducation civique et elle élargie les débats à de nouveaux espaces publics. On trouve ce document sur le site du Centre for the Study of Globalisation and Regionalisation :
http://www.warwick.ac.uk/fac/soc/CSGR/wpaper99.html

  • RAMSES 2000. L’entrée dans le XXIe siècle, Éd. Dunod, 1999, 424 pages.

Le dernier rapport RAMSES aborde les thèmes qui constitueront les futurs enjeux internationaux. Il s’agit d’une vaste synthèse touchant les diverses visions du monde touchant les questions de l’après-guerre froide, la révolution technologique, la sécurité internationale, les transnationales, la régulation de la mondialisation, etc.

  • Viviane Forrester, Une étrange dictature, Éditions Fayard, 223 pages, 2000.

Viviane Forrester, auteur en 1996 du best-seller mondial "L'horreur économique", poursuit son combat contre l'ultralibéralisme dans un nouvel essai, intitulé "L'étrange dictature". Dans ce livre, l'écrivaine dénonce "l'hégémonie d'un système politique, l'ultralibéralisme, qui, sans être officiellement au pouvoir, a la mainmise sur l'ensemble de ce que les pouvoirs ont à gouverner et détient donc une toute-puissance planétaire". Viviane Forrester estime que cette "étrange dictature sans dictateur n'aspire pas à prendre le pouvoir mais à avoir tout pouvoir sur ceux qui le détiennent". Elle assure que cette "politique à vocation totalitaire détruit l'économie au profit de la spéculation", provoque des licenciements massifs et "donne priorité au profit sur l'ensemble humain". L'auteur évoque "les propagandes vantant les fonds de pension, sources de licenciements, qui conduisent les salariés à sponsoriser leur propre chômage". Selon elle, il est possible de résister à cette politique d'exclusion qui "garde toutefois, c'est notre chance, des formes démocratiques". Viviane Forrester a acquis une notoriété internationale avec "L'horreur économique". Invitée du Forum économique de Davos en 1998, affirmait dans ce livre que le chômage préfigure une civilisation où il faudra vivre sans travail.

  • Philippe Labarde et Bernard Maris, Ah Dieu! que la guerre économique 
    est jolie!
    ,
    Albin Michel, 1998.

Bernard Marris et Philippe Labarde, ont accouché d'un ouvrage de référence sur le fonctionnement de ce qui s'appelle dorénavant "La Mondialisation". A partir du simple constat de l'utilisation de plus en plus généralisée des termes guerriers pour évoquer les questions économiques actuelles, les auteurs déboulonnent une par une toutes les statues de l'ultra-libéralisme.

  • Edward Luttwak, Turbo-Capitalism : Winners and Losers in the Global 
    Economy
    , Harpercollins, 1999
     

Un nouveau type de capitalisme se répand à travers le monde, et ses conséquences économiques et sociales pourraient s'avérer désastreuses. Dans 'Le turbo-capitalisme', Edward Luttwak prétend que le libre marché est maintenant hors de contrôle. Avec des conséquences prévisibles au niveau de l'augmentation de la pauvreté, de la criminalité et du chômage, surtout dans les pays du tiers-monde qui ne disposent pas de systèmes politique ou légal comparable aux États-Unis dont le modèle est la référence. Contrairement au capitalisme 'civilisé' qui a marqué les années 1940 jusqu'aux années 1980, ce nouveau capitalisme est en voie de provoquer de grands bouleversements sociaux. En laissant libre cours au 'turbo-capitalisme', comme aux États-Unis et au Royaume-Uni, les autres pays s'exposent à des écarts grandissants de revenus en échange d'une croissance économique relativement faible.

  • Paul N. Doremus, Simon Reich, Louis W. Pauly, The Myth of the Global Corporation, Princeton University Press, 1998.

Les auteurs nous offrent ici une critique empirique de la thèse de la mondialisation. Ils sont allés au-delà des études sur les politiques publiques pour étudier le comportement des firmes multinationales originant des trois principales économies: l'Allemagne, le Japon et les États-Unis. Leur but étant d'examiner si leurs comportements convergeait vers un type de 'meilleures pratiques', comme la thèse le voudrait. Après avoir examiné la gouvernance économique et la finance, la recherche et le développement ainsi que les politiques commerciales et d'investissement jusqu'au milieu des années 1990, les auteurs concluent qu'il n'existe pas de convergence dans les pratiques de ces acteurs privés de la plus grande importance. Au contraire, ils font ressortir des différences de comportement qui contredisent une hypothèse centrale des théoriciens de la mondialisation.

  • Linda Weiss, The Myth of the Powerless State, Cornell University Press, 1998.

Ce livre apporte un complément théorique à l'étude précédente. L'optique de l'auteure est d'apporter une réfutation catégorique à l'une des propositions centrales de la thèse de la mondialisation: que l'État est en voie d'obsolescence. Weiss part de l'idée que l'impact des pressions économiques externes sur les économies nationales et les politiques publiques dépendra en grande partie des forces et des faiblesses des institutions domestiques. L'étude est centrée sur la constellation d'institutions et d'orientations qui renforcent ou diminuent les 'capacités transformatives' de l'État. Tout en acceptant que la mondialisation existe, l'auteure prétend que ses influences seront mitigées par l'État en autant qu'il dispose de mécanismes appropriés. Ses exemples principaux concernent l'Allemagne et le Japon, où il existerait une 'interdépendance gouvernée' entre l'État et l'entreprise privée. Cette expression réfère à une relation négociée entre le public et le privé où les participants gardent leur autonomie, mais qui demeure orientée par des objectifs plus larges définis par l'État. Dans les pays où l'interdépendance gouvernée s'est imposée pour répondre à l'évolution de l'environnement économique, les États ont maintenu, ou sont en voie de reconstituer une forte capacité pour orienter et coordoner les changements économiques.

  • Gérard Lafay, Michel Freudenberg, Colette Herzog et Deniz Üsal-Kesenci, 
    Nations
    et mondialisation, Paris, Éditions Economica, 410 pages, 1999.

Ce livre contient, d'une part, une large analyse quantitative de l'évolution des échanges mondiaux entre 1967 et 1994, pour une cinquantaine de pays et soixante-douze familles de produits. Mais il se veut aussi, d'autre part, un dossier critique du processus actuel de mondialisation. Les auteurs suggèrent de freiner ce processus tant que le contrôle des taux de change des monnaies sera laissé aux seules forces du marché. Car pour eux, c'est en manipulant les taux de change que les pays asiatiques ont été en mesure de créer une forme de dumping monétaire avec pour conséquence que les pays européens ont dû prendre des mesures pour freiner leur croissance, afin de rétablir l'équilibre des comptes, d'où un chômage de masse élevé.

  • Mark P. Hampton et Jason P. Abbott (sous la dir.), Offshore Finance Centres 
    and Taxes Havens
    . The Rise of Global Capital
    , Éditions MacMillen, 
    262 pages, 1999.

Ce livre apporte un éclairage original sur le rôle des paradis fiscaux. Il se compose d'une série d'articles d'analyse générale, complétée par de nombreuses analyses de cas particuliers tels que Malte, Jersey, Guernesey, Labuan, île Maurice et Namibie. Parmi les articles généraux, celui de Ronen Palan et Sol Picciotto propose une réflexion sur la genèse des paradis fiscaux et sur leur développement, montrant en particulier comment ces territoires procèdent à une commercialisation de leur souveraineté, créant ainsi une situation paradoxale: une dynamique où des États souverains, par leurs décisions, créent des espaces où la régulation des États ne peut plus s'exprimer. (Extraits tirés d'une recension de Christian Chavagneux dans Alternatives économiques, no 173, septembre 1999).

  • Jean-Marie Albertini, Mondialisation et stratégies industrielles
    Éditions Milan, "Les essentiels", 1999, 65 pages.

Cet économiste français, qui a déjà fait des contributions intéressantes sur les nouveaux courants de pensée en économie contemporaine, nous fournit dans ce petit livre une multitude de brèves réflexions sur la mondialisation. Moins sur les risques que sur les opportunités qui s'ouvrent avec elle d'un point de vue de l'économie réelle. De nombreux exemples sont tirés du secteur automobile.

  • Bertrand Badie, Un monde sans souveraineté. Les États entre ruse et 
    responsabilité
    , Éditions Fayard, 1999, 306 pages.

Pour l'auteur, la notion de souveraineté est une construction sociale qui évolue avec le temps, se transforme selon les contextes. Or, dans le contexte actuel de mondialisation, d'interdépendance croissante entre les peuples et les États, on passerait du concept de souveraineté à celui de responsabilité. Les acteurs sociaux seraient de plus en plus dans une dynamique de production collective de biens communs mondiaux, intervenant lorsqu'il le faut contre les joueurs moins coopératifs. Et pour Bertrand Badie, c'est la pression d'une société civile internationale en émergence qui permettra d'encadrer les États qui, sous le couvert de la morale, seraient tenter d'appliquer la loi du plus fort.

  • Georges Soros, La crise du capitalisme mondial. L'intégrisme des marchés
    Éditions Plon, 1999, 258 pages.

Georges Soros connaît bien le thème qu'il traite. Comme Keynes en son temps, sa connaissance des mécanismes boursiers lui a permis d'accéder à une indépendance financière confortable. Il peut maintenant réfléchir calmement sur l'état du monde. Mais en cela il n'est guère optimiste: si un pouvoir politique supranational n'impose pas de nouvelles règles du jeu aux acteurs financiers, il prévoit une catastrophe. Pensons, en effet, ce qu'il adviendrait si les États-Unis subissait tout à coup un dégonflement subit de leur bulle financière alors que le Japon ne s'est pas encore remis du sien, qui date déjà de presque dix ans, et que l'Europe politique reste encore une intention virtuelle ! Pour Sorros les solutions existent déjà pour mettre au pas les intégristes du marché: limiter les effets de levier et les capacités d'emprunts des spéculateurs, tout en augmentant le contrôle des acteurs financiers. Mais il est convaincu que nous devrons d'abord passer par une catastrophe avant que soient prises les mesures adéquates: est-ce que son intuition politique est aussi bonne que son intuition boursière ?

  • Susan Strange. 1998. Mad Money
    Manchester University Press, 212 p.

Susan Strange, professeur d'économie politique internationale à l'Université de Warwick, au Royaume-Uni, décédé le 25 octobre dernier d'une longue maladie, nous a légué un dernier ouvrage. Publié seulement quelques semaines avant son décès, Mad Money nous donne accès à ses dernières réflexions sur la problématique de la finance internationale, qui a été au coeur de ses préoccupations. L'ouvrage est composé de vastes analyses de l'histoire et de la dynamique des marchés financiers internationaux, de ses acteurs, d'une revues des propositions en cours pour leur réforme, enfin de quelques pistes de solutions suggérées par l'auteure, qui gardait malgré tout un optimisme volontaire exempt de fatalisme.

  • Mondialisation, villes et territoires
    Pierre Veltz,  Presses Universitaires de France, 1996

"Ce livre explore les liens entre trois grands processus : la mondialisation de l'économie ; la polarisation spatiale croissante au profit des zones les plus développées, des grandes métropoles en particulier ; les mutations profondes des modes d'organisation de la production, saisies ici au plus près de leur genèse concrète dans les entreprises.

Au départ, un immense paradoxe : incomparablement plus fluide, l'économie mondiale semble se resserrer de plus en plus autour d'un réseau-archipel de grands pôles. Et elle reste profondément ancrée dans les territoires. Pour en rendre compte, l'ouvrage combine deux registres : une étude des tendances à grande échelle de la « globalisation » ; une analyse détaillée des nouvelles formes de production, de la rupture avec le taylorisme, du développement des coopérations intra- et interfirmes, marchandes et non marchandes, comme conditions de la compétitivité. Le rôle du territoire, à partir de là, est radicalement redéfini : les coûts de la distance n'ont plus qu'un rôle marginal, les effets importants sont relationnels, socio-historiques."

  • Mondialisation au-delà des mythes
    La Découverte. Les dossiers de l'État du Monde.

    Dans la table des matières:
  • Les Mots et les réalités, par Robert Boyer
  • L'économie mondiale, une économie d'archipel, par Pierre Veltz
  • Les enjeux de la globalisation financière, par Dominique Plihon
  • La nouvelle idéologie globalitaire, par Armand Mattelart
  • Vers une mondialisation du droit international ?, par Alain Pellet
  • Mondialisation, emploi et inégalités, par Pierre-Noël Giraud
  • Les marges de manoeuvre des politiques économiques, par Françoise Milewski
  • La régionalisation contre la mondialisation, par Fréderique Sachwald
  • Universalisme et droits de l'homme, par Philippe Texier
  • Les nouvelles frontière de l'immigration, par Philippe Dewitte
  • La guerre économique n'est pas une fatalité, par Patrick Viveret


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Révision : 19 février 2004.