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Pouvoir et contre-pouvoir à l’ère de la mondialisation
de Ulrich Beck, Aubier, 2003
Coincés entre les acteurs économiques privés et la société civile mondiale, les États ne sont pas amenés à disparaître pour autant croît le sociologue allemand Ulrich Beck. Ils ont les moyens de reconquérir du pouvoir en contrant le capital et en s’alliant avec la société civile. Ils disposent à cet effet de plusieurs stratégies. Il leur faut montrer qu’ils sont indispensables, que la démocratie et la culture par exemple, ne peuvent être laissées aux mains de la logique économique. Ils doivent reréguler, dé-privatiser certains domaines, chercher à intensifier la concurrence versus les oligopoles et les monopoles, et enfin proposer des projets politiques et savoir faire rêver.
Source : Alternatives économiques
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Les multinationales et la mise en concurrence des salariés
Claude Pottier, L'Harmattan, Paris, 2003
Contrairement à la théorie néolibérale, pour qui l'abondance du facteur travail explique et justifie les délocalisations d'activités productives vers les pays à faible coûts salariaux, l'ouvrage de Claude Pottier part de la volonté des firmes multinationales d'utiliser pleinement à leur profit les disparités entre les pays avancées et les pays "retardataires". A travers des études sectorielles très fouillées et des analyses différenciées des stratégies des firmes américaines, européennes et japonaises, il montre que les multinationales ont réussi à se constituer des zones d'extension de leur production, et cela globalement au détriment du facteur travail. L'étude du cas japonais prouve cependant que l'intégration des pays d'Asie du Sud dans le réseau productif japonais a fortement contribué à la croissance de ces pays. En règle générale, les firmes "développent à la fois des stratégies d'innovation réglées par la concurrence hors coût, et, pour les produits arrivés à maturité, des stratégies de production de masse dont l'axe central est la diminution des coûts". Enfin, l'ouvrage examine non seulement les formes de la mise en concurrence des salariés, mais aussi les questions des régulations du rapport capital/travail. Un ouvrage important par son apport empirique et théorique sur les effets sociaux de la mondialisation.
Source : Le Monde diplomatique
Au coeur du mouvement altermondialiste gît un débat, aussi profond qu'il est feutré, auquel le sociologue Sami Naïr contribue par son dernier ouvrage. Ce débat porte sur la façon la plus efficace de s'opposer au nouveau capitalisme globalisé qui, selon Naïr, s'étend désormais aux dimensions d'un " empire marchand ". Si l'américanisation - " impérialisme dans l'empire " - donne un visage à ce processus, on ne saurait toutefois confondre ce " système-monde " avec l'hégémonisme nord-américain, précise l'auteur. Pour les uns, l'antidote, c'est la reconstitution d'une " internationale " nouvelle qui, de contre-sommet en contre-sommet, organise la résistance au néolibéralisme par la constitution d'une société civile, elle aussi mondialisée. Pour les autres - et Sami Naïr, est de ceux là - " L'Etat nation reste le principal instrument de défense ". La preuve ? " S'il y a un endroit au monde où l'on ne perd pas son temps en stériles palabres sur la "crise" ou la "fin" de l'Etat nation, c'est bien aux Etats-Unis. La question est de savoir comment on va prendre "en charge" le monde ", précise-t-il. La solution pour restaurer la diversité et l'égalité face à la toute puissance des Etats-Unis passe également par l'Europe, si possible alliée à un pôle russe où serait achevée enfin la " transition démocratique ".
En 42 chapitres courts et pédagogiques, l'ouvrage dresse le tableau alarmant d'un système qui déconstitue les identités sociales et les solidarités de classes. Un système qui ne laisse plus au citoyen que le choix dérisoire entre la solitude de l'individu et la hiérarchie ethnique. Aux analyses inspirées du marxisme, se superposent des références critiques plus récentes. Des proches
d'Attac par exemple, Susan George et l'économiste René Passet, à l'historien marxiste américain Immanuel
Wallerstein, au philosophe Albert Hirschmann ou au sociologue Zygmunt Bauman.
Source : Le Monde
Et si l'Europe et les États-Unis fusionnaient pour former les États-Unis d'Occident? De toute façon, le Vieux Monde est culturellement américanisé et n'est plus qu'une province de l'Empire américain. Telle est la proposition, fondée sur une série de constats désabusés, qu'ose faire Xavier de C*** dans une lettre à son confrère de classe Régis Debray. Xavier serait un ancien haut fonctionnaire français ayant décidé de se mettre au service des États-Unis et de demander sa citoyenneté. Debray, écrivain, ancien compagnon d'armes du
Che, d'Allende et de Mitterrand, dit avoir traduit de l'anglais la fameuse lettre. Il la publie non sans lui adjoindre une réponse. Mais Xavier, c'est en fait Debray, qui s'offre ici un débat imaginaire sur la marginalisation et le déclin de l'Europe face aux États-Unis, Rome contemporaine. Debray dialogue avec lui- même, avec une partie de lui- même qu'il réfute (pas d'accord avec la solution proposée) mais qu'il assume aussi (visiblement d'accord avec le diagnostic - pourtant bien rapide). Il s'en explique dans une postface en forme d'épitaphe.
Source : Le Devoir
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Fear's Empire: War, Terrorism, and Democracy
de Benjamin Barber, W.W. Norton & Company, 2003
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Incoherent Empire
de Michael Mann, Verso Books, 2003
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The Sorrows of Empire. How the Americans lost their country,
de Chalmers Johnson, Metropolitan Books, (à paraître)
Les États-Unis et leur nouvelle politique unilatérale, marquée par leur offensive militaire contre l'Irak, exercent une fascination critique. Alors que juste après les attentats du 11 septembre, une vague de sympathie et de compassion, était de mise partout dans le monde, l'atmosphère est aujourd’hui toute différente. La nouvelle politique extérieure des États-Unis et ses théories d'offensives préventives contre les États voyous ont provoqué une vague de critiques sur toute la terre. Parmi les détracteurs, toute une série d'éminents politologues américains passent au crible la politique néoconservatrice du gouvernement de George W. Bush. Les attentats ont provoqué un changement radical dans la politique étrangère des É.-U., notent ces politologues critiques. S'appuyant jusqu'ici sur un réseau d'alliances de part le monde, les É.-U. ont maintenant seulement confiance en eux-mêmes. Et les détracteurs de prévenir: l'arrogance vient avant la chute. Selon Benjamin Barber, les É.-U. font preuve d'une volonté d'expansion irrésistible qu'ils justifient par leur crainte pour leur propre sécurité. Ils tentent de se protéger en répandant tout autour d'eux la peur.
Le Japon va-t-il renaître de ses cendres ? Le moment est décisif, celui où le pire et le meilleur du modèle japonais rivalisent, comme l'analyse Jean-Marie Bouissou, expert de l'Archipel. Pour les Occidentaux, son avenir se lit toujours à travers le prisme des années 1960 et 1990. Lorsqu'il a montré sa stupéfiante capacité à accéder au rang de deuxième puissance économique mondiale tout en développant un type de société parmi les plus égalitaires de la planète. Mais la chute a été aussi imparable qu'inimaginable pour nos compteurs de société régulée. Quand tout nous sépare de cette politique économique vouée en priorité à accroître la cohésion nationale, bâtie sur une forte interaction entre les différentes élites et où l'Etat se décharge radicalement de la protection sociale sur les entreprises, grandes ou petites.
" Sous la pression de la mondialisation, le processus de décision a disjoncté à tous les niveaux. Il en est résulté un blocage presque total qui explique l'étrange impuissance dont le gouvernement et l'administration font preuve face à la crise ", analyse l'auteur. La relation de fascination-répulsion avec les Etats-Unis est perpétuellement sous-jacente. La rivalité extrême avec une Chine au développement fulgurant, aussi. On en arrive à la question finale : quels futurs pour le Japon ? " Grand Rebond, Suisse de l'Asie ou fin de l'Empire ? " Le mystère demeure quand de surcroît la destruction massive des immenses richesses de l'Archipel semble finalement affecter aussi peu la marche du globe. Mais quel potentiel.
Source : Le Figaro Économie
C'est en partant de la première internationalisation de l'économie, cette mondialisation qui s'est jouée entre 1870 et 1914, que Suzanne Berger, professeur de sciences politiques au MIT, tire les leçons de ce qu'elle appelle un " échec oublié " : quand la révolution des transports et des technologies se fracasse sur les marches de la Grande Guerre. Certes, les situations ne sont pas identiques. Mais l'intérêt est d'utiliser " un précédent historique pour examiner d'un oeil critique l'idée selon laquelle les différentes options politiques qui s'offrent aux sociétés seraient rigoureusement limitées par les transformations de l'économie internationale ". La leçon est moins pessimiste qu'annoncé : la première mondialisation a laissé une certaine marge de manoeuvre à l'initiative politique. Que l'on ne nous explique donc pas aujourd'hui que nous sommes pieds et mains livrés au marché global. Pourquoi ne serions-nous pas aussi capables que nos prédécesseurs de nous protéger si nous le jugions utiles du mouvement international des biens, des capitaux et du travail ?
Source : Le Figaro Économie
Ce dictionnaire, qui étudie la situation de 134 pays, est en fait une véritable encyclopédie reliant les questions géopolitiques aux grands trafics de la mondialisation criminelle. Dans la ligne du travail réalisé par le défunt Observatoire géopolitique des drogues, mort du désintérêt des pouvoirs publics, Alain Labrousse montre que les équilibres géopolitiques se concoctent non seulement dans les chancelleries ou les conseils d'administration des grandes banques, mais aussi sur les routes des caravanes, dans les plantations de cocaïers colombiens ou les champs de cannabis marocains. Cette approche offre des perspectives dérangeantes, mais nécessaires. On comprend ainsi combien les enjeux géopolitiques et stratégiques mondiaux sont liés au développement d'une économie qui n'est plus parallèle, mais imbriquée dans les mécanismes de la globalisation économique et financière. Et l'on se prend à penser que si les spécialistes officiels du
"géopolitiquement correct" oublient d'en parler, c'est sans doute parce que cette économie crimino-légale est bien dérangeante, mais aussi bien profitable.
Source : Le Monde diplomatique
Philippe Auberger décrit de façon didactique le " paradoxe démocratique " de ce début du XXIe siècle : si la démocratie et l'économie de marché sont " les deux faces d'un même système politique et social " tendant à devenir universel, un déséquilibre croissant s'est instauré. Mondialisation, concentration des entreprises, déréglementation offrent à l'économie de marché des moyens de plus en plus puissants pour faire prévaloir ses ambitions. Alors même que le système démocratique perd des leviers, paraît " daté ", voire " ridé " . Et le député de l'Yonne de stigmatiser, les tenants de l'école dite des " choix publics " qui assimilent les électeurs à des consommateurs intervenant dans des cycles politico-économiques : une " vision bien statique du choix politique " basée sur un électeur " amnésique " . Mais, conscient des limites de la démocratie représentative et des risques de dérives vers une " dictature d'apparence ", l'auteur se fait le défenseur d'une démocratie plus décentralisée, " déléguée ". A condition qu'elle soit maîtrisée et s'accompagne d'une transparence et d'un contrôle efficace d'élus lui apportant sa légitimité. Une approche pragmatique des problèmes internationaux, européens et nationaux qui suscitera le débat. Mais qui cherche à sauvegarder le dénominateur commun de l'économie de marché et de la démocratie : la liberté.
Source : Les Échos
L’auteur se veut polémique. A ses yeux, le " surinvestissement de l'économique " est venu pervertir l'esprit des lois de Montesquieu, fondement de la démocratie. En enfonçant " les logiques marchandes au coeur des activités sociales et culturelles ", les néolibéraux ont émoussé les liens de solidarité entre les citoyens et risquent d'imposer, si l'on n'y prend garde, un système porteur de " misères et de violences " . Pour l'auteur, la logique des milieux d'affaires tendant à utiliser
l'Etat dans " sa conception technocratique ", pour, parfois, le contourner, ne peut sans danger évacuer un lien social reposant " sur un mélange de coercition et de solidarité " . Les impératifs écologiques condamnent les pouvoirs politiques à " définir de nouveaux indicateurs de croissance et de bien-être ", au-delà des contraintes du marché. Et le principe de sécurité collective au niveau de la planète impose des responsabilités communes dépassant les seuls critères de rentabilité. Bref, nous sommes condamnés à innover " en évitant aussi bien le modèle censitaire et technocratique des institutions de Bretton Woods (...) que les rituels pseudo-démocratiques des Nations unies ". Cet appel à l'invention de " formes institutionnelles hybrides, comme c'est le cas aujourd'hui au sein de l'Union européenne " a le mérite d'en rappeler les enjeux.
Un livre qui dénonce cette " autre opacité du monde " qui, aujourd'hui, met à mal valeurs et cultures. nous y convie à la découverte parfois ardue mais souvent passionnante, des rapports entre politique et religion, de clefs culturelles méconnues ou oubliées. Il tente de dépasser les conflits nés de la tyrannie des marchés et de la communication comme d'une " foi aveugle en la technologie ". Pour réhabiliter, " le capital culturel " propre à chaque économie nationale, facteur, selon lui, de
realpolitik. Comme ironise l'auteur, lorsque les politologues et les économistes piétinent, on demande aux anthropologues de trouver des réponses aux problèmes les plus urgents. Sa conclusion est loin d'être évidente dans un monde pris dans une course de vitesse : selon lui, " le dialogue des cultures et des religions doit précéder les alliances politiques et les coopérations économiques " . Pour rechercher une " paix " qui ne peut être assimilée à une idéologie ou au pacifisme, mais peut seule permettre, selon lui, " de ne pas faire violence au rythme de la réalité " .
Source : Les Échos
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The Offshore World: Sovereign Markets, Virtual Places and Nomad Millionaires
Ronen Palan, Cornell University Press, 2003
Les paradis fiscaux, vous connaissez ? Et les zones franches, les pavillons de complaisance ? Tout cela contribue à former le " monde de l’offshore ", un espace juridique virtuel où l’on peut vivre en échappant aux lois et aux règles des
Etats. Ce monde s’est installé au cœur du capitalisme. Ronen Palan, chercheur à l’université de Sussex, nous le fait découvrir, en mêlant économie, analyse politique et histoire, caractéristique de l’approche d’économie politique internationale dont il est le leader incontesté au Royaume-Uni.
Source : Alternatives économiques
L'agriculture donne du travail à un actif sur deux et contribue au cinquième de la production (PIB) de biens et services. Ce chiffrage ne concerne pas l'Europe du XIXe siècle mais les pays en développement, soit environ les trois quarts de l'humanité. Carfantan donne ces ordres de grandeur pour bien montrer l'importance de son sujet. L'agriculture garde une place prépondérante dans l'activité économique du monde, contrairement à ce que sont tentés de croire les Européens ou les Américains, dont les agriculteurs représentent 2 % à 3 % de la population active. Le livre propose " un nouvel ordre agricole et alimentaire " en sous-titre alors que le titre se veut polémique, La Mondialisation déloyale. Spécialiste du commerce international et conseiller de coopératives agricoles du sud du Brésil, l'auteur n'appartient pourtant nullement aux mouvements antimondialisation. Au contraire, il stigmatise les " théories du complot " prétendant que l'agriculture mondiale serait en train de passer sous la coupe réglée d'une poignée de multinationales. Il dénonce en revanche l'échange inégal qui s'est instauré entre la triade États-Unis, Europe et Japon d'un côté, et les pays du Sud de l'autre. Le manque de loyauté caractérise le commerce international dans sa globalité : la réduction des barrières douanières s'est faite en faveur des produits industriels pour lesquels les pays du Nord disposaient d'un avantage compétitif. Quant à l'agriculture, les subventions des pays développés en faveur de leurs producteurs atteignent désormais près d'un milliard de dollars par jour, ces aides contribuant à déprimer les cours.
Carfantan se situe dans cette ligne qui associe mondialisation et prospérité des nations, à condition que le libéralisme ne fonctionne pas de façon asymétrique. Son originalité ne réside ni dans la dénonciation des formes de protectionnisme des pays du Nord, ni même dans ses propositions de réformes globales qui sont déjà sur la table. Son apport se situe dans les analyses prospectives des pays émergents. Il souligne qu'ils sont amenés à devenir le centre de gravité du marché mondial agricole et expose les défis auxquels sont confrontés la Chine et l'Inde condamnées à l'ouverture pour assurer leurs besoins, ou encore les révolutions vertes et les progrès accomplis dans de nombreux pays du Sud. L'ouvrage explore les différents scénarios de réforme internationale, sans omettre les risques de l'immobilisme.
Source : Le Figaro Économie
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Civilisation, globalisation, guerre. Discours d'économistes
(sous la direction de) Jacques Fontanel.
Presses universitaires de Grenoble, 2003
Aujourd'hui, c'est "l'économie américaine (qui) utilise sa puissance militaire pour améliorer sa puissance économique et vice versa", estiment Jacques Fontanel et Fanny Coulomb. Mais certains économistes soulignent les fragilités d'une telle concentration de puissance. En raison de coût notamment : avec un budget militaire de près de 400 milliards de dollars, l'Amérique dépense trois fois plus pour sa défense que l'Union européenne et davantage que le reste du monde réuni. Le montant de ce budget approche le chiffre du déficit commercial qui a atteint un record l'année dernière. Mais ce fardeau irrigue aussi la croissance. "L'économie américaine bénéficie d'une avance technologique et conceptuelle considérable dans les industries du futur", estiment Jacques Fontanel et Fanny Coulomb. "L'économie américaine bénéficie d'une avance technologique et conceptuelle considérable dans les industries du futur", estiment Jacques Fontanel et Fanny Coulomb. Depuis cinq ans les budgets d'équipement militaire consacrés au secteur spatial sont dans un rapport "de 1 à 25 entre l'Europe et aux États-Unis" alertait récemment Claudie Haigneré, ministre de la Recherche et des Nouvelles Technologies. "Le rapport dans le secteur des télécommunications est, pour sa part, de 1 à 8." Ce qui "rend de plus en plus difficile une compétition commerciale équitable" entre l'Europe et les États-Unis, ajoutait le ministre. Ce qui nuance la thèse d'un déclin américain, "toujours annoncé et pas encore amorcé", selon la formule de Jacques Fontanel et Fanny Coulomb.
Les Stratégies monétaires 
Denise Flouzat,
Presses universitaires de France, 2003
Les gouverneurs de banques centrales ont acquis une notoriété d'autant plus impressionnante que l'action des pouvoirs publics a simultanément donné l'impression d'être dévalorisée du fait de la globalisation financière. Le titre du Que sais-je ? de Denise Flouzat prend acte de ce nouveau rapport de forces. Les " stratégies monétaires " vont en effet au-delà de la conception traditionnelle, instrumentale et mécaniste. Il ne s'agit plus seulement de contrôler la " création monétaire ", mais d'envoyer des signaux aux marchés. " Les banquiers centraux, responsables des stratégies monétaires, se situent dans un monde où leurs manoeuvres s'apparentent à celles préconisées par l'art militaire : observation, utilisation de l'information, gesticulation, attaque et défense de positions ", écrit l'auteur, professeur à
Paris-I. Le livre a une visée pédagogique, comme le veut la collection, ce qui ne l'empêche nullement de traiter les débats les plus actuels. Une banque centrale doit-elle se soucier exclusivement de la stabilité des prix des biens et services ou s'intéresser également aux cours des actifs financiers et immobiliers ? Les deux innovations majeures que sont la globalisation financière, apparue au début des années 90, et la création de
l'euro constituent le point de départ. La problématique des banques centrales et de leur rôle est étudiée à partir des trois exemples de la Fed américaine, de la Banque centrale européenne et de la Banque du Japon.
La mondialisation
Jean-Claude Ruano-Borbalan et Sylvain Allemand
Paris, Éditions Le Cavalier bleu
Collection Idées reçues, 2002
" La mondialisation, c’est le triomphe du libéralisme sauvage "; " La mondialisation profite aux pays riches "; " Un citoyen mondial est en train de naître "; " Les multinationales sont les maîtres du monde "; " La mondialisation détruit l’environnement "; " La mondialisation favorise les crises et les krachs "...Issues de la tradition ou de l’air du temps, mêlant souvent le vrai et le faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. Les auteurs les prennent pour point de départ et apportent ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on sait ou croit savoir.
L'Autre mondialisation 
Dominique Wolton,
Paris, Flammarion 2003.
Dominique Wolton est un intellectuel français pas tout à fait représentatif du modèle dominant en France: aux idéologies et aux systèmes de pensée rigides, il préfère l'empirisme et le paradoxe. Bien qu'étant plutôt du genre intellectuel à la mode, ayant connu assez jeune la notoriété, il se démarque volontiers du courant aujourd'hui dominant chez les intellectuels parisiens- anciens "nouveaux philosophes" en tête-, qui oscille entre le libéralisme tous azimuts,
l'antinationalisme et le cosmopolitisme. Il se veut défenseur de "l'exception culturelle", et donc d'un certain nationalisme, alors que les intellectuels les plus connus ne jurent que par l'ouverture des frontières. Mais les gens ordinaires, eux, ont besoin d'entendre parler de leurs racines, de se retrouver dans les fictions de la télé et du cinéma. S'ils sont abreuvés exclusivement par les industries culturelles américaines, ils sont totalement déboussolés. Et, d'ailleurs, paradoxalement, le rouleau compresseur de l'info et de la sous-culture américaine, lorsqu'il écrase véritablement tous les particularismes nationaux, en Europe ou ailleurs, a un effet de boomerang, qui se retourne contre ses promoteurs avec l'antiaméricanisme.
Source : La Presse
Wahington et le monde, dilemmes d’une superpuissance 
Pierre Hassner et Justin Vaïsse,
Éditions Autrement
Il est difficile de comprendre, et encore plus en Europe semble-t-il, pourquoi Bush est parti en guerre contre l'Irak. Avec un constant souci de clarté, appuyé sur de courts extraits, les auteurs expliquent les tenants du débat américain de politique étrangère. On saisit alors mieux l'évidence de la guerre, avec ce mélange de réalisme (détruire une menace) et d'idéalisme (répandre les valeurs made in USA). On découvre aussi l'enjeu de l'après-guerre, comme le disent les auteurs: " Le défi premier auquel les États-Unis ont à faire face au XXIe siècle n'est pas l'éradication de la terreur, mais la gestion de l'empire américain informel acquis au cours du dernier siècle. "
L’organisation mondiale du commerce : Où s’en va la mondialisation?
Sous la direction de Christian Deblock
Fides, Montréal, 2002.
Confrontés aux réalités nouvelles de la mondialisation et devant les besoins particuliers des pays en développement, l’OMC et les nouveaux accords commerciaux sont forts critiqués. D’où vient le malaise? Quelles directions prendre pour les prochaines années? Doha marquera-t-il un tournant? Rassemblant les analyses de nombreux spécialistes du droit et du commerce international, cet ouvrage fait le point sur les débats qui entourent l’OMC, des " nouvelles " questions touchant à l’élargissement du mandat de l’institution à la réforme du système commercial international, en passant par le problème des droits – de la personne, de l’environnement, à la santé et au développement - éclipsés par la libéralisation du commerce.
20 :21 Vision : Twentieth Century Lesson for the Twenty-First Century,

Bill Emmott
Farrar, Strauss & Giroux
Écrit par l’éditeur en chef de la revue britannique The Economist, ce livre aborde deux questions centrales: premièrement, les États-Unis seront-ils encore capables de mener le monde et de préserver la paix comme à la fin du 20e siècle ? " Heureusement oui " selon cet adepte des théories réalistes en relations internationales pour lesquelles seul un pays dominant peut assurer l’ordre international. Sa puissance économique et ses investissements militaires le permettront. Utiliseront-ils cette capacité à bon escient ? Probablement oui, parce que les États-Unis exercent un leadership essentiellement souple malgré quelques égarements. La seconde question posée par Emmott est la suivante: Est-ce que les atouts du capitalisme compensent ses faiblesses au point d’encourager les peuples et leurs gouvernements d’y maintenir leur confiance ? Selon lui, et malgré son instabilité et les inégalités inhérentes, le système capitaliste va perdurer dans le temps car lui seul peut générer la croissance dans une économie complexe. À cet égard, le monde repose aujourd’hui sur des assises plus solides qu’au début du 20e siècle, quand l’hégémonie britannique était défiée, et alors qu’émergeaient la suspicion à l’égard du capitalisme et du libre-échange. Pour Emmott, les critiques du capitalisme exagèrent ses lacunes dans la mesure où les dernières années ont connu une tendance à la démocratisation et la libéralisation économique. Ce qui distingue Emmott des auteurs néo-libéraux plus orthodoxes est sa conviction que l’État doit jouer un rôle important afin de mettre en place un contexte juridique, social et politique où les marchés pourront opérer avec plus d’efficience. De plus, l’État doit orienter les marchés afin que ceux-ci puissent limiter les inégalités et la dégradation environnementale. S’il est peu probable que ce livre convainque les opposants à l’hégémonie américaine, où encore tous ceux qui doutent fortement que les marchés puissent servir la justice sociale ou l’environnement, il représente tout de même un défi intellectuel lancé à la gauche.
La tragédie monétaire : Quelle monnaie pour la mondialisation ?

Pierre Leconte
Ed, François-Xavier de Guibert, 2003.
La thèse développée avec par M. Leconte est que le désordre monétaire actuel aboutira au chaos économique. Sa cible principale est le régime de taux de changes flottant imposé par les États-Unis en 1971, et dont il fait une noire description. " Une monnaie principale parce qu'émise par la première puissance économique mondiale, le dollar des États-Unis, véritable néant habillé en monnaie, un pur assignat inconvertible en une valeur tangible et objectivement reconnue, varie dans de très courtes périodes de temps de manière considérable par rapport à plusieurs autres monnaies secondaires, tout aussi sans valeur réelle, et volatile : l'euro, la livre sterling, le franc suisse et le yen japonais ".
Cette hégémonie monétaire américaine - confirmée aujourd'hui par l'habileté de Washington à faire baisser le billet vert - est lourde de conséquences. La première, selon M. Leconte, est d'entretenir l'endettement des pays en développement et par là même les inégalités dans le monde. Grâce au statut prééminent du dollar, les États-Unis ont la capacité d'absorber une large part de l'épargne mondiale pour financer leurs déficits, privant du même coup les nations les plus pauvres des capitaux nécessaires à leur décollage économique. Deuxième conséquence catastrophique de l'étalon dollar : la formation de bulles spéculatives structurelles par excès de crédit et incapacité des banques centrales à gérer efficacement la création de monnaie. D'où, pour mettre fin à ces dérives et ces déséquilibres, la solution qu'il préconise d'un retour à l'étalon or, qui permettrait, en redonnant une référence réelle aux monnaies, de revenir à la raison et à l'ordre monétaires. Que l'on juge utopique ou non l'instauration d'un étalon or, le livre de M. Leconte a le mérite de souligner à quel point il serait urgent, ne serait-ce que pour s'adapter à la mondialisation économique, de réformer un système monétaire international mis en place il y a trente ans et qui a montré ses failles.
Source : Le Monde
Naomi Klein après " No logo "
Deux ans après le succès de son enquête sur la " tyrannie des marques ", No Logo (Actes Sud), la journaliste canadienne Naomi Klein livre ses réflexions sur la mondialisation dans Journal d'une combattante, aux éditions Actes Sud. Polémique en perspective.
Advancing Socio-Economics : An Institutionalist Perspective
(sous la direction de) J. Rogers Hollingsworth, Karl H. Müller et Ellen Jane Hollingsworth.
Lanham, Maryland, Rowman et Littlefield Publishers, 2002.
Ouvrage collectif divisé en trois parties sur les plus récents développements en sociologie économique. La partie III est consacrée aux systèmes sociaux de production et donc aux particularismes nationaux qui persistent malgré les pressions à la convergence induits par la mondialisation.
Canada, Globalization and Well-Being 
John Helliwell
UBC Press, 2002
Helliwell, un économiste à l’université de la Colombie-Britannique, prend à contrepartie les partisans d’une approche continentale étroite en matière de politique étrangère canadienne. Une harmonisation trop poussée avec les États-Unis représente un non-sens selon lui, dans la mesure où ce pays, par la force de la démographie et du phénomène de rattrapage, est destiné à représenter une part de moins en moins importante de l’économie mondiale. Un rapprochement pouvait sembler logique en période de croissance économique au sud de la frontière, mais il pourrait s’avérer contre-productif à la longue.
La puissance et la faiblesse : Les États-Unis et l’Europe dans le nouvel ordre mondial

Robert Kagan,
Paris, Plon, 2003
Une Amérique sûre de sa force, une Europe qui se réfugie dans le juridisme : le diagnostic cruel d'un faucon américain. Si l'on veut comprendre quoi que ce soit à la querelle qui fait rage aujourd'hui entre les États-Unis et la France, il faut lire ce petit livre du chercheur américain Robert Kagan. Bien au-delà de la confrontation immédiate des diplomaties antagonistes, du choc des intérêts contradictoires, des principes concurrents ou des prestiges blessés, il fournit en effet l'essentiel, c'est-à-dire l'interprétation historique de la dissociation qui se produit entre Américains et Européens, a fortiori entre Washington et Paris. La thèse de Kagan est brillante et féroce, brutale et éclairante, cynique et contestable. Elle constitue, pour déchiffrer le nouvel ordre mondial, à la fois tyrannique et vulnérable, l'équivalent de la fameuse thèse de George Kennan sur " l'endiguement " à l'époque de la guerre froide. Il y a eu la doctrine Kennan, il y aura la doctrine
Kagan. Source : Alain Duhamel dans Le Point.
Being America: Liberty, Commerce, and Violence in an American World.

Jedediah Purdy
New York, Alfred A. Knopf. 2003
Afin de comprendre comment la mondialisation néo-libérale a pu créer autant de ressentiment envers les États-Unis, l’auteur a voyagé en Asie ainsi qu’au Moyen-Orient pour échanger avec des étudiants, des hommes d’affaires, et des militants religieux ou nationalistes. La mondialisation a produit bien des bouleversements écrit Purdy, au point de provoquer un mouvement " tectonique " au niveau des traditions et des institutions et de soulever le ressentiment des populations. Bien que cette description se rapproche des observations de Marx sur les marchés, la destruction des institutions et leur impact sur la psychologie des masses, Purdy s’en démarque à deux niveaux. Il ne partage pas la confiance propre au 19e siècle envers un progrès inéluctable. Si Marx voyait dans le prolétariat le moteur d’un monde nouveau, Purdy voit un conflit non résolu entre deux tendances, une plutôt libérale et tolérante, l’autre antilibérale, fanatisée et violente. Ces tendances ajoute-t-il peuvent coexister au sein d’un même pays, même chez une seule personne. Ensuite, si Marx percevait l’histoire comme étant mue par les forces inexorables de l’économie, Purdy donne à celles-ci un visage américain. En effet, dans la mesure où la mondialisation est perçue ailleurs comme un phénomène essentiellement américain, lorsque des difficultés se produisent les États-Unis sont pointés du doigt. Il revient donc aux États-Unis de prêcher par l’exemple pour que prévalent des valeurs comme l’ouverture et la liberté.
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La grande désillusion: échecs de la
mondialisation
Joseph Stiglitz
Fayard, 2002
Prix Nobel d'économie en 2001, Stiglitz revendique
deux casquettes, le "scientifique sans passion", et l'"insider".
Le propos du livre est de montrer que les institutions internationales, en
particulier le FMI (en complicité avec le Trésor américain), sont
largement responsables de la stagnation des pays africains, de la crise
asiatique, de l'effondrement de la Russie, etc. Stiglitz critique en
particulier la triade du "consensus de Washington" (austérité
fiscale, libéralisation des échanges, privatisation), et montre comment
son application aveugle par le FMI a fait empirer ou produit des
situations de crise. Pour les antimondialisation, un livre paré de cette
double légitimité est une bénédiction. Source : Libération
Michalet explique ici les différentes phases de l’internationalisation
des économies, le rôle joué par les États et les acteurs privés dont
les multinationales, et la façon dont a évolué le débat sur la
régulation. Pour contrer le déclin de l’État-nation, selon lui
inéluctable, Michalet identifie deux voies possibles pour la régulation
de la mondialisation : le pouvoir renforcé des métropoles
régionales et le développement d’agences privées, techniques et
professionnelles. Source : Alternatives économiques.
Pour l'économiste Kostas Vergopoulos, " le cours
de l'Histoire (n'obéit) pas toujours aux principes des intérêts
économiques et de la rationalité et souvent même s'y oppose ". Il
n'hésite pas à intituler son livre La Fin d'un cycle. " L'élan de
la mondialisation, concentré d'abord sur la mobilité du capital
financier et l'essor des marchés financiers, ensuite sur l'extraordinaire
aventure de l'informatique et de la nouvelle économie, se voit
aujourd'hui, déjà avant le fatidique 11 septembre, remplacé par le
repli, plus classique, sur les dépenses militaires et de sécurité
".
Il ne s'agit pas de refuser l'internationalisation des
échanges de marchandises, d'informations, de capitaux et des hommes,
phénomène incontournable lié aux technologies. Mais il convient d'en
critiquer la gestion qui en est faite. Se référant aux analyses
d'experts principalement américains, comme le politologue Stanley Hoffman,
l'économiste Paul Krugman et l'historien Harold James, Kostas Vergopoulos
cible ses critiques sur " l'Amérique (qui) opte toujours pour la
déréglementation internationale et l'unilatéralisme ".
Source : Le Figaro
-
La mondialisation et l’emploi
Jean-Marie Cardebat
Éditions La Découverte, 2002
La libéralisation des échanges crée-t-elle plus
d'emplois qu'elle n'en détruit ? Génère-t-elle de nouvelles
inégalités entre les salariés ? C'est à ces questions, au coeur des
débats sur les vices et les vertus de la mondialisation, que Jean- Marie
Cardebat tente de répondre dans ce petit ouvrage marqué par la rigueur
de l'économiste qui ne saurait conclure au-delà de ce que les travaux
empiriques ont à ce jour permis d'établir. C'est à la fois sa force et
sa faiblesse quand l'abondance, la diversité, voire la divergence des
approches conduisent l'auteur à rester souvent en retrait en se gardant
bien de livrer ses propres convictions. En revanche, les conséquences de
l'ouverture sur le comportement des entreprises exposées à une
compétition globale sont connues, et c'est avec minutie que l'auteur
décrit une mécanique " infernale " qui condamne les firmes
occidentales à ajuster en permanence leur stratégie pour assurer leur
survie ou grignoter des parts de marché. Pour rester dans cette course
sans fin, et résister notamment à la concurrence des pays à bas
salaires, les entreprises doivent à la fois acquérir une taille
critique, offrir aux consommateurs des produits de qualité, et utiliser
au mieux les avantages comparatifs des territoires en délocalisant par
exemple tout ce qui relève des tâches de travailleurs non qualifiés.
Les pays industrialisés ne peuvent s'en sortir que par une nécessaire
" fuite par le haut " conclut l'auteur. Source : Le
Monde
-
La montée en puissance des fonds d’investissement,
quels enjeux pour les entreprises ?
Dominique Plihon, Jean Pierre Poussard et al.
La Documentation française, 2002
Les auteurs déduisent de leurs travaux que l’on ne
se situe sans doute pas dans la perspective d’une simple conquête de l’Europe
occidentale par le gouvernement d’entreprise à l’anglo-saxonne, mais
plutôt dans un processus d’hybridation où les éléments d’origine
anglo-saxonne s’intègrent de manière originale aux formes de
gouvernement d’entreprise pré-existants. Sans exclure un choc en retour
aux États-Unis à travers l’existence d’une régulation
internationale où les Européens peuvent aussi avoir voix au chapitre.
Source : Alternatives économiques
-
Des lieux et des liens : politiques du
territoire à l’heure de la mondialisation
Pierre Velt
Éditions de l’Aube, 2002
Voici un plaidoyer en faveur de l' " Etat
cosmopolite " cher à Kant, un Etat qui ne soit ni minimal ni une
somme d'Etats-régions repliés sur leurs égoïsmes locaux. Son auteur
rappelle que la distance n'est plus l'étalon qui permet d'ordonner les
compétences et de répartir les richesses. Le progrès technique et la
mondialisation sont passés par là. Il n'y a pas d'autre solution que de
trouver un juste équilibre entre l'Europe, l'Etat-nation et les régions,
car la victoire de l'un des membres de ce triptyque entraînerait
l'appauvrissement de tous. Il n'y a plus qu'à réussir cette solidarité
encore inédite. Source : Le Monde
-
Gouvernance mondiale
Pierre Jacquet, Jean Pisani-Ferry et Laurence Tubiana (sous la
direction de)
La Documentation française, 2002
Le Conseil d'analyse économique - rattaché au premier
ministre de France- publie le rapport définitif consacré au thème de la
gouvernance mondiale. Cette version enrichie de près d'une vingtaine de
contributions extérieures offre une analyse poussée des institutions
économiques internationales et des enjeux de leur réforme actuellement
en débat.
Pour corriger certains effets de la mondialisation, les
auteurs plaident en faveur de davantage d'actions collectives, et tracent
pour cela des pistes. Sans se cacher que " la période semble peu
propice à l'établissement de règles mondiales ", contrairement aux
espoirs qui avaient pu naître au lendemain des attentats du 11 septembre.
Source : Le Monde
-
Wages of Crime : Black Markets, Illegal Crime
and the Underworld Economy
R.T. Naylor
Cornell University Press, 2002
Naylor, du département d’économie de l’Université
McGill, relativise l’importance des activités criminelles dans le monde
du blanchiment d’argent. Sans nier l’existence des mafias, ni leur
internationalisation, il estime que la délinquance économique et la
fraude fiscale des grandes firmes sont porteuses de risques bien plus
grands pour la stabilité politique, économique et financière mondiale.
Source : Alternatives économiques
-
L’économie de la panique, faire face aux crises
financières
Jérôme Sgard
Éditions La Découverte, 2002
Sgard décrit la puissance déstabilisatrice des
marchés financiers. Celle-ci se matérialise par une grande volatilité
des taux de change et la remise en cause des systèmes financiers
locaux : elle peut même provoquer dans les cas extrêmes
(Indonésie) une déstructuration de la monnaie comme référent commun.
Certes, une panique des marchés peut toujours être arrêtée par une
autorité politique publique. Il lui suffit pour cela de suspendre le
marché et de jouer de son pouvoir pour coordonner, hors du marché, les
différents acteurs. Une intervention qui réclame de disposer d’une
grande puissance que seuls, en gros, les États-Unis possèdent.
Source : Alternatives économiques
-
Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur
résistent
Jean Ziegler,
Fayard, 2002
La planète n'a jamais été aussi riche et le nombre
d'affamés aussi important, en raison des formidables déséquilibres
provoqués par l'ultra-libéralisme économique, dénonce le sociologue
suisse Jean Ziegler dans son dernier essai. Ce déséquilibre, plaide Jean
Ziegler, est d'autant plus saisissant que "la terre pourrait nourrir
normalement 12 milliards d'êtres humains", alors que "la faim
persistante et la sous-alimentation chronique (...) sont dues à l'ordre
meurtrier du monde".
Cet état de fait ne doit rien au hasard,
souligne-t-il. Il résulte d'une alliance tenace entre "les
oligarques et leurs mercenaires" que sont les grands industriels
ayant réussi à imposer à la planète leur vision du monde, pour leurs
plus grands profits.
L'analyse qui se veut minutieuse de cet état du monde
doit inciter à la révolte, à la révolution, et permettre de
"fournir des armes pour le combat", espère-t-il.
Source : La Presse
-
Après l’empire
Emmanuel Todd
Gallimard, 2002
Emmanuel Todd prend le contre-pied du sentiment
général actuel sur les États-Unis. Il se propose de démontrer que,
loin d'être une "hyperpuissance" de plus en plus solide et
menaçante, les États-Unis sont un empire qui s'effondre.
Dans son premier essai, la Chute finale, écrit
en 1976, il avait prédit avec clairvoyance et déjà à rebours de la
plupart des analyses la chute de l'URSS. Cette fois, Todd présente la
profonde faiblesse de l'Amérique, devenue, dit-il, "politiquement
inutile" (avec la fin du communisme) et "économiquement
dépendante" (avec la globalisation). Pour cacher cette misère,
les États-Unis s'épuisent à démontrer qu'ils restent "la
puissance indispensable", pour reprendre la définition de
Madeleine Albright. Mais le monde, loin d'être unipolaire, est en passe
de trouver un nouvel équilibre selon Todd, dans lequel Japon, Russie et
surtout Europe joueront un rôle important. L'un des arguments centraux de
la thèse de Todd porte sur le déficit commercial des Américains, qui a
explosé pendant la dernière décennie : "Le monde, de plus en
plus, produit ce que les États-Unis consomment", constate-t-il,
accroissant leur dépendance.
Source : Libération
- The Paradox of American Power: Why the World's Only Superpower Can't
Go It Alone
Joseph Nye
Oxford University Press, 2002
Les États-Unis doivent abandonner l’arrogance et l’unilatéralisme
dans un monde reconfiguré par les attentats du 11 septembre selon Joseph
Nye, ancien assistant secrétaire à la Défense et doyen de la Kennedy
School of Government à Harvard. Sa thèse principale est la distinction
qui existe entre deux éléments de la puissance en matière de
géopolitique internationale : la puissance intangible (soft power) c’est-à-dire
la culture et les valeurs qui influencent et attirent les autres, et la
puissance tangible (hard power) que sont l’ascendant économique et
militaire. Selon lui, un État dominant doit pouvoir compter sur ces deux
dimensions de la puissance. Qui plus est, la mondialisation et la
révolution de l’information font de la puissance intangible un facteur
plus important que jamais. À cet égard, l’administration actuelle fait
erreur en négligeant des traités internationaux qui ont été endossés
par la plupart des autres nations. Les
États-Unis devraient s’impliquer activement dans les débats de
résonance internationale plutôt que promouvoir leur intérêts à l’exclusion
de toute autre considération.
-
The End of the American Era: U.S. Foreign Politics
and the Geopolitics of the 21st Century.
Charles A. Kupchan
Knopf, 2002
Les autorités américaines privilégient des modèles
sociaux qui se heurteront de plus en plus avec ceux du reste du monde, de
l'Europe en particulier. Le choc des valeurs, sur des questions comme la
peine de mort, les changements climatiques, les OGM, le Tribunal pénal
international, le rôle de l'état-providence, ne peuvent rester
indéfiniment sans effet.
C'est pourquoi le géopolitologue américain Charles A Kupchan, ancien
conseiller de Bill Clinton, prédit à son tour que l'Europe, qui se
construit lentement mais sûrement, va finir par entrer en rivalité avec
les États-Unis pour contrebalancer son influence sur la marche du monde.
Source : Le Devoir
-
I’ll Be Short: Essential Ideas for Getting
America to Work
Robert B. Reich
Beacon Press, 2002
Constatant que le boom économique américain des
années 1990 a encouragé chez ses concitoyens le matérialisme et l’individualisme
aux dépens du contrat social et des valeurs communautaires qui, selon
lui, auparavant les unissait, Reich prône un retour aux valeurs du
libéralisme progressiste de la Great Society : partage du
gâteau avec les travailleurs; un salaire minimum qui dépasse le seuil de
pauvreté; l’accès à une éducation de qualité pour tous.
Malheureusement, les États-Unis n’ont pas su profiter des années de
croissance pour ouvrir ces chantiers.
-
L'état du monde 2002
Éditions La Découverte
/ Éditions du Boréal, 668 pages.
Avec sa 21e
édition, L'État du monde invite à suivre l'évolution du contexte
international.
Une centaine de
spécialistes ont contribué à cet ouvrage, dont plusieurs collaborateurs
québécois. La première partie de ce volume se divise en deux chapitres
décrivant les relations internationales et l'économie mondiale
actuelles. Les grands enjeux et débats y sont décrits et expliqués,
qu'il s'agisse du protocole de Kyoto relatif à l'effet de serre, du
projet américain de bouclier antimissile, de la guerre en Afrique autour
des Grands Lacs, les défis à relever pour l'Union européenne ou le
ralentissement de l'économie américaine.
En plus du bilan
de l'année pour les 226 pays du monde, cet annuaire économique et
géopolitique mondial offre plus de 80 pages d'annexes contenant des
tables de statistiques mondiales, des informations sur les organisations
internationales et régionales, des références de sites Internet. L'État
du monde présente également 90 biographies, 60 pages de cartes et 11
chronologies.
- L'économie, le travail,
l'entreprise
Université de tous les savoirs (vol. 3, éd. Odile Jacob, 2002, 469 p., 10 ).
Les éditions
Odile Jacob poursuivent la publication des 366 conférences de
l'Université de tous les savoirs qui se sont tenues chaque jour de
l'année 2000, et ont attiré une foule d'auditeurs. Le volume 3,
consacré à l'économie, regroupe les contributions de trente auteurs et
permet de brosser un état d'avancement de la réflexion sur les
principaux débats en cours : mondialisation, poids des marchés
financiers, mutations du travail, nouvelle économie, etc. Source: Le
Monde
- The Rise of 'the Rest' :
Challenges to the West from Late-Industrialization Economies
Alice H. Amsden
Oxford University Press, 2001
Ce livre décrit
comment certains pays du Sud, d'industrialisation tardive, ont adopté
des politiques industrielles leur
permettant de contrôler leur insertion dans la division
internationale du travail, en des termes plus favorables que s'ils avaient
laissé jouer les simples forces du
marché. Il est bien sûr question ici des ''tigres
asiatiques'' et de la Chine, mais également du Brésil et de l'Inde.
- Shaping the Parameters of
International Relations and International Political Economy
Thomas C. Lawton, James N. Rosenau
et Amy C. Verdun (sous la directon de) Ed.
Ashgate, 2001.
Recueil d'une vingtaine de
contributions éclairant chacune un aspect du large
éventail des questions abordées par Susan Strange, dont le nom est
associé à la création d'une
nouvelle approche, baptisée économie politique internationale. Son
objectif est de fournir les instruments nécessaires à l'analyse de
l'exercice du pouvoir dans une
économie mondialisée. Source:
Alternatives économiques
- Commerce international et
développement soutenable
Michel Damian et Jean-Christophe Graz (sous la direciton de) 2001
Livre essentiellement critique de
l'approche économique traditionnelle du commerce
international. La façon dont les économistes néoclassiques conçoivent
les liens entre commerce et
environnement sont passées au peigne fin et largement remises en
cause. Un autre ensemble de textes pose la question des liens entre
concurrence et développement
des pays du Sud. Deux contributions montrent le rôle joué par la société
civile internationale dans le débat
sur les règles du commerce international (Dorval
Brunelle, Christian Deblock, Alain Lipietz, Agnès Sinaï). Paul Bairoch
présente son idée d'un 19e
siècle marqué plus par le protectionnisme que par la liberté des échanges.
Enfin, Bernard Gerbier s'interroge sur la vie des institutions
internationales. Source:
Alternatives économiques
- Éloge du mondialisme par un anti
présumé
René Passet, Fayard, 2001
Conseiller scientifique d'Attac,
détracteur de l'économie libérale, René Passet
prône la réhabilitation de l'État pour contrer l'inégalité du monde et
le rôle excessif joué par les
marchés financiers.
- Agir local, penser
global" et "Avenue du plein emploi
par ATTAC Editions
Mille et une nuits, 2001
Ce sont deux brochures de
vulgarisation réalisées par le mouvement ATTAC (association
pour la taxation des transactions financières pour l'aide au citoyen). La
première traite de la "messe
globaliste" et de la contestation citoyenne "que la World Company
ne comprend pas", ainsi que de "l'ancrage citoyen" qui peut
se faire au niveau local. La
seconde alerte sur la "régression néo-libérale" qui menace la
reprise actuelle de l'emploi,
en apportant quelques pistes pour "refonder et dépasser le marché du
travail" avec pour
objectif un réel plein emploi. Source:
Agence France-Presse
- La mondialisation racontée à ma
fille André Fourçans
Editions du Seuil, 2001
Ce livre est un véritable
plaidoyer pour ce "mouvement inéluctable vers le global-libéralisme".
Quatre ans après "L'économie expliquée à ma fille", l'auteur
récidive, sur un ton
résolument optimiste, défendant avec fougue l'ouverture internationale et
la dé-diabolisation des
multinationales (et de l'OMC). Jusqu'à des provocations (revendiquées)
comme: "et si la domination
américaine était nécessaire à l'équilibre du monde?".
Bref, si l'auteur reconnaît
quelques bavures comme les drames écologiques, il dénonce aussi
les "caricatures et des exagérations" des anti-mondialisation.
"La mondialisation peut
constituer une chance formidable de hausse du niveau de vie pour tous, pays
industrialisés et en développement
réunis", conclut-il. Source:
Agence France-Presse
- La mondialisation armée ou le
déséquilibre de la terreur
Claude Serfati
Editions Textuel - collection la Discorde, 2001
L'auteur,
spécialiste des
industries d'armement, dénonce sévèrement la logique marchande à l'échelle
mondiale: les Etats-Unis et l'OTAN "considèrent que la défense de la
globalisation doit désormais
figurer en haut de l'agenda sécuritaire", affirme-t-il. Le nombre des
conflits majeurs dans le monde est en
augmentation depuis trois ans après une baisse entre
1990 et 1997. Il manque 80 milliards de dollars par an pour assurer les
services de base dans les pays
en développement alors que l'on compte 720 milliards de dollars de dépenses
militaires pas an dans le monde, rappelle l'auteur qui conclut à une
insécurité mondiale, produite
par la marchandisation de la planète, sous les auspices de la Banque
Mondiale, du FMI, de l'OMC, et
bientôt, redoute-t-il, de l'ONU elle-même.
Source: Agence France-Presse
- Du Progrès. Biographie d'une
idée
Pierre-André Taguieff
Librio, Paris, 2001
- Résister au bougisme.
Démocratie forte contre mondialisation techno-marchande
Pierre-André Taguieff
Fondation du 2 mars et Mille et Une Nuits, Paris, 2001
La cible du polémique? Les
partisans actifs ou complaisants de l'idéologie occidentale
du progrès et les thuriféraires du " bougisme ", du "
mouvementisme ", généralement
inféodés au " mondialisme ". Si la mondialisation consiste dans
la globalisation du capitalisme
à l'échelle mondiale, le " mondialisme " est son idéologie,
mais une idéologie à géométrie
variable qui télescope des néolibéraux avec des écologistes libertariens,
des socio-démocrates multiculturalistes et des régionalistes racialistes.
Au nom de ce mondialisme
modernisateur on homogénéise les comportements, on banalise la marchandisation
des valeurs et des croyances, on uniformise les manières d'être, de
penser, de vivre, bref, on se
persuade que le monde est un vaste supermarché qui rythme les changements
de modes. Cette apologie du " mouvement pour le mouvement " parce
que " c'est moderne "
est magnifiquement brocardée par l'auteur qui se délecte à pointer
certains propos des
théoriciens du " bougisme " et amuse le lecteur.
Plus sérieusement, l'auteur,
après un implacable dossier démontant la mécanique
Du Progrès, analysant les textes de Bacon, Condorcet, Comte et quelques
autres, énumérant les
méfaits et les dégâts que cette folle certitude, qui se nourrit
d'elle-même, provoque sur
l'écosystème et sur le genre humain, en vient à appeler à Résister au
bougisme, et à proposer de
redéfinir la démocratie. Celle-ci, rappelle-t-il justement, doit toujours
être examinée au pluriel, tant le
demos ne peut être mondialisé, il est toujours d'un lieu, d'une
culture, d'une langue, d'une tradition, même s'il se modifie et épouse
progressivement quelques
évolutions ou trajectoires nouvelles.
Pierre-André Taguieff, dans la
lignée de Macpherson, Taylor, Castoriadis, Michéa,
etc., propose en réplique à l'expertocratie de " refonder la
politique ". Il adhère à
l'écologie de la responsabilité, qu'il tente de concilier avec les idéaux
républicains et "
nationistes ". Source: Le
Monde diplomatique
- Money Makes the World Go Round
Barbara Garson
Penguin Books, 2001
L'auteure suit à la trace chaque
étape qui mène un placement dans son fond commun
d'actions vers ses destinataires. Cette enquête, d'une durée de quatre
ans, la conduit de Brooklyn à Bangkok. S'il est couramment considéré
que ces capitaux sont un facteur de
progrès, le revers de la médaille existe aussi.
Elle a pu constater la vitesse de circulation des capitaux, mais également
le niveau de dislocation qui en résulte. Avec moult entrevues avec des
employeurs et des salariés, l'auteure a voulu nous montrer le visage
humain de la mondialisation et comment
le nouvel ordre économique affecte les
gens peronnellement. Un plaidoyer pour l'économie productive, contre
la spéculation. Source:
Business Week
- The Chastening
Paul Blustein
Public Affairs, 2001
L'auteur, journaliste financier au
Washington Post, s'intéresse aux déséquilibres de l'économie
mondiale provoqués par les mouvements de capitaux spéculatifs. La décennie des
années 1990 fut en effet marquée par une série de crises financières avec des
ramifications internationales dont les points de départ furent le Mexique,
l'Asie et la Russie.
Pour confronter ces débandades
financières, les pays industrialisés n'ont qu'un seul recours, le FMI, qui
s'applique généralement, afin de rassurer les marchés, à prescrire une
bonne dose d'austérité aux nations situées à l'épicentre. La préoccupation de
Blustein est la suivante: et si ces économies n'étaient pas fautives?
Peut-être sont-elles simplement vulnérables aux états d'âme des grands
spéculateurs internationaux, principalement des investisseurs institutionnels
occidentaux. Pour ces derniers et leurs capitaux, la technologie et la
déréglementation de la finance internationale offrent des possibilités sans précédant
d'entrée et de sortie. Selon Blustein, le FMI n'est pas équipé pour
corriger ce genre de situation, elle dont l'origine et le mandat remontent à
une époque où les mouvements de capitaux étaient beaucoup plus modestes.
Dépassée par les événements, le
FMI a imposé des politiques d'austérité aux pays bénéficiaires de ses
crédits. Elles ont créé leur lot de misère sans pour autant régler le fond du
problème. C'est pourquoi il propose, comme d'autres, une taxe sur les
investissements de court terme pour qu'ils restent sur place lors d'une crise, et
même la création d'un équivalent à la loi de protection de la faillite afin de
protégéer les nations contre leurs créanciers.
Source: New York Times
- Paradoxes of Prosperity: Why the
New Capitalism Benefits All
Diane Coyle
Texere, 2001
L'auteure souligne les paradoxes et
les contradictions de notre époque: des manifestants anti-mondialisation
qui sont eux-mêmes les produits de la prospérité engendrée par le
progrès et la libéralisdation des échanges; des terroristes utilisant les
outils de la technologie moderne pour attaquer les sociétés
industrialisées; des élites repues qui s'autocongratulent, indifférentes
aux conséquences de leurs décisions, donc inconscientes de leur propre
vulnérabilité, du moins jusqu'à tout récemment.
Pour Coyle, l'économie globalisée
favorise les réseaux sociaux de créativité au dépend des
hiérarchies. Les échange d'idées dans un environnement où règne la
confiance devrait encourager la créativité et la croissance
économique. Cependant, les classes défavorisées, au sein des
sociétés industrialisées comme dans les pays du Sud, sont exclues de cette dynamique,
parce qu'elles n'ont pas accès à ces réseaux.
Le paradoxe de la prospérité,
dont il est question dans le titre, vient des tensions sociales et politiques
engendrées par le progrès technologique dont les prochaines innovations seront
à la source d'une nouvelle étape de la prospérité mondiale.
Que faire alors? Comme beaucoup
d'économistes libéraux britanniques, elle préconise de laisser faire le
marché. En d'autres mots, nous traversons une période de transition difficile et
avec un peu de patience les bienfaits du capitalisme finiront par rejoindre
tout le monde. Source: The New York Times
PÉRIODIQUES
- A cruel sea of capital: A Survey of Global Finance
The Economist, 1er mai 2003
Dossier de plusieurs articles sur la finance mondiale ainsi que les débats sur la libéralisation et la régulation.
- L’antimondialisme tel qu’il se pense.
Économie politique, numéro 17.
Une discussion pluraliste sur l’économie vue par les théoriciens de l’antimondialisation. En particulier sur les nouvelles stratégies d’ATTAC.
- Où vont les États-Unis?
Le Débat, janvier/février 2003.
Un riche débat sur le livre d’Emmanual Todd (Après l’empire) et une étonnante entrevue avec le financier et diplomate américain Félix
Rohatyn.
-
Dans sa livraison du 29 septembre
2001, l'hebdomadaire libéral The Economist présente un argumentaire
en faveur de la mondialisation. Selon les rédacteurs, on prête de bien
grands maux à la mondialisation qui, pourtant, ne se vérifient pas sur le terrain.
Notamment, la marge de manoeuvre des acteurs, gouvernements inclus, est bien plus
importante qu'on le dit.
Table des matières
1- Profits over People: Critics
argue that globalisation hurts workers, are they right?
2- Grinding the Poor: Sceptics
charge that globalisaton especially hurts poor workers in the developing
countries. It does not.
3- Is Government Disappearing? Not
as quickly as one might wish.
4- A Crisis of Legitimacy. People
are fed up with politics. Do not blame globalisation for that.
5- A Plague of Finance.
Anti-globalists see the Washington consensus as a conspiracy to enrich bankers. They
are not entirely wrong.
6- Who Elected the WTO? The WTO is
no would-be tyrant. It is democratic to a fault, and has few powers of its
own.
7- A Different Manifesto. If
sceptics could learn to love capitalism, they would still have plenty to complain
about.
-
J. Hobsbawm, entretien avec Antonio Polito,
Traduction de l'anglais : Lydia Zaïd, éditions
Complexe, coll Questions à l'Histoire, mars 2000, 200p
Plutôt que de se hasarder à parier sur un avenir
incertain, sagement, E. J. Hobsbawm se contente de dégager les
tendances qui structureront, à son sens, le siècle qui vient. De tous
les indicateurs retenus au cours de cet entretien, trois se dessinent
comme fondamentaux. Celui de l'effondrement de l'URSS tout d'abord.
Sous-estimée, l'ampleur de cette catastrophe et de ses conséquences
nous est largement inconnue. D'autant que l'ancien monde soviétique n'a
pas fini de s'enfoncer toujours plus avant dans son désastre, humain en
particulier. Désastre au demeurant ignoré du monde occidental, qui n'a
d'attention que pour la faillite politico-économique de la Russie. Le
second indicateur fort, tient au hiatus ouvert entre logique du
développement économique et logique politique. Or, parce qu'il
n'existe pas d'autorité internationale, la faillite du fondamentalisme
du marché nécessite l'intervention des Etats. Mais ces derniers ont
perdu leurs moyens de coercition. On assiste même à une sorte de
renversement historique. L'Etat moderne, parvenu à son apogée lorsque
la protestation sociale s'y institutionnalisa, ne s'impose plus avec la
même évidence. Enfin, l'individualisme libertaire qui régit les
marchés ne saurait en rien convenir aux exigences de la politique
internationale
-
Introduction à la géoéconomie, Pascal Lorot
(sous la direction de), Economica,
Paris, 1999, 244 pages.
La compétition entre États se plaçant de plus en
plus sur le terrain économique, il était temps de disposer d'un outil
permettant de saisir les différentes facettes de cette forme de
rivalité. C'est désormais chose faite avec ce livre. Rédigé par
certains collaborateurs de la Revue française de géoéconomie,
l'ouvrage dirigé par Pascal Lorot se structure en quatre parties
respectivement consacrées : aux fondements de la géoéconomie (les
nouvelles rivalités internationales...), aux acteurs (États, régions,
firmes...), aux stratégies et enjeux (diplomatie économique,
intelligence économique...) et, enfin, à l'épistémologie de cette
nouvelle discipline. Au terme de la lecture de ce livre, il apparaît
clairement que, loin de constituer un handicap au succès des
entreprises comme certains idéologues aiment à le répéter, l'État
joue au contraire un rôle prépondérant dans la conquête des marchés
extérieurs et l'acquisition de la suprématie technologique.
Ouvrage collectif d'universitaires américains et
européens qui analyse les difficultés d'intervention du syndicalisme
dans la nouvelle donne planétaire. Le syndicalisme, "habitué à
négocier des règles sociales dans le cadre de l'Etat-nation, a été
pris de court par la stratégie des firmes transnationales qui mettent
en compétition salariés et territoires dans un souci exacerbé de
rentabilisation financière", notent les auteurs. Mais les
chercheurs refusent de considérer que la "fin du modèle
taylorien-fordien équivaut à la fin du syndicalisme" et ils
suggèrent deux chantiers: "une régulation sociale de type
régional dans le cadre de l'Union européenne, de l'Alena (Etats-Unis,
Canada, Mexique) et du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et
Uruguay, auxquels sont associés la Bolivie et le Chili), et une
présence syndicale au sein des groupes transnationaux".
-
Global Instability: The Political Economy of World
Economic Governance, sous
la direction de Jonathan Michie et John Grieve Smith, Routledge,
Londres, 1999.
-
Globalization and Progressive Economic Policy, sous
la direction de Dean Baker,
Gerald Epstein et Robert Pollin, Cambridge University Press, 1999.
Ces deux livres postulent trois hypothèses sur la
mondialisation. D'abord, la mondialisation n'est pas inévitablement
néo-libérale. L'ouverture économique n'oblige pas les États-nations
à se retirer de la protection sociale ou de la création de la
richesse. Au contraire, les bénéfices de l'ouverture économique
seront encore plus grands si elle est accompagnée d'une gouvernance
efficace. Ainsi, non seulement les divergences internationales entre les
modèles de développement continuent-elles d'exister, mais ces
différences sont compatibles avec une économie globalisée. Donc il
existe toujours des possibilités pour ceux qui veulent appliquer des
politiques progressistes au niveau national. Ensuite, le contexte
institutionnel est important, il définit la façon dont la mobilité du
capital aura un impact sur le plan domestique. La manière dont un pays
va retirer des bénéfices ou non des flux d'investissements dépendra
pour beaucoup des règles et des institutions en place. Enfin, les
marchés financiers constituent l'activité la plus authentiquement
'globalisée'. Cependant les bénéfices à tirer de l'ouverture seront
atténués par une exposition sans réserves aux flux de capitaux,
ceux-ci étant instables par définition. Ce qui ressort des deux livres
est que les choix et les orientations en matière de politiques
économiques et sociales sont fondamentalement politiques et non
techniques.
-
Gemdev, Mondialisation, les mots et les choses,
éditions Karthala, 358 pages
Cet ouvrage collectif présente l’état des
connaissances de différentes disciplines (sciences économiques,
géographie, histoire, science politique) sur le thème de la
mondialisation.
Définissant la société civile internationale comme
l’ensemble des groupes qui cherchent à produire des règles
concernant des problèmes transnationaux, sur la base d’une
solidarité supranationale, l’auteur de ce cahier de recherche
souligne que cette société civile contribue à la formation d’un
monde où les États, sans disparaître, perdent toutefois une partie de
leur souveraineté. C’est en partie parce qu’elle donne une
légitimité aux régulations infra ou supranationales et qu’elle
reformule les identités collectives dans un nouveau cadre
géographique. En ce sens, sa mobilisation est positive car elle
contribue à une éducation civique et elle élargie les débats à de
nouveaux espaces publics. On trouve ce document sur le site du Centre
for the Study of Globalisation and Regionalisation :
http://www.warwick.ac.uk/fac/soc/CSGR/wpaper99.html
,
Éd. Dunod, 1999, 424 pages.
Le dernier rapport RAMSES aborde les thèmes qui
constitueront les futurs enjeux internationaux. Il s’agit d’une
vaste synthèse touchant les diverses visions du monde touchant les
questions de l’après-guerre froide, la révolution technologique, la
sécurité internationale, les transnationales, la régulation de la
mondialisation, etc.
-
Viviane Forrester, Une étrange dictature,
Éditions Fayard, 223 pages, 2000.
Viviane Forrester, auteur en 1996 du best-seller
mondial "L'horreur économique", poursuit son combat contre l'ultralibéralisme
dans un nouvel essai, intitulé "L'étrange dictature". Dans
ce livre, l'écrivaine dénonce "l'hégémonie d'un système
politique, l'ultralibéralisme, qui, sans être officiellement au
pouvoir, a la mainmise sur l'ensemble de ce que les pouvoirs ont à
gouverner et détient donc une toute-puissance planétaire".
Viviane Forrester estime que cette "étrange dictature sans
dictateur n'aspire pas à prendre le pouvoir mais à avoir tout pouvoir
sur ceux qui le détiennent". Elle assure que cette "politique
à vocation totalitaire détruit l'économie au profit de la
spéculation", provoque des licenciements massifs et "donne
priorité au profit sur l'ensemble humain". L'auteur évoque
"les propagandes vantant les fonds de pension, sources de
licenciements, qui conduisent les salariés à sponsoriser leur propre
chômage". Selon elle, il est possible de résister à cette
politique d'exclusion qui "garde toutefois, c'est notre chance, des
formes démocratiques". Viviane Forrester a acquis une notoriété
internationale avec "L'horreur économique". Invitée du Forum
économique de Davos en 1998, affirmait dans ce livre que le chômage
préfigure une civilisation où il faudra vivre sans travail.
-
Philippe Labarde et Bernard Maris, Ah Dieu!
que la guerre économique
est jolie!, Albin Michel, 1998.
Bernard Marris et Philippe Labarde, ont accouché
d'un ouvrage de référence sur le fonctionnement de ce qui s'appelle
dorénavant "La Mondialisation". A partir du simple constat de
l'utilisation de plus en plus généralisée des termes guerriers pour
évoquer les questions économiques actuelles, les auteurs déboulonnent
une par une toutes les statues de l'ultra-libéralisme.
Un nouveau type de capitalisme se répand à travers
le monde, et ses conséquences économiques et sociales pourraient
s'avérer désastreuses. Dans 'Le turbo-capitalisme', Edward Luttwak
prétend que le libre marché est maintenant hors de contrôle. Avec des
conséquences prévisibles au niveau de l'augmentation de la pauvreté,
de la criminalité et du chômage, surtout dans les pays du tiers-monde
qui ne disposent pas de systèmes politique ou légal comparable aux
États-Unis dont le modèle est la référence. Contrairement au
capitalisme 'civilisé' qui a marqué les années 1940 jusqu'aux années
1980, ce nouveau capitalisme est en voie de provoquer de grands
bouleversements sociaux. En laissant libre cours au 'turbo-capitalisme',
comme aux États-Unis et au Royaume-Uni, les autres pays s'exposent à
des écarts grandissants de revenus en échange d'une croissance
économique relativement faible.
-
Paul N. Doremus, Simon Reich, Louis W. Pauly, The
Myth of the Global Corporation, Princeton University Press,
1998.
Les auteurs nous offrent ici une critique empirique
de la thèse de la mondialisation. Ils sont allés au-delà des études
sur les politiques publiques pour étudier le comportement des firmes
multinationales originant des trois principales économies: l'Allemagne,
le Japon et les États-Unis. Leur but étant d'examiner si leurs
comportements convergeait vers un type de 'meilleures pratiques', comme
la thèse le voudrait. Après avoir examiné la gouvernance économique
et la finance,
la recherche et le développement ainsi que les
politiques commerciales et d'investissement jusqu'au milieu des années
1990, les auteurs concluent qu'il n'existe pas de convergence dans les
pratiques de ces acteurs privés de la plus grande importance. Au
contraire, ils font ressortir des différences de comportement qui
contredisent une hypothèse centrale des théoriciens de la
mondialisation.
Ce livre apporte un complément théorique à
l'étude précédente. L'optique de l'auteure est d'apporter une
réfutation catégorique à l'une des propositions centrales de la
thèse de la mondialisation: que l'État est en voie d'obsolescence.
Weiss part de l'idée que l'impact des pressions économiques externes
sur les économies nationales et les politiques publiques dépendra en
grande partie des forces et des faiblesses des institutions domestiques.
L'étude est centrée sur la constellation d'institutions et
d'orientations qui renforcent ou diminuent les 'capacités
transformatives' de l'État. Tout en acceptant que la mondialisation
existe, l'auteure prétend que ses influences seront mitigées par
l'État en autant qu'il dispose de mécanismes appropriés. Ses exemples
principaux concernent l'Allemagne et le Japon, où il existerait une
'interdépendance gouvernée' entre l'État et l'entreprise privée.
Cette expression réfère à une relation négociée entre le public et
le privé où les participants gardent leur autonomie, mais qui demeure
orientée par des objectifs plus larges définis par l'État. Dans les
pays où l'interdépendance gouvernée s'est imposée pour répondre à
l'évolution de l'environnement économique, les États ont maintenu, ou
sont en voie de reconstituer une forte capacité pour orienter et
coordoner les changements économiques.
et
mondialisation,
Paris, Éditions Economica, 410 pages, 1999.
Ce livre contient, d'une part, une large analyse
quantitative de l'évolution des échanges mondiaux entre 1967 et 1994,
pour une cinquantaine de pays et soixante-douze familles de produits.
Mais il se veut aussi, d'autre part, un dossier critique du processus
actuel de mondialisation. Les auteurs suggèrent de freiner ce processus
tant que le contrôle des taux de change des monnaies sera laissé aux
seules forces du marché. Car pour eux, c'est en manipulant les taux de
change que les pays asiatiques ont été en mesure de créer une forme
de dumping monétaire avec pour conséquence que les pays européens ont
dû prendre des mesures pour freiner leur croissance, afin de rétablir
l'équilibre des comptes, d'où un chômage de masse élevé.
-
Mark P. Hampton et Jason P. Abbott (sous la
dir.), Offshore Finance Centres
and Taxes Havens. The Rise of Global Capital, Éditions
MacMillen,
262 pages, 1999.
Ce livre apporte un éclairage original sur le rôle
des paradis fiscaux. Il se compose d'une série d'articles d'analyse
générale, complétée par de nombreuses analyses de cas particuliers
tels que Malte, Jersey, Guernesey, Labuan, île Maurice et Namibie.
Parmi les articles généraux, celui de Ronen Palan et Sol Picciotto
propose une réflexion sur la genèse des paradis fiscaux et sur leur
développement, montrant en particulier comment ces territoires
procèdent à une commercialisation de leur souveraineté, créant ainsi
une situation paradoxale: une dynamique où des États souverains, par
leurs décisions, créent des espaces où la régulation des États ne
peut plus s'exprimer. (Extraits tirés d'une recension de Christian
Chavagneux dans Alternatives économiques, no 173, septembre 1999).
Jean-Marie Albertini, Mondialisation et stratégies
industrielles
Éditions Milan, "Les essentiels", 1999, 65 pages.
Cet économiste français, qui a déjà fait des contributions
intéressantes sur les nouveaux courants de pensée en économie contemporaine, nous
fournit dans ce petit livre une multitude de brèves réflexions sur la mondialisation.
Moins sur les risques que sur les opportunités qui s'ouvrent avec elle d'un point de vue
de l'économie réelle. De nombreux exemples sont tirés du secteur automobile.
Bertrand Badie, Un monde sans souveraineté. Les États
entre ruse et
responsabilité, Éditions Fayard, 1999, 306 pages.
Pour l'auteur, la notion de souveraineté est une construction sociale
qui évolue avec le temps, se transforme selon les contextes. Or, dans le contexte actuel
de mondialisation, d'interdépendance croissante entre les peuples et les États, on
passerait du concept de souveraineté à celui de responsabilité. Les acteurs sociaux
seraient de plus en plus dans une dynamique de production collective de biens communs
mondiaux, intervenant lorsqu'il le faut contre les joueurs moins coopératifs. Et pour
Bertrand Badie, c'est la pression d'une société civile internationale en émergence qui
permettra d'encadrer les États qui, sous le couvert de la morale, seraient tenter
d'appliquer la loi du plus fort.
Georges Soros, La crise du capitalisme mondial.
L'intégrisme des marchés,
Éditions Plon, 1999, 258 pages.
Georges Soros connaît bien le thème qu'il traite. Comme Keynes en son
temps, sa connaissance des mécanismes boursiers lui a permis d'accéder à une
indépendance financière confortable. Il peut maintenant réfléchir calmement sur
l'état du monde. Mais en cela il n'est guère optimiste: si un pouvoir politique
supranational n'impose pas de nouvelles règles du jeu aux acteurs financiers, il prévoit
une catastrophe. Pensons, en effet, ce qu'il adviendrait si les États-Unis subissait tout
à coup un dégonflement subit de leur bulle financière alors que le Japon ne s'est pas
encore remis du sien, qui date déjà de presque dix ans, et que l'Europe politique reste
encore une intention virtuelle ! Pour Sorros les solutions existent déjà pour mettre au
pas les intégristes du marché: limiter les effets de levier et les capacités d'emprunts
des spéculateurs, tout en augmentant le contrôle des acteurs financiers. Mais il est
convaincu que nous devrons d'abord passer par une catastrophe avant que soient prises les
mesures adéquates: est-ce que son intuition politique est aussi bonne que son intuition
boursière ?
Susan Strange, professeur d'économie politique internationale à
l'Université de Warwick, au Royaume-Uni, décédé le 25 octobre dernier d'une longue
maladie, nous a légué un dernier ouvrage. Publié seulement quelques semaines avant son
décès, Mad Money nous donne accès à ses dernières réflexions sur la
problématique de la finance internationale, qui a été au coeur de ses préoccupations.
L'ouvrage est composé de vastes analyses de l'histoire et de la dynamique des marchés
financiers internationaux, de ses acteurs, d'une revues des propositions en cours pour
leur réforme, enfin de quelques pistes de solutions suggérées par l'auteure, qui
gardait malgré tout un optimisme volontaire exempt de fatalisme.
- Mondialisation, villes et territoires
Pierre Veltz, Presses Universitaires de France, 1996
"Ce livre explore les liens entre trois grands processus : la
mondialisation de l'économie ; la polarisation spatiale croissante au profit des zones
les plus développées, des grandes métropoles en particulier ; les mutations profondes
des modes d'organisation de la production, saisies ici au plus près de leur genèse
concrète dans les entreprises.
Au départ, un immense paradoxe : incomparablement plus fluide,
l'économie mondiale semble se resserrer de plus en plus autour d'un réseau-archipel de
grands pôles. Et elle reste profondément ancrée dans les territoires. Pour en rendre
compte, l'ouvrage combine deux registres : une étude des tendances à grande échelle de
la « globalisation » ; une analyse détaillée des nouvelles formes de production, de la
rupture avec le taylorisme, du développement des coopérations intra- et
interfirmes,
marchandes et non marchandes, comme conditions de la compétitivité. Le rôle du
territoire, à partir de là, est radicalement redéfini : les coûts de la distance n'ont
plus qu'un rôle marginal, les effets importants sont relationnels,
socio-historiques."
- Mondialisation au-delà des mythes
La Découverte. Les dossiers de l'État du Monde.
Dans la table des matières:
- Les Mots et les réalités, par Robert Boyer
- L'économie mondiale, une économie d'archipel, par Pierre Veltz
- Les enjeux de la globalisation financière, par Dominique Plihon
- La nouvelle idéologie globalitaire, par Armand Mattelart
- Vers une mondialisation du droit international ?, par Alain Pellet
- Mondialisation, emploi et inégalités, par Pierre-Noël Giraud
- Les marges de manoeuvre des politiques économiques, par Françoise Milewski
- La régionalisation contre la mondialisation, par Fréderique Sachwald
- Universalisme et droits de l'homme, par Philippe Texier
- Les nouvelles frontière de l'immigration, par Philippe Dewitte
- La guerre économique n'est pas une fatalité, par Patrick Viveret
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